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Thélyson Orélien : “Un migrant part parce qu’il veut vivre”

"C'était ça ou mourir", le livre de Thélyson Orelien connaît en France le succès qu'il a déjà remporté au Canada et dans les pays où il a été traduit. Ce roman place le lecteur dans les pas d'un Haïtien fuyant son pays. Une leçon d'humanité et la découverte d'un écrivain.

"C'était ça ou mourir", le livre de Thélyson Orelien connaît en France le succès qu'il a déjà remporté au Canada et dans les pays où il a été traduit. Ce roman place le lecteur dans les pas d'un Haïtien fuyant son pays. Une leçon d'humanité et la découverte d'un écrivain.

Radio France

Publié le 13/09/2026 14:00

Temps de lecture : 2min

L'écrivain québécois d'origine haïtienne Thélyson Aurélien publie son premier roman, qui bouscule la rentrée littéraire en France. (JOEL SAGET / AFP)
L'écrivain québécois d'origine haïtienne Thélyson Aurélien publie son premier roman, qui bouscule la rentrée littéraire en France. (JOEL SAGET / AFP)

Dans le livre C'était ça ou mourir, le héros Jonas Dorléon croise, durant son périple, un homme qui dit espérer mourir avant lui pour que ce professeur haïtien puisse raconter son histoire.

"La grande peur d'un migrant c'est de disparaître sans laisser de trace."

Thélyson Orélien

à franceinfo

Alors l'écrivain, qui connaît ce chemin de l'exil, qui lui aussi était enseignant à Haïti, donne des voix, des visages, des vies à ces personnes qui ne sont souvent que des dossiers ou des statuts administratifs.

"Je voulais que derrière ce mot de migrant on arrive à voir des humains, des vies et non pas simplement une catégorie." Et l'espoir de Thélyson Aurélien est que ce portrait permette de "comprendre et de dire : ça aurait pu être quelqu'un que j'aime, ça aurait pu être moi".

Au fil du roman, le lecteur est en République dominicaine, au milieu des passeurs vautours qui escroquent les réfugiés, puis dans la jungle de l'Amérique centrale où on risque sa vie chaque jour et chaque nuit, dans l'enfer administratif au Mexique et aux États-Unis pour décrocher un laissez-passer pour la liberté.

C'est là qu'un garde-frontière américain reprend la phrase de Donald Trump en s'adressant à Jonas : "Retourne dans ton pays de merde !" Selon Thélyson Aurélien, Jonas aurait pu répondre : "Ce sont des armes fabriquées chez vous, et tombées dans des mains d'enfants chez nous, qui m'ont mis dehors."

Voilà aussi le propos de l'écrivain, lutter contre le cliché du migrant qui profite du pays où il se rend. "Moi j'avais ma maison, mes élèves, je vivais modestement mais ça me suffisait, le migrant, il ne veut pas partir pour devenir riche, il part parce qu'il veut vivre." Thélyson Oéelien prend bien soin de préciser qu'il n'est pas là pour donner des leçons mais espère que lire son texte puisse "changer la manière de voir les choses".

Il se réjouit d'ailleurs du succès du livre en France, qui figure dans la première sélection du Goncourt : "C'est surtout le bouche à oreille, on le passe de mains en mains, le mot immigration suscite une forme de passion. Mais c'est beaucoup plus que cela, c'est de la littérature."

Le roman permet en effet de découvrir un écrivain. Quand on demande à Thélyson Orelien – qui fait dire à son personnage arrivé au Canada qu'il n'est pas encore quelqu'un, mais qu'il n'est plus tout à fait personne – comment il se situe, voici sa réponse : "Je suis né Thélyson en Haïti, mais je suis né écrivain au Canada. Donc, oui, je suis quelqu'un."

Thélyson Orélien, C'était ça ou mourir publié chez Grasset.

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