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L’attentat raciste de Trappes vu des réseaux sociaux

Trois jours après l'attentat raciste de Trappes, des larmes et de la colère sur les réseaux sociauxEt ça commence par une profonde détresse. Les larmes d’une jeune femme face caméra. Le besoin de partager sur T...

Trois jours après l'attentat raciste de Trappes, des larmes et de la colère sur les réseaux sociaux

Et ça commence par une profonde détresse. Les larmes d’une jeune femme face caméra. Le besoin de partager sur TikTok son désarroi

"Je n'arrive pas à faire cette vidéo en ne pleurant pas. Tu penses avoir une journée normale et on te tue à cause de ta couleur de peau et en fait je me dis mais où on va là ? Qu'est ce qui se passe en ce moment ? Tout le monde est malheureux, tout le monde est en souffrance, tout le monde est aigri. La personne qui a été tuée ça aurait pu être mon grand frère genre en plus on va rester cloîtrés chez nous on va plus sortir."

Et c’est ainsi que, tout au long du week-end, les réseaux vont relayer la parole d’une population en état de choc. Comme ce jeune père de famille d’ordinaire « cool, pacifique », comme il dit. Il est dans sa voiture et revient des courses au supermarché

"Là je sors de Leclerc, j'étais avec mes enfants, je me sentais pas à ma place, je me sentais pas en sécurité les gars. Comment tu m'expliques que je suis Français, je suis noir, j'ai cette crainte, j'ai cette peur, même mes enfants, j'ai peur pour eux. Je les sens pas en sécurité."

De l'inquiétude et aussi de la colère

Souvent contre les politiques. Et souvent contre les médias. Accusés d’avoir libéré, banalisé, une parole nauséabonde. Quand d'autres tentent de combattre l’incendie

"Qu'on avance ensemble contre ce racisme qui règne en fait en ce moment en France. Les gens n'ont même plus honte des gens qui hiérarchisent encore une fois le Français comme quoi moi en tant que femme noire musulmane qui est née en France. Je suis moins bien qu'un Français de souche. Mettons des mots sur ce qui se passe et arrêtons de nous voiler la face et surtout par pitié pour les personnes qui ne sont pas racisées, ouvrez les yeux et essayez d'être un soutien pour les personnes qui le sont. ça fait peur ce qu'on voit, les discours qu'ont les gens ouvertement. Un musulman, un chrétien, un juif, un athée peuvent vivre ensemble. Un noir, un arabe, un asiatique, un indien peuvent vivre ensemble. Essayez de sortir cette idée-là comme quoi il faut éradiquer l'un pour que l'autre puisse vivre. C'est faux !"

Un appel à l'unité vraiment partagé sur les réseaux sociaux ?

Pas simple tant la tension est réelle. J’ai lu, par exemple, des commentaires scandalisés, hier après-midi, à l'annonce du transfert du suspect en psychiatrie.

Comme j’ai pu voir de la défiance, quasi permanente. Sur fond de crise sociale, économique, c’est important. Ce dernier témoignage résume pas mal de choses

"Tu peux détester les étrangers, le musulman, le juif, le noir, l'homosexuel. Le racisme ne va pas payer ton loyer. Ton antisémitisme ne va pas augmenter ton salaire et ton homophobie ne donnera pas d'avenir à tes enfants. La haine n'en a rien à faire de ta vie et elle peut te rendre plus facile à manipuler. Ils t'ont donné une cible, toi tu leur as donné ta colère. Ils gagnent pendant qu'on se déteste."

La vision d’une société triste, fracturée, qui s'accroche. C'était hier soir, sur les réseaux…

À écouter

France Inter

3 min