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Tour de France femmes 2026. Son frère a pris les armes, inquiétude permanente… Yuliia Biryukova, l’Ukrainienne qui pédale pour son pays

Yuliia Biriukova s’est fait remarquer dimanche en prenant part à une échappée. L’occasion de montrer le drapeau ukrainien qu’elle arbore sur son maillot. Photo archives Sipa/Thomas Maheux ...

Yuliia Biriukova s’est fait remarquer dimanche en prenant part à une échappée. L’occasion de montrer le drapeau ukrainien qu’elle arbore sur son maillot.  Photo archives Sipa/Thomas Maheux
Yuliia Biriukova s’est fait remarquer dimanche en prenant part à une échappée. L’occasion de montrer le drapeau ukrainien qu’elle arbore sur son maillot. Photo archives Sipa/Thomas Maheux

Lors de la deuxième étape du Tour de France femmes, dimanche 1er août 2026, l’Ukrainienne Yuliia Biriukova a ouvert la route pendant une cinquantaine de kilomètres en compagnie de quatre autres échappées, entre Aigle et Genève (Suisse), la « capitale de la paix ». Comme un symbole.

La coureuse de la formation basque Laboral Kutxa-Fundacion Euskadi a ainsi pu montrer sa tunique de championne nationale, frappée du drapeau jaune et bleu de son pays en guerre depuis février 2022. « J’adore faire une belle course et montrer ce maillot. On est sur le Tour, la plus grande course du monde. Les spectateurs pensent peut-être à l’Ukraine, ils se souviennent ainsi de la guerre dans mon pays. J’en suis heureuse », glissait-elle le matin même à l’ombre de son bus.

« Ça me trotte dans la tête »

Le quotidien de la coureuse, qui vit en Italie depuis le déclenchement du conflit, est un tiraillement permanent. « C’est compliqué de courir avec tout ce qui me trotte dans la tête. Hier matin, j’ai ouvert mon téléphone et j’ai vu des informations terribles, avec des bombardements nocturnes en Ukraine. Beaucoup de gens sont morts (dans la nuit de vendredi à samedi, une frappe russe a touché Kiev, faisant 9 morts et 33 blessés, NDLR). Se concentrer sur sa propre course est vraiment difficile. »

L’inquiétude est permanente pour sa famille restée au pays, notamment dans la région de Lviv, dans l’Ouest. « Je peux les voir une à deux fois par an, notamment pour les championnats nationaux. Cette année, je n’ai pu passer que quelques heures avec ma famille, même pas une journée entière », confie la coureuse de 28 ans.

Sa mère a quitté le pays pour vivre en Bulgarie, tandis que son frère, engagé dans l’armée, est déployé sur le front. « On échange par messages, mais il n’a pas beaucoup de temps », sourit Yuliia Biriukova. « Il faut mettre fin à cette guerre, voir tous ces gens privés de leurs familles ou de leurs maisons me désole », se renfrogne-t-elle.

L’ancienne pistarde, arrivée sur la route seulement en 2020, a également une pensée pour les athlètes ukrainiens « qui doivent faire des déplacements très longs pour participer à des compétitions. Il faut commencer par aller en Pologne en bus ou en voiture avant de pouvoir prendre un vol. » « C’est impossible de réaliser un bon résultat après deux jours de trajet pour ceux qui vivent en Ukraine », ajoute la vainqueure du Grand Prix El Salvador, en janvier 2026.

La spécialiste du contre-la-montre souffre beaucoup de voir des sportifs russes et biélorusses en compétition, dans un contexte où les fédérations internationales retirent progressivement les sanctions contre les représentants de ces deux pays. « Pour les athlètes neutres, ceux qui ne supportent pas la guerre, je peux l’accepter, même si ce n’est pas bien non plus. Mais avec les drapeaux ou les hymnes, c’est impossible pour moi. Je ne comprends pas qu’ils puissent concourir dans une compétition sportive tant que la guerre ne s’arrête pas. »