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Toujours pas de victoire pour Vaux-sur-Sûre, qui passe trop vite de la première à la troisième mi-temps

"Le problème de Vaux, c'est que les matchs durent 90 minutes, sourit Robin Gillard au moment d'expliquer le mauvais départ des siens. S'ils s'arrêtaient après 45 minutes, nous aurions huit points au lieu de deu...

"Le problème de Vaux, c'est que les matchs durent 90 minutes, sourit Robin Gillard au moment d'expliquer le mauvais départ des siens. S'ils s'arrêtaient après 45 minutes, nous aurions huit points au lieu de deux. La preuve qu'il y a quand même de la qualité dans le groupe."

Le trait d'humour cache une statistique beaucoup moins amusante. Les Étoilés, qui menaient encore à Aye (1-3) et à Libin (0-1) ces deux derniers week-ends, se sont chaque fois écroulés après la pause. Depuis le début du championnat, ils ont encaissé 14 de leurs 20 buts en seconde période. "Je ne pense pas que ce soit un problème de condition physique, observe le défenseur. C'est davantage une question de concentration. Beaucoup de buts viennent d'erreurs individuelles que nous pouvions encore nous permettre en P2 sans être punis. En P1, ça ne pardonne plus."

Champion de P2B au printemps, Vaux-sur-Sûre serait-il déjà embarqué dans une saison galère ? Robin Gillard refuse en tout cas de sonner l'alarme. "Je serais inquiet si nous étions complètement à la ramasse, or ce n'est pas le cas. Contre Gouvy et Marloie, nous méritions mieux. Nous n'avons pas non plus été vernis jusqu'ici: nos adversaires sont très efficaces et n'ont pas besoin de beaucoup d'occasions pour marquer. Il arrivera bien un moment où nous aurons, nous aussi, ce petit brin de réussite. Et il suffit parfois d'une victoire pour lancer la mécanique. Benjamin Simon (NDLR: l'entraîneur de Libin) m'a d'ailleurs rappelé samedi que son équipe n'avait, elle non plus, gagné aucun de ses sept premiers matchs la saison dernière (3/21)." On peut même ajouter qu'à l'inverse, Vaux-Noville, auteur d'un 12/21 pour commencer, a fini par descendre.

La comparaison a toutefois ses limites. Libin sortait d'un top 5 en P1 tandis que Vaux-sur-Sûre découvre la série avec une étiquette de modeste promu. "Bien sûr, ce n'est pas tout à fait la même chose, mais ce que je veux dire, c'est que personne n'est condamné après sept matchs. Il n'y a pas encore de trou devant nous. Et puis, nous nous étions préparés à vivre une saison compliquée. Les trois quarts des joueurs du noyau n'avaient jamais connu la P1. Nous savions donc qu'il y aurait une phase d'apprentissage. Maintenant, si on veut se sauver, il ne faudrait évidemment pas qu'elle s'éternise."

Entre 15 et 20 aux entraînements

Une chose, en revanche, ne semble pas près de voler en éclats: le vestiaire."Le comité a choisi de faire confiance au groupe qui a décroché la montée, en recrutant très peu, et ce n'est pas plus mal, glisse Robin Gillard. On s'entend tous très bien et nous sommes toujours entre 15 et 20 aux entraînements. Quelqu'un qui serait entré dans la buvette de Libin samedi à 22 h 30 n'aurait jamais imaginé qu'on venait de perdre 4-1. Le jour où les joueurs ne boiront plus un verre ensemble, là, il faudra commencer à s'inquiéter. On en est très loin."

Le moral n'est donc pas encore dans les chaussettes à Vaux-sur-Sûre, qui peut compter sur quelques vieux briscards pour guider une troupe encore novice à ce niveau. Avec huit saisons de P1 et une campagne en D3 dans les jambes, sous les couleurs de La Roche, Arlon, Gouvy et Longlier, Robin Gillard en fait partie.

Parmi les bizuts qui apprennent vite, un nom lui vient immédiatement à l'esprit: Fabien Guissen. À 28 ans, l'ancien médian de Roy et Bourcy, arrivé à Vaux-sur-Sûre en 2023, a sauté dans le grand bain sans avoir besoin de bouée. "Je ne suis pas surpris par ses prestations, assure Robin Gillard. Je l'avais déjà côtoyé en sélection chez les jeunes et son potentiel sautait aux yeux. Fabien, tu peux lui donner un ballon au milieu de cinq joueurs, tu sais qu'il ne le perdra pas. Notre clubman Arnaud Pinson, qui découvre la P1 à 37 ans, mérite aussi une petite mention."

À Vaux, tout n'est donc pas à jeter: la première mi-temps est souvent bonne, la troisième aussi. Il n'y a que la deuxième qui pose problème…

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