Tentative d’escroquerie après un incendie à Hastière : “l’énorme listing du préjudice de la locataire” met la puce à l’oreille des enquêteurs
Un incendie a ravagé une petite habitation du Clos de l'Espinet, le 3 juillet 2020 à Hastière. Cinq personnes sont poursuivies pour faux, usage de faux et tentative d'escroquerie. Et trois d'entre elles pour incendie volontaire.
Un incendie a ravagé une petite habitation du Clos de l'Espinet, le 3 juillet 2020 à Hastière. Une chaufferette électrique laissée allumée en serait à l'origine. Acte accidentel ou volontaire ? La question reste sans réponse encore aujourd'hui.
La locataire de l'époque, absente à l'audience, est poursuivie pour incendie volontaire en compagnie d'un autre membre de sa famille et d'une amie. Mais aussi pour faux, usage de faux et tentative d'escroquerie auprès de l'assurance du bien, à concurrence de 77 000€.
Un bureau d'enquête a été mandaté par la compagnie d'assurances Ethias. "Il a très vite été interpellé par l'énorme listing du préjudice subi par la locataire. On parle de vêtements de luxe comme des sacs Louis Vuitton ou des chaussures Louboutin ainsi que des meubles très coûteux", explique l'avocate de la partie civile. De quoi mettre la puce à l'oreille de ces enquêteurs. "Une facture de 33 000€ émanant d'une menuiserie a par exemple été fournie pour des meubles. Or, cette menuiserie ne fabriquait pas de meubles." Même chose avec une société qui aurait vendu des appareils électros.
Si la partie civile semble convaincue du caractère criminel de l'incendie sur base de divers éléments suspects, ce n'est pas le cas du parquet de Namur, ni de la défense. Le labo, des experts et un chien se sont rendus sur place. Et rien ne permet de conclure à un incendie volontaire.
"En revanche, il n'y a aucun doute sur le fait qu'il y a eu la volonté d'obtenir des montants de la compagnie d'assurances", affirme le parquet de Namur qui requiert des peines de travail et des simples déclarations de culpabilité.
On retrouve également sur le banc des prévenus les gérants de la menuiserie et de la société active dans l'électro qui ont signé ces fausses factures. Le premier faisait défaut. Le second reconnaît avoir signé, sans trop savoir de quoi il s'agissait et plaide son acquittement.
Jugement le 22 octobre.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.