L’enseignement du week-end : le Racing 92, une année sans domicile fixe
Le Racing 92 a mal débuté sa saison en itinérance. Avec deux défaites en deux matchs à Créteil, les Franciliens vont devoir apprendre à gagner sans être vraiment chez eux. Créteil, terre maudite ? ...
Le Racing 92 a mal débuté sa saison en itinérance. Avec deux défaites en deux matchs à Créteil, les Franciliens vont devoir apprendre à gagner sans être vraiment chez eux.
Créteil, terre maudite ? La question, lancée par un journaliste à Patrice Collazo après une nouvelle défaite dans le Val-de-Marne, l'a profondément agacé. "Si vous avez envie de le dire, dites-le", a-t-il répondu, avant de rappeler une réalité plus préoccupante. Cette saison, son équipe va devoir composer avec un calendrier à domicile pour le moins inhabituel. En effet, le Racing 92 jouera à l'extérieur jusqu'au mois d'avril. Huit mois sur onze loin de ses bases en raison des concerts à la Plénitude Arena qui est en passe d'être vendue à un géant américain.
Au total, le Racing doit encore jouer trois autres matchs au stade Dominique-Duvauchelle de Créteil dont la réception de Perpignan qui s'annonce déjà cruciale. Et Créteil, où les Racingmen ont encore chuté, concentre les difficultés. "On n’est pas en configuration d’être efficace à Créteil", reconnaît Collazo. Une question de repères, mais aussi d’environnement. Mais le manager insiste : "Cette saison, on le savait, nous sommes itinérants. Mais comme je l’ai dit aux joueurs en début d’année, ce ne sera pas une excuse." Car pour rappel, Créteil n'a pas toujours été une malédiction. Depuis le début de la saison 2024-2025, dix matchs ont été disputés à Créteil pour un bilan de cinq victoires, un nul et quatre défaites mais deux déjà concédées cette saison contre Lyon et Bayonne.
Le Racing 92 devra construire ses propres repères
Alors, même si le Racing 92 retournera pour quatre matchs à la Plénitude Arena, dont le fameux derby face au Stade français à l'occasion du Boxing Day, il faut apprendre à jouer sans domicile fixe, à jouer partout. Au Mans, face à Montpellier, au Havre, peut-être même à Strasbourg, face au Stade toulousain, et dans des enceintes où le Racing ne retrouvera jamais exactement les mêmes repères. "Quand on va à La Rochelle, devant 18 000 spectateurs, on se prépare et on gagne. Là, il faut se préparer différemment", explique Collazo. À Créteil, poursuit-il avec une formule imagée, "les 18 000 personnes, ils sont sur l’autoroute juste à côté. Ils ne sont pas dans les tribunes" dit-il avec un sourire forcé.
Cette itinérance est donc la norme jusqu'en avril avec, ensuite, le retour au stade Yves-du-Manoir, à Colombes, rénové et appelé à redevenir la maison des Racingmen. Le défi est connu depuis l'intersaison. "Il faut désormais se mettre dans une configuration mentale et être hyper exigeant avec soi-même", insiste le manager. Car à défaut de pouvoir compter sur une véritable enceinte attitrée, le Racing 92 devra construire ses propres repères, indépendamment du lieu. "Ne me demandez plus : vous n’êtes pas à la maison, c’est compliqué", prévient Collazo qui termine la conférence de presse par ces mots : "Nous devons être capables de jouer n’importe où. N’importe quand. Devant n’importe qui." Une exigence qui prendra tout son sens au fil des délocalisations à venir.