Test Xiaomi Redmi Buds 8 Pro : de bons écouteurs dans un corps tellement banal
Une démocratisation du son premium ? C’est ce que laissent entrevoir les Redmi Buds 8 Pro, écouteurs Bluetooth à réduction du bruit portés par tous les raffinements technologiques modernes, mais avant tout par une impressionnante architecture à trois haut-parleurs.
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Une démocratisation du son premium ? C’est ce que laissent entrevoir les Redmi Buds 8 Pro, écouteurs Bluetooth à réduction du bruit portés par tous les raffinements technologiques modernes, mais avant tout par une impressionnante architecture à trois haut-parleurs.
Présentation
Écouteurs abordables, pourtant les plus ambitieux de la marque-fille de Xiaomi, les Redmi Buds 8 Pro ont sur le papier tout pour rivaliser avec des produits sérieux, y compris dans le milieu de gamme. Nous avons affaire à un modèle semi-intra-auriculaire à réduction du bruit, affichant un format à tige. Les écouteurs s’inscrivent dans l’écosystème de Xiaomi, d’où une compatibilité avec l’application de la marque.
Sans se démarquer sur la forme ni sur la résistance aux éléments, ces écouteurs cachent en eux quelques caractéristiques que l’on ne retrouve que rarement sur des true wireless abordables : architecture multivoie, prise en charge du codec LDAC, certification Hi-Res Audio et traitement Dolby Audio.
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Prix et disponibilité
Les Xiaomi Redmi Buds 8 Pro sont disponibles depuis mars 2026 pour un tarif officiel de 70 €. Trois coloris existent : blanc (version testée), noir et bleu.
Conditions de test
Nous avons testé les écouteurs sous la version 3.2.2.1 du micrologiciel, avec l’application Xiaomi Earbuds en version 1.36.
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ConstructionLa photocopieuse avec barre de leds
D’une implacable banalité, le design des Buds 8 Pro est semblable à celui de nombreux clones lointains des Apple AirPods Pro, en particulier dans sa déclinaison blanche. Le constat est sans appel : tout est maîtrisé, mais sans une once d’originalité. Des formes arrondies simples, des tons uniformes, aucun accident ni parti pris, presque rien ne permet de donner une réelle identité à ces écouteurs, que l’on pourrait aisément confondre avec des FreeBuds 7i de Huawei. Cela n’est objectivement pas un défaut, mais ne fait pas gagner de points à Redmi face à des Nothing Ear (3a).
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Ce n’est pas non plus la qualité de construction, honnête mais là aussi sans le moindre élément permettant à la marque de se distinguer, qui modifie notre constat. Certifiés IP54, les Buds 8 Pro ne présentent aucun défaut de conception, bien que le revêtement blanc brillant révèle assez vite les micro-rayures. Rien de transcendant pour des true wireless de ce tarif, mais rien de honteux non plus.
Boîtier
Bien qu’assez peu inspiré en apparence, le boîtier des Xiaomi Redmi Buds 8 Pro affiche quelques idées simples et efficaces. Cette boîte de charge utilise par exemple une ouverture en biais, un système qui permet de faire davantage ressortir les écouteurs pour une meilleure préhension, et intègre une barre de leds blanches en façade. Cette dernière effectue une petite animation lors des phases de recharge et apporte une indication relativement précise du niveau de batterie. Seule manque la charge par induction.
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ConfortPas intrusifs, mais pas parfaits
Le confort tient parfois à peu de choses. Si, sans surprise, les Redmi Buds 8 Pro ne sont pas intrusifs et restent dans la très bonne moyenne du genre, la forme de leur corps acoustique ne paraît pas spécialement optimisée. Cette partie est ainsi un peu plus bombée que la moyenne, ce qui se ressent dans le creux près de l’entrée du conduit.
Les écouteurs prennent un peu plus de place et ne sont pas aussi agréables que des Nothing Ear (3a) en pratique, en particulier pour les petites morphologies. Cette différence est d’autant plus flagrante que Xiaomi/Redmi ne livre son produit qu’avec trois tailles d’embouts en silicone.
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La tenue dans l’oreille dépend elle aussi de la morphologie du porteur, mais nous pouvons noter que, si les Buds 8 Pro s’en sortent assez bien, nous ne les conseillons pas vraiment pour aller courir.
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Expérience utilisateurUne formule mature et complète
Commandes
Fruit de l’expérience accumulée par les deux marques dans le domaine, les écouteurs bénéficient de commandes complètes et intuitives. Contrairement à bien des produits d’entrée de gamme, la tige est exploitée à fond, avec le fameux principe de balayage pour le réglage du volume.
