Tensions en mer Caspienne : pourquoi l’Ukraine a tiré sur un navire iranien
L'Ukraine assure que le bateau transportait du matériel militaire russe en direction de l'Iran, ce que Téhéran dément. Volodymyr Zelensky espère convaincre Donald Trump d'adopter une position plus ferme à l'égard de Vladimir Poutine.
Monde. L'Ukraine assure que le bateau transportait du matériel militaire russe en direction de l'Iran, ce que Téhéran dément. Volodymyr Zelensky espère convaincre Donald Trump d'adopter une position plus ferme à l'égard de Vladimir Poutine.
Par Juliette Laffont
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Publié le 27/07/2026 à 12:50
Volodymyr Zelensky à Kiev le 15 juillet 2026.
REUTERS
Voilà plusieurs mois déjà que l'Ukraine accuse la Russie de fournir une aide militaire à l'Iran. Mais ce week-end, c'est une nouvelle étape qui vient d'être franchie : Kiev a tiré sur un navire iranien en mer Caspienne, qui transportait selon elle des composants russes destinés à des drones et des missiles en direction de la République islamique. Téhéran a rapidement démenti, affirmant que la cible n'était qu'un simple navire commercial, et a convoqué le chargé d'affaires ukrainien dans le pays pour lui notifier une protestation officielle. Les autorités iraniennes, qui font état d'un mort et de plusieurs blessés, ont également averti que l'incident ne resterait pas sans réponse.
L'Ukraine s'impose sur un nouveau front
Ces frappes marquent l'implication de l'Ukraine sur un nouveau front, et rappellent une fois de plus combien les deux guerres - en Ukraine et en Iran - sont liées. Dans un message publié sur X samedi, Volodymyr Zelensky a tiré la sonnette d'alarme : depuis le début du mois de juillet, des satellites russes surveilleraient activement les pays du Golfe ainsi que les installations militaires américaines dans la région, avant de transmettre les images recueillies à l’Iran, a-t-il affirmé.
I will instruct our intelligence to share with our partners the information we have regarding Russia’s new assistance to the Iranian regime. Since the beginning of July, we have recorded active Russian satellite surveillance of the Gulf states and U.S. military facilities located…
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) July 25, 2026
Selon le président ukrainien, une "corrélation claire" existe entre ces images satellitaires russes et les frappes iraniennes, qu'il s’agisse de clichés pris avant les attaques, pendant leur préparation, ou après les frappes pour en évaluer les conséquences. Volodymyr Zelensky a également affirmé que, les 19 et 20 juillet, quatre bases aériennes – deux à Bahreïn, une en Jordanie et une au Koweït – figuraient