Comment va-t-on savoir avec quelle force la tornade a frappé dans l’Aude ?
Alors que l’Aude se relève de la tornade qui l’a touchée ce lundi, 20 Minutes fait le point sur le système de classification de ces catastrophes, classées sur l’échelle de « Fujita »
Clément François
Publié le 25/08/2026 à 13h04 • Mis à jour le 25/08/2026 à 13h15
L'essentiel
- Une tornade a frappé l’Aude, notamment le secteur de Pomas, ce lundi avec des vents dépassant 117 km/h, faisant 39 blessés et touchant plus de 300 maisons.
- L’échelle de Fujita, créée en 1971, classe les tornades de F0 à F5 selon les dégâts observés sur les maisons, la végétation, et permet de rendre compte de la violence de ces phénomènes plus précisément que les instruments actuels.
- Les tornades sont difficiles à anticiper en France car elles se forment et disparaissent très rapidement, et leur petite taille ne permet pas aux radars de les détecter, si bien que « Tout ce qu’on peut faire actuellement, c’est annoncer un pourcentage de risque sur une zone », explique David Dumas, météorologue.
39 blessés, plus de 300 maisons touchées : l’Aude a été touchée ce lundi par une impressionnante tornade dont les vents ont atteint plus de 117 km/h. Météo-France précise à 20 Minutes que c’est le secteur de Pomas qui a été touché le plus violemment, vers 17h.
Un phénomène météorologique rare en France, mais qui nous rappelle l’importance d’apprendre à se préparer à toutes sortes de catastrophes naturelles, après un été marqué par des feux de forêts ravageurs. De nombreux organismes publics et privés étudient, classent, et tentent d’anticiper ces tornades, pour préparer les populations à de futurs épisodes.
L’échelle de Fujita
Comme l’explique Météo-France, la force d’une tornade est définie par la vitesse de ses vents. Mais les tornades étant des phénomènes très localisés, il est très rare qu’elles passent directement sur des instruments de mesure.
David Dumas, météorologue pour l’observatoire Keraunos, explique la parade : « La meilleure manière d’estimer la force d’une tornade aujourd’hui, c’est d’analyser les dégâts qu’elle a provoqués. » C’est pour cette raison qu’a été créée en 1971 l’échelle Fujita, du nom d’un de ses créateurs, qui classe de F0 (légers dégâts) à F5 (dégâts incroyables), l’impact de ces catastrophes.
« « On va analyser tous les points d’impacts un par un, précise le météorologue. Par exemple, on va observer telle toiture, construite pour résister à tant de vent, et regarder à quel point elle a été abîmée, comment le vent l’a frappée, etc. » »
Les observateurs examinent une multitude d’indicateurs, allant de la végétation, aux maisons, aux monuments historiques comme les châteaux ou les églises. Un travail de précision et de longue haleine, qui peut s’effectuer au sol, au plus près des dégâts, mais aussi par drone ou par avion.
Dans le cas où les observateurs repèrent des facteurs qui indiquent différents niveaux de force (F1 et F2 par exemple), c’est en général le plus fort (F2) qui l’emporte, puisqu’il indique un endroit où le centre de la tornade serait passé.
La France doit-elle s’inquiéter ?
Si F0 concerne les vents allant de 60 à 120km/h, les tornades rentrant dans la catégorie F5 peuvent atteindre entre 420 et 500 km/h. Selon Météo-France, à cette vitesse, les maisons peuvent être rasées ou projetées sur de grandes distances, et les murs de bâtiments plus imposants comme les écoles peuvent être arrachés.
Faut-il s’inquiéter véritablement pour autant ? L’observatoire Keraunos n’a pour le moment recensé que deux tornades de force 5 en France, en 1845 et en 1967. Sans compter celle qui a touché Pomas ce lundi, qui n’a pas encore été classifiée, seules six tornades ont été repérées par l’observatoire en France en 2026, toutes de force 1.
Cependant, il est très difficile actuellement d’anticiper ces tornades, qui se forment extrêmement rapidement et disparaissent aussi vite. Leur taille (quelques dizaines de mètres au maximum en France) échappe aux radars les plus performants installés en France, qui détectent au kilomètre. Les modèles de prévision actuels ne sont pas non plus assez précis pour se représenter ces phénomènes aussi petits.
« Tout ce qu’on peut faire actuellement, c’est annoncer un pourcentage de risque sur une zone, explique David Dumas. Pour la tornade de Pomas par exemple, on était entre 30 et 40 % de risque, ce qui est très important. »
Notre dossier sur les tornades en France
Sur les 150 dernières années, l’Aude a recensé seulement 17 tornades, dont 10 d’importance significative. La dernière de force 2 date de 1981, et celle de force 3 de 1969. C’est donc un événement pour le département, parmi les plus touchés par l’épisode orageux et venteux qui a frappé l’Europe de l’Ouest.