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Tour de France femmes 2026. « Je suis les yeux et elle les jambes » : on a embarqué à bord de la voiture Cofidis pour le chrono

À bord de la voiture suiveuse de Cofidis pendant les 21 kilomètres du contre-la-montre entre Dijon et Gevrey-Chambertin, nous avons pu assister aux instructions de Simon Girard pour guider Ema Comte jusqu’à l’arrivée. Immersion.

« Beau travail, Ema ! On se dit à demain. » Contre-la-montre terminé pour la coureuse de Cofidis Ema Comte, à Dijon. Dans la voiture, juste derrière elle, Simon Girard active une dernière fois sa radio pour féliciter son athlète après 21 kilomètres d'effort. Tout au long de l'étape, l'entraîneur de la cycliste haut-savoyarde a guidé sa protégée afin de lui permettre d'arriver à bon port. « Ce chrono n'a aucun enjeu pour Ema. On veut juste qu'elle termine dans les délais », confiait-il au départ, à Gevrey-Chambertin.

Rembobinons quelques minutes plus tôt. Pendant que la cycliste s'avance vers la rampe de lancement, le véhicule suiveur respecte, lui, scrupuleusement le protocole. Non sans quelques péripéties… La pancarte portant le nom d'Ema Comte, normalement fixée sur le pare-chocs, ne tient pas. Malgré une tentative de la remettre en place avec l'aide du médecin de l'équipe, Simon Girard finit par décider de l'embarquer à l'arrière du véhicule plutôt que de risquer de la perdre en route. Car l'essentiel est ailleurs.

« Elle ne peut pas s'empêcher de prendre des risques »

Celle qui a terminé 5e du Tour féminin des Pyrénées 2026 est annoncée par le speaker. Derniers réglages, premiers encouragements. « Allez grande, profite ! Tu te souviens du départ. Pas de prise de risque, c'est technique », prévient Simon Girard, déjà concentré sur le parcours, un téléphone affichant le tracé à droite du volant et un second écran présentant les temps de course sur sa gauche.

C'est parti. Dans la voiture, les indications s'enchaînent : « Il y a un droite-gauche », « pas de difficulté dans ce virage », « reste au milieu de la route », « tu vises la moto, c'est bien ». Voilà ce qui est distillé dans l'oreillette de la porteuse du dossard 143.

Dans l'habitacle, en revanche, le discours est légèrement différent. Logique. « Elle est partie trop vite », « elle ne peut pas s'empêcher de prendre des risques », souffle l'entraîneur, en observant certaines trajectoires. Mais une fois “à l'antenne”, il ne laisse rien paraître, car son « rôle est de la rassurer. »

Une vision limitée, des indications indispensables

Il poursuit donc ses consignes, essentielles pour Ema Comte. « Ça permet de rester concentrée sur la route et d'oublier qu'on a mal aux jambes », explique la coureuse de 21 ans. Les kilomètres défilent, tout comme les indications. « Je suis les yeux et elle les jambes », sourit Simon Girard. Une formule qui prend tout son sens.

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Dans les lacets de Marsannay, des supporters brandissent des pancartes à l'effigie de la coureuse. Un détail qui n'échappe à presque personne… Sauf à la principale intéressée. « Profite, ils sont là pour toi », lui lance son entraîneur. « Je n'ai rien vu. C'était marqué quoi ? », demande la coureuse à l'arrivée. Avec leur casque spécifique au contre-la-montre, le champ de vision des cyclistes est particulièrement réduit. « Quand elle est en position aéro, la tête baissée, elle ne voit qu'environ un mètre devant elle », explique Simon Girard.

Elle achève sa course à la 98e position. Dans la voiture, la satisfaction est palpable. « Elle a géré comme on le voulait. C'était important de ne pas prendre de risques. Le Tour est encore long », conclut l'entraîneur avant de retrouver sa protégée pour échanger… De vive voix, cette fois.