Train de vie et conflits d’intérêts : l’ambassadrice de Donald Trump en Grèce dans la tourmente
Kimberly Guilfoyle est de plus en plus sur la sellette. Le président Donald Trump et son chef de la diplomatie Marco Rubio envisagent de limoger l'ambassadrice des Etats-Unis en Grèce, fragilisée par une série ...
Kimberly Guilfoyle est de plus en plus sur la sellette. Le président Donald Trump et son chef de la diplomatie Marco Rubio envisagent de limoger l'ambassadrice des Etats-Unis en Grèce, fragilisée par une série de révélations compromettantes sur des activités présumées douteuses. "Eh bien, nous examinons la question. Oui, nous ne sommes pas satisfaits", a déclaré ce lundi 12 octobre Donald Trump aux journalistes.
En cause : des soupçons de conflits d'intérêts et des dépenses astronomiques. Selon le Wall Street Journal, qui a publié ces dernières semaines plusieurs articles embarrassants, Kimberly Guilfoyle a demandé à Eric Deters, un influent soutien et donateur de Donald Trump, de lui effacer une dette personnelle de 100 000 dollars figurant sur son compte de carte de crédit, en échange de l'attention de l'administration Trump. Le WSJ a également rapporté samedi des conversations dans lesquelles l'ambassadrice controversée de 57 ans se vante de voyages et de séjours luxueux payés par de riches hommes d'affaires grecs.
Par ailleurs, toujours selon le WSJ, elle aurait fait la promotion d'une entreprise de construction grecque, Aktor Group, dirigée par Alexandros Exarchou, et aurait incité des gouvernements, de la Bulgarie à l'Albanie, à faire affaire avec lui et à acheter des milliards de dollars de gaz naturel américain à sa société. Dans un autre échange cité par le célèbre quotidien américain, Kimberly Guilfoyle exprime sa colère de ne pas figurer initialement sur la liste des invités d'un dîner en marge du forum économique de Davos 2026.
Dans une déclaration transmise à l'Associated Press (AP) dimanche soir, les avocats de Kimberly Guilfoyle ont de leur côté nié toute malversation de la part de l'ambassadrice, affirmant que l'argent qu'elle avait demandé à Eric Deters était un paiement pour des services antérieurs impayés. Ils ont contesté d'autres allégations d'irrégularités. L'inspecteur général du département d'État enquête en tout cas sur ces allégations, ont rapporté AP et le WSJ.
Une ex-animatrice sur Fox News
La carrière de Kimberly Guilfoyle va-t-elle connaître un coup d'arrêt ? Avant ses déboires en Grèce, elle était surtout connue pour être une figure du mouvement trumpiste "Make America Great Again", ayant contribué à la collecte de fonds pour la campagne présidentielle de Donald Trump en 2020. Comme le détaille Time Magazine, Kimberly Guilfoyle a été procureure des bureaux du procureur de district de San Francisco et de Los Angeles et a été nommée procureure adjointe du district de San Francisco en 2000. De 2001 à 2006, elle était mariée à Gavin Newsom, alors superviseur de San Francisco, puis maire. Aujourd'hui gouverneur de Californie, il est considéré comme un candidat potentiel à la présidence pour le Parti démocrate. Par la suite, Kimberly Guilfoyle a acquis une certaine notoriété en tant que co-animatrice de l'émission politique conservatrice "The Five" sur Fox News, qu'elle a rejointe en 2011 et quittée en 2018.
Comme le relate le Wall Street Journal, après la défaite de Donald Trump en 2020, Kimberly Guilfoyle a cherché à tirer profit de son statut d'icône Maga en se lançant dans divers projets, notamment des lignes de produits capillaires et de parfums, ainsi qu'un centre de médecine esthétique. Elle a en outre créé un cabinet de conseil politique et s'est orientée vers les relations publiques.
Une marque de vodka et de champagne
En 2022, l'ancienne animatrice a lancé une marque de vodka et de champagne haut de gamme, American Dream, en organisant un dîner pour les invités à Mar-a-Lago, la luxueuse résidence de Donald Trump en Floride. Mais, d'après le WSJ, les participants ont réalisé à mi-chemin qu'il s'agissait d'une présentation d'investissement. En mars 2024, American Dream cherchait à lever deux millions de dollars auprès d'investisseurs, selon un document de présentation consulté par le quotidien américain. Elle a par la suite dissous la société.
Donald Trump a annoncé en décembre 2024 qu'il nommerait Kimberly Guilfoyle ambassadrice des États-Unis en Grèce, juste avant le début de son second mandat. Elle a prêté serment en septembre 2025, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.
Une ambassadrice "remarquable"
Le 7 octobre dernier, Marco Rubio, qui effectuait une tournée européenne passant par Athènes, a apporté son soutien à l'ambassadrice américaine en Grèce. Interrogé sur la conformité de sa conduite avec l'éthique du Département d'Etat, Marco Rubio avait alors salué l'"excellent travail" de l'ambassade, et qualifié de "remarquable" Kimberly Guilfoyle.
Mais le vent semble avoir depuis tourné dans l'administration Trump. Sans lâcher pour le moment Kimberly Guilfoyle, qui a entretenu une relation avec son fils aîné entre 2018 et 2024, Donald Trump n'a pour autant pas pris sa défense. "Je viens d'en entendre parler, c'est dommage", a déclaré le président aux journalistes vendredi. "Enfin, je ne sais pas. Elle est ambassadrice. J'en ai juste entendu parler. Je n'en sais pas plus. Elle a toujours été très gentille", a-t-il affirmé au sujet de son ex-belle fille.
Le vice-président J.D. Vance s'est abstenu de tout commentaire sur les informations concernant Kimberly Guilfoyle. Il a toutefois déclaré jeudi qu'il n'appréciait pas "que quiconque vende son accès à un autre responsable gouvernemental, et certainement pas à un haut responsable gouvernemental", et a ajouté le lendemain que "si quelque chose de mal s'est produit, alors les gens doivent en subir les conséquences".