Top 14 : joueurs aguerris, expérience du championnat et leadership, les mots d’ordre du recrutement de l’USAP
Avec 55 joueurs dans l’effectif, Laurent Labit et l’USAP se sont essentiellement attelés à remplacer les joueurs partants. Avec une idée claire : aller chercher des remplaçants au pedigree plus clinquant et aguerris aux exigences du Top 14.
Avec 55 joueurs dans l’effectif, Laurent Labit et l’USAP se sont essentiellement attelés à remplacer les joueurs partants. Avec une idée claire : aller chercher des remplaçants au pedigree plus clinquant et aguerris aux exigences du Top 14.
Coïncidence ou pas, seule une formation de Top 14 a plus recruté que l’USAP lors de cette intersaison : le RC Vannes. L’explication paraît simple : les équipes théoriquement les plus menacées par la relégation cherchent à se renforcer. Et pour cette saison 2026-2027, le terme "renforcer" est peut-être le plus juste pour caractériser le recrutement des Catalans.
Chronologiquement, il y a deux ans, ils avaient mis l’accent sur la première ligne, avec les arrivées de Bruce Devaux, Giorgi Beria et Kieran Brookes. Le reste avait été des joueurs à la relance ou des jeunes à faire exploser. La saison dernière, la deuxième et troisième ligne avaient été largement densifiées. Mahamadou Diaby, Jamie Ritchie, Mattéo Le Corvec et Peceli Yato, avec quelques touches pour suppléer le poste de 10 qui avait été le tendon d’Achille de l’USAP la saison précédente.
Des internationaux et des beaux palmarès
Cette fois, pas de postes ciblés, des départs compensés, tout en intégrant davantage les jeunes aux rotations. Ainsi, sur le tableau des transferts, l’USAP affiche quatre piliers partants, quatre piliers arrivants, deux troisièmes lignes partants, deux arrivants, un demi de mêlée partant, autant qui arrive, un pour un chez les ouvreurs aussi et deux pour deux au centre. Seule exception : le poste d’ailier, avec deux départs pour une arrivée.
Mais c’est surtout le pedigree des arrivants qui donne tout son sens au terme de renfort. Aux postes de pilier, à gauche, c’est Enzo Forletta, champion de France 2022, vice-champion de France 2026 et l’un des meilleurs à son poste la saison dernière, qui remplace Giorgi Beria. À droite, c’est Cédate Gomes Sa, champion de France 2016, triple finaliste européen et joueur aguerri de Top 14 avec 169 matches, qui remplace Nemo Roelofse. Ou encore l’international italien de 27 ans, Marco Riccioni, qui remplace le vieillissant Kieran Brookes (35 ans).
À la mêlée également, l’arrivée de l’international irlandais, champion d’Europe en 2018, Luke McGrath, à la place de Gela Aprasidze, semble apporter de l’épaisseur au poste de 9. Comme le "rajeunissement" à l’ouverture entre Paolo Garbisi et Tommaso Allan, même si ce dernier semblait être davantage considéré comme un 15 par Laurent Labit.
Derrière, il en va de la même logique : aucun joueur de plus de 30 ans recruté contre deux libérés (Tavite Veredamu et Duncan Paia’aua), et deux bons joueurs de la fin de saison passée (Alivereti Duguivalu et Jordan Petaia) remplacés par des stars du Super Rugby en Nouvelle-Zélande (Braydon Ennor et Sevu Reece). L’avenir dira si les choix sont les bons, mais les statuts parlent pour les recrues, avec notamment un Maëlan Rabut qui apportera au centre encore plus de densité (1,95 m, 98 kg) et de leadership, un Braydon Ennor considéré comme l’un des meilleurs défenseurs du pays à la fougère, puis un Sevu Reece, meilleur marqueur de Super Rugby aux 37 sélections avec les All Blacks.
"Il y avait trop peu de leaders vraiment identifiés"
"Ça a été une volonté d’avoir un recrutement avec des joueurs plutôt aguerris, expérimentés, étaye le manager de l’USAP, Laurent Labit. Quand je suis arrivé, j’avais fait le constat qu’il y avait trop peu de leaders vraiment identifiés. Il y avait de très bons joueurs, mais un leader ce n’est pas quand tout va bien. C’est quand ça va mal, quand les coéquipiers veulent se tourner vers vous. Et c’est là que le leader agit." Les pedigrees des recrues plaident donc pour cette expérience, quand d’autres savent déjà être des leaders. "Maëlan (Rabut) est un gars comme ça, avec ce leadership. José Madeira aussi, c’est le capitaine du Portugal. Nicolas (Nadau) le connaissait bien de Grenoble et c’est un leader chez les avants", poursuit Labit.
Si en troisième ligne les pertes sont immenses pour l’USAP, les renforts ont été largement réfléchis en ce sens aussi. Jamie Ritchie et Max Hicks, par leurs qualités, laisseront un vide. Mais Lachlan Swinton, international australien et champion d’Europe avec Bordeaux, a l’expérience, quand José Madeira sait donc être un leader. Tout ça doit désormais s’articuler avec des "fausses" recrues : les retours de Patrick Sobela et Noé Della Schiava qui sortent d’une saison blanche. C’est pourquoi le poste de troisième ligne n’a pas plus été densifié, Patrick Sobela apportant le profil gratteur avec l’expérience du Top 14 (139 matches), quand Della Schiava peut redevenir le capitaine de touche qu’il était. À ce poste, l’USAP a également le Toulonnais Jovan Sreckovic pour apporter de la rotation dans la troisième ligne catalane, qui sera encore renforcée dans les prochains jours.
Sur le papier, le recrutement répond donc à une logique claire, renforcée par plusieurs arrivées dans l’encadrement. Avec Arthur Alvarez en chef des analystes vidéo, l’un des meilleurs français et bras droit de Yannick Bru pendant trois saisons à l’UBB, l’USAP prend aussi de l’expérience en coulisses. Idem avec l’arrivée en tant qu’entraîneur de la défense de Nicolas Godignon. Ce sont des profils peu exotiques, mais qui connaissent parfaitement le terrain de jeu. Ça a été le mot d’ordre du manager Laurent Labit. C’est sa recette pour résister aux tourmentes du Top 14.