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La reconnaissance des tapotements est précise malgré une latence assez marquée, et la marque laisse la main à l’utilisateur sur l’assignation des commandes via l’app. Si tout n’est pas optimal par défaut, il est enfantin de se bâtir des contrôles sur mesure en limitant les actions complexes (comme les triples appuis). Le principe de pincement façon AirPods Pro ou Galaxy Buds Pro est sans doute un peu plus efficace, mais Redmi rend une excellente copie.
Connectivité
Ce n’est pas monnaie courante de retrouver la norme LE Audio sur des écouteurs abordables… Redmi ne nous fait pas mentir et fait l’impasse sur cette technologie malgré la présence d’une puce Bluetooth 5.4. Pour le reste, le bilan est très positif : appairage rapide, connexion multipoint et prise en charge du codec LDAC.
Si la stabilité du signal se révèle assez bonne en pratique, nous avons pu constater — du moins avec les codecs classiques (SBC et AAC) — une latence étonnamment élevée, mesurée autour de 300 ms, ainsi qu’une portée assez moyenne.
Application
Commune aux appareils Xiaomi ou estampillés Redmi, l’app Xiaomi Earbuds apporte un solide complément en matière d’expérience utilisateur. Outre la personnalisation des commandes, cette application donne la main sur la plupart des automatismes, dont la détection du port des écouteurs, et dispose de fonctions audio assez avancées. Nous retrouvons notamment un égaliseur graphique 10 bandes, un mode “son immersif” (avec traitement Xiaomi ou Dolby) et une balance droite/gauche. Rien n’est exceptionnel en soi, mais Xiaomi a fait un travail particulièrement pragmatique.
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En revanche, de nombreuses petites perles de localisation française sont réparties çà et là dans l’app, visiblement traduite par une IA.
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AudioUn son convaincant, mais pas ultra-technique
Assez atypique, l’architecture audio s’appuie, selon Redmi (bien qu’il faille chercher pour obtenir des détails), sur un transducteur dynamique de 11 mm avec membrane plaquée au titane et sur deux transducteurs piézoélectriques de 6,7 mm, le tout en configuration coaxiale (haut-parleurs alignés). La qualité des configurations multitransducteurs n’est malheureusement pas toujours heureuse, les constructeurs exacerbant souvent le côté spectaculaire pour mieux faire ressortir les qualités supposées des éléments.
Ici, les choses sont assez différentes, puisque Redmi se montre plutôt raisonnable dans le haut du spectre. Nous avons connu plus linéaire et nous n’échappons pas à quelques pointes de brillance, mais difficile de qualifier le son d’agressif ou artificiel, ce qui est déjà un très bon début.
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Pour déceler une véritable accentuation, il faut se tourner vers les graves, renforcés un peu plus que nécessaire, mais sans exubérance. Le constructeur opte pour un surcroît de présence dès les bas-médiums, mais celui-ci se ressent avant tout comme un petit plus dans les sensations, comme une accentuation de l’assise. Il n’y a pas de phénomène de lourdeur ni de médiums phagocytés par le bas du spectre. Nous pouvons même dire que Xiaomi s’est montré plus raisonnable que Nothing avec ses Ear (3a), ces derniers étant plus démonstratifs.
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De fait, la signature est très pertinente, car bien adaptée à sa cible, plutôt jeune. Le son n’est pas fatigant et le renfort des graves apporte ce petit supplément de sensationnel. Si besoin, il est assez facile de revenir à un meilleur équilibre via l’égaliseur de l’application. Nous n’irons pas jusqu’à dire que les Redmi Buds 8 Pro surpassent la concurrence, mais ce sens de l’équilibre, même relatif, leur permet de se démarquer de références à la signature vraiment discutable, comme les Huawei FreeBuds 7i. Les Xiaomi sont adaptés à tous les styles et presque tous les volumes sonores. Un niveau d’écoute vraiment élevé fait toutefois dérailler un peu l’ensemble, surtout sur les voix féminines et les instruments tranchants.
Techniquement parlant, tout n’est pas parfait, et l’on sent bien que les trois haut-parleurs se télescopent légèrement dans les aigus. Ce registre est assez ouvert et détaillé, mais pas toujours d’une grande précision ni d’une dynamique impressionnante. Les très hautes fréquences montrent quelques débordements (indépendamment de la signature) et les dernières harmoniques des voix n’ont pas autant de naturel que sur les bons modèles mono-transducteurs. De même, si la gestion des basses est très correcte, il manque la nuance d’excellents transducteurs. Les Redmi se laissent aller à un léger flottement sur les pistes vraiment complexes.
Comparer les photos
Pour le reste, l’ampleur de la scène sonore se situe dans la bonne moyenne et la sensation d’espace est bien respectée. En fin de compte, il manque sans doute un peu de technicité à l’ensemble, mais ces Xiaomi Redmi Buds 8 Pro tiennent bien leurs promesses. Sans s’approcher des produits haut de gamme, ils ne souffrent d’aucun défaut flagrant, ce qui est déjà un luxe dans leur catégorie.
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IsolationLes voix de la discorde
Très ambitieux, car annoncé jusqu’à -55 dB max, le traitement actif des Xiaomi Redmi Buds 8 Pro est certes performant dans les basses et l’essentiel des médiums, d’où une atténuation quasi totale des sons ronronnants, mais il s’effondre assez vite en arrivant dans les haut-médiums. Les voix passent à travers les mailles du filet, de même que les sons soufflants, telle une ventilation.
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Dommage, car l’isolation passive est déjà assez prononcée pour des écouteurs semi-intra-auriculaires. Les basses et les aigus affichent un niveau d’atténuation à peu près égal, une cohérence gâchée par ce creux autour de 1 kHz.
TransparencePourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Animé par trois réglages (normal, voix et accentuation du son), le retour sonore est très correct, bien que marqué par un voile léger, mais constant, dès les haut-médiums. Cette disposition se caractérise à la mesure par une sorte de plateau stable autour de -10 dB, mais jamais par un effondrement.
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Ce retour sonore est largement exploitable en pratique. Il intègre cependant une dimension adaptative impossible à désactiver. Celle-ci se caractérise dans une baisse régulière du retour sonore face à ce qui est considéré comme un bruit fort, avec des résultats plus ou moins pertinents. Ainsi, aussi efficace soit-il dans des conditions parfaites, ce mode Transparence est souvent imprévisible.
MicroNaturel, sauf en environnement difficile
Avec un réseau de trois micros par côté et une résistance au vent de 12 m/s, les Redmi Buds 8 Pro promettent de bonnes performances microphoniques.
En pratique, si la captation est étonnamment bonne en milieu calme, avec un bon équilibre tonal et une certaine immunité face aux plosives et sons sifflants, les choses se gâtent un peu avec le bruit. Son atténuation est vraiment efficace, mais la voix est loin d’être épargnée, perdant en clarté, voire en intelligibilité. La plupart des situations ne poseront pas de problème, mais difficile de passer un appel dans un lieu vraiment bruyant.
AutonomieUne endurance de sprinter
Annoncée à 8 h sans RBA, mais à seulement 4 h 30 min avec RBA, l’autonomie en simple charge n’atteint pas des sommets pour une création de 2026.
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En pratique, les 4 h 30 min ne sont même pas atteints en activant la réduction du bruit, puisque nous atteignons plutôt 4 h 10 min. Une performance qui place les écouteurs clairement sous la moyenne actuelle. Avec 7 h 30 min sans réduction du bruit, Redmi sauve un peu les meubles. Le boîtier apporte quant à lui à peu près trois charges supplémentaires. La performance est donc correcte sans RBA, mais presque médiocre avec.
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Points forts
Son puissant, mais pas envahissant.
Bel équilibre dans le registre médium-aigu.
Commandes complètes et intuitives, suffisamment de réglages.
Qualité des microphones en milieu calme.
Barre de leds sur le boîtier assez pratique.
Points faibles
Petit manque de cohérence dans les hautes fréquences.
Isolation faible des voix.
Autonomie très faible avec RBA.
Seulement trois tailles d'embouts.
Xiaomi Buds 8 Pro : Notre avis complet
Note de la rédaction
Comment fonctionne la notation ?
Très solide performance pour les abordables Xiaomi Redmi Buds 8 Pro, qui manquent sans doute d’un argument massue pour s’imposer, mais qui étonnent par leur cohérence. Mis à part une autonomie en berne et une isolation plus que moyenne des voix, les défauts rédhibitoires sont presque absents. Le son est puissant, quoiqu’assez équilibré, l’expérience utilisateur étonnamment complète, et le confort bien présent. Dommage de proposer un design aussi générique.
Face à la concurrence
Proches des FreeBuds 7i sur bien des plans, mais ne partageant heureusement pas leur signature déséquilibrée, les Buds 8 Pro sont globalement supérieurs à la référence Huawei. Pour un tarif un peu plus élevé, les Nothing Ear (3a) apportent quant à eux une touche stylistique et des idées novatrices, mais ne sont pas supérieurs sur tous les plans.
Sous-Notes