Créteil, première escale du Racing 92 nomade loin des loges de la Plenitude Arena
Le Racing retrouve samedi Créteil, sa piste d’athlétisme et sa pelouse capricieuse. Première étape d’une saison sans véritable maison, pendant qu’à Colombes, la prochaine prend forme.
Le Racing retrouve samedi Créteil, sa piste d’athlétisme et sa pelouse capricieuse. Première étape d’une saison sans véritable maison, pendant qu’à Colombes, la prochaine prend forme.
Samedi après-midi, le Racing retrouvera donc Créteil. Son stade Duvauchelle, sa piste d’athlétisme autour de la pelouse, ses tribunes diablement éloignées du terrain et cette drôle d’impression, parfois, que les spectateurs regardent le rugby depuis l’autre côté de la rue. Face à Lyon, l’enceinte cristolienne ne devrait pas franchement déborder et la météo de ces derniers jours promet en plus un terrain lourd. Mais après tout, pourquoi pas ? C’est aussi ça, le rugby. Loin des loges de la Plenitude Arena, de son terrain synthétique et de ses écrans géants, il y aura samedi de la terre sous les crampons, des maillots probablement marron à la fin du match et une pelouse certainement heureuse de retrouver, sous peu, ses habituels footeux de Lusitanos, le club résident. Olivier Azam, l’entraîneur des avants franciliens, ne s’en formalise d’ailleurs pas. Duvauchelle lui rappelle « le vieux stade Maurice-Trélut de Tarbes », là où l’ancien talonneur international avait commencé sa carrière dans les eighties.
Cette année, Créteil - que le diffuseur du Top 14 s’est juré de ne pas programmer en prime time - sera pourtant davantage qu’une parenthèse. Il sera l’un des ports d’attache d’un Racing embarqué dans une saison 2026-2027 franchement atypique. Pas totalement déroutante pour autant : depuis des années, les Ciel et Blanc ont appris à vivre avec les déménagements et les délocalisations. Avant même de rejoindre l’Arena, ils avaient quitté Colombes à plusieurs reprises pour recevoir ailleurs. Depuis, les changements de décor sont presque devenus une habitude.
Les travaux ont débuté à Colombes
Les joueurs de Patrice Collazo doivent ainsi disputer cinq rencontres à Duvauchelle puis quatre à la Plenitude Arena, dont le derby face au Stade Français lors du Boxing Day. Le reste ressemblera à une petite tournée de l’Hexagone. Montpellier sera reçu hors d’Île-de-France, et probablement au Mans, fin octobre avant d’autres voyages à partir de janvier. Le Havre, Lens ou Auxerre, où le Racing a déjà posé ses valises il y a deux ans, font partie des possibilités, comme Châteauroux ou Valenciennes. Une escapade plus inattendue se dessine également : Strasbourg et le superbe stade de la Meinau pourraient accueillir le choc face au Stade toulousain fin février. Une saison nomade, donc. Bizarre, certainement. Mais finalement assez raccord avec l’histoire récente d’un club raccroché non pas à une ville mais à un département et qui n’a jamais vraiment cessé de bouger. Le paradoxe est ailleurs : au moment où le Racing n’a plus véritablement de maison, il n’a jamais été aussi proche de retrouver la sienne. À Colombes, les pelleteuses sont récemment entrées en scène car à quelques kilomètres de Créteil, les travaux ont enfin commencé à Yves-du-Manoir. Après le recours déposé par des riverains contre l’autorisation d’occupation temporaire de cinquante ans accordée au Racing par le Département des Hauts-de-Seine, propriétaire du site, un terrain d’entente a été trouvé et la procédure abandonnée. Le chantier, un temps retardé, a donc pu démarrer.
Le vieux Colombes change désormais de visage. Le terrain d’honneur a disparu, les tribunes provisoires utilisées lors des Jeux olympiques de 2024 ont été démontées et seule demeure, pour l’instant, la tribune historique, celle qui a traversé les Jeux de 1924 et ceux de 2024. Trois nouvelles tribunes doivent pousser autour d’elle afin de porter la capacité du stade à environ 14 000 places. Au total, le Racing va investir 22 millions d’euros dans cette transformation. Le retour définitif est programmé pour la saison 2027-2028. D’ici là, il faudra donc accepter Créteil, dire adieu à l’Arena et découvrir quelques gares supplémentaires…