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Thomas Detry sur la faillite du LIV: “Non, je ne regrette rien et je veux continuer avec le LIV 2.0”

La saga du LIV Golf a vécu un épisode clé mardi. Le circuit dissident a officiellement demandé au tribunal des faillites du New Jersey à être placé sous la protection du Chapter 11 de la loi américaine sur les ...

La saga du LIV Golf a vécu un épisode clé mardi. Le circuit dissident a officiellement demandé au tribunal des faillites du New Jersey à être placé sous la protection du Chapter 11 de la loi américaine sur les faillites. Il ne disparaît pas pour autant. Que du contraire. Ce stratagème, rendu inévitable depuis l'annonce du retrait du soutien financier du fonds souverain saoudien (PIF) pour la saison 2027, pourrait permettre au LIV d'effacer une partie de ses anciennes obligations et ainsi de repartir dès 2027 avec de nouveaux investisseurs et partenaires sous une coupole économique remodelée.

"La faillite était planifiée depuis bien longtemps", nous explique l'un des deux Belges présents sur le LIV Golf, Thomas Detry qui n'a pas été surpris par l'actualité de mardi. "Ce mécanisme n'est possible qu'aux États-Unis. Tu peux mettre une boîte complètement par terre. Tu peux faire banqueroute. Et ensuite, tu peux nettoyer toutes tes dettes et restructurer ta boîte sans devoir repartir tout à fait de zéro. Tout était prévu depuis des mois. Ils ont effectué les derniers paiements pour les prize money la semaine dernière avant d'activer ce chapter 11."

De son côté, le seul Belge à avoir remporté un tournoi sur le PGA Tour (Phoenix en février 2025) n'a pas reçu beaucoup plus d'informations. "Honnêtement, je ne sais pas grand-chose si ce n'est qu'il y a de gros investisseurs qui se sont manifestés. On parle de BC Parner, un gros Hedge Fund basé à Londres qui a plus de 40 milliards sous actifs et qui a plusieurs équipes (baseball, et basketball féminin). Ils possèdent plein de marques. Ils sont propriétaires de médias aussi. On ne parle plus de l'argent saoudien, ce qui est de bon augure."

Deux Belges pris dans le séisme qui frappe le monde du golf: "Les joueurs ne peuvent pas trop en parler"

Les joueurs avaient donc compris depuis des mois que le LIV sous sa forme originelle ne survivrait pas au changement d'année. En avril, le PIF avait coupé les robinets d'approvisionnement à cause des pertes colossales. En juillet, le calendrier était amputé de ses trois dernières semaines dont celle du tournoi final par équipes qui était prévu fin août dans le Michigan. Le 8 septembre, c'est le tribunal des faillites du New Jersey qui est entré dans la danse.

La procédure enclenchée permet à une entreprise en difficulté de poursuivre son activité tout en restructurant ses dettes. En d'autres termes, le LIV Golf n'est pas placé en liquidation. Mieux, ses dirigeants se positionnent pour un retour en 2027. La suite de la bagarre se déroulera loin des greens. Le dossier est complexe en raison des sommes brassées. Selon le Financial Times, le passif est estimé entre 500 millions et un milliard de dollars alors que l'actif ne dépasse pas les 500 millions. On évoque même un montant nettement plus bas, de l'ordre de 100 millions.

Faut-il rappeler que le Public Investment Fund avait injecté plus de 5 milliards dans ce concept supposé révolutionnaire qui avait pour mission première d'offrir une alternative attrayante au PGA Tour ? Depuis sa création en 2022, le LIV Golf a flambé les pétrodollars sans jamais se rapprocher d'une forme de rentabilité. Le LIV Golf n'a pas séduit les spectateurs de golf ni les plus grands joueurs de la planète ni même les médias.

Le Public Investment Fund doit encore honorer une note de 49,6 millions de dollars pour permettre au LIV de fonctionner pendant la procédure enclenchée mardi. Les avocats du LIV Golf se présenteront devant le juge dans les prochains jours afin de demander l'autorisation de rejeter les contrats des joueurs. Si tel est le cas, les joueurs comme Jon Rahm, Bryson DeChambeau, Dustin Johnson ou encore Tyrrell Hatton ne seraient plus obligés de rester sur le circuit saoudien. Ils seraient libres de partir. Ils pourraient rejoindre le DP World Tour, voire le PGA Tour. Encore faut-il voir la réaction des dirigeants du prestigieux circuit nord-américain.

Une nouvelle formule du LIV comme ultime sursaut

La nouvelle formule que proposera le LIV sera bien moins lucrative. Le CEO Scott O'Neill se lance dans un exercice d'équilibriste où il devra retrouver la confiance de ses stars sans pouvoir signer des chèques à neuf chiffres. Ceux qui poursuivront quand même l'aventure pourraient, par exemple, recevoir des participations au capital du LIV 2.0. Les joueurs deviendraient les actionnaires majoritaires.

guillement

Pour l'année prochaine, je ne suis pas encore sûr de ce que je vais faire. Il y a éventuellement des discussions autour de sanctions sur le DP World Tour (circuit européen) et évidemment sur le PGA Tour."

"Nous avons conscience que les prize money ne seront plus comme cette année", reprend Thomas Detry qui a rejoint le LIV en début d'année. "Mais le circuit reste très prometteur. Je suis à fond derrière. Je serai ravi de pouvoir rejouer sur le LIV 2.0. Certains joueurs ne sont pas contents à la suite des derniers événements. Ils en veulent aux Saoudiens d'avoir promis autant de choses et puis, en last minute, d'avoir tout arrêté. La situation est dommage."

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Thomas Detry en 2027 sur le LIV 2.0, sur le DP World Tour ou sur le PGA Tour ?

Dommage, mais pas catastrophique pour le Belge qui n'envisage pas de faire un pas de côté ou de profiter de cette porte ouverte pour filer sur le DP World Tour, voire le PGA Tour. "Je l'ai déjà dit plusieurs fois", reprend-il. "J'ai passé une année incroyable. J'ai vraiment adoré cette saison qui m'a offert une belle qualité de vie. L'ambiance est exceptionnelle. Je ne regrette pas. Pour l'année prochaine, je ne suis pas encore sûr de ce que je vais faire. Il y a éventuellement des discussions autour de sanctions sur le DP World Tour (circuit européen) et évidemment sur le PGA Tour. Il est difficile d'avoir une idée claire. Tout ce que je sais, c'est que j'ai encore mon statut ici en Europe sur le DP World Tour. Le PGA Tour, je pourrai éventuellement y rejouer à partir de l'année prochaine au mois d'août. J'ai un an de suspension après mon dernier tournoi LIV. Donc, si je ne rejoue pas sur le LIV, je peux reprendre en septembre 2027."

guillement

Les investisseurs sont là, mais si les joueurs ne suivent pas, je ne suis pas sûr que les investisseurs vont suivre aussi."

Thomas Detry veut accorder sa priorité au LIV 2.0, mais il n'a plus les cartes en main. "Je sais que certains joueurs ne sont pas encore sûrs de vouloir rejoindre le LIV 2.0. La clef est là. Les investisseurs sont là, mais si les joueurs ne suivent pas, je ne suis pas sûr que les investisseurs vont suivre non plus."

Jon Rahm, le symbole de tous les excès

Le cas de Jon Rahm est symptomatique de ce véritable dilemme. L'Espagnol avait rejoint le LIV Golf en décembre 2023 pour un montant estimé à 300 millions de dollars. Le golfeur devient le principal créancier individuel du circuit. Le LIV doit lui verser 7,47 millions de dollars de gains impayés tandis qu'entre 100 et 150 millions de dollars de sa prime de signature restent en suspens. Si son contrat est annulé par le tribunal, Jon Rahm se retrouve légalement libéré de ses obligations contractuelles. S'il choisit de s'en aller pour retourner sur le PGA Tour ou le DP World Tour, il n'aura aucune amende ou pénalité de rupture à payer au LIV.

Comme le circuit saoudien est sous contrôle judiciaire, Rahm sera traité comme un simple créancier. Il est fort probable qu'il doive accepter un règlement au rabais. Rahm ne restera pas sur le LIV ou le LIV 2.0. Il avait déjà tenté une approche sur le DP World Tour. À moins que le PGA n'ouvre une porte. Les dirigeants du plus prestigieux circuit du monde n'ont pas encore réagi officiellement à ce tsunami sportif.

Quant au LIV Golf, il cherche à contrôler la communication en pleine tempête. Les joueurs ont reçu un e-mail pour les préparer aux questions des médias. "Ce processus nous donne la structure et le temps nécessaires pour poursuivre une transaction historique et commencer le prochain chapitre de LIV Golf", tente de rassurer Scott O'Neill. Il s'est risqué à imaginer la formule version 2027.

Le champ passerait notamment à 75 joueurs (contre 57). Un cut serait introduit après 54 trous, ce qui modifie l'ADN historique de ce circuit. Les équipes seraient maintenues. Un système de qualification serait introduit le lundi. Cette discussion part du principe qu'une base assez solide de joueurs maintienne leur confiance.

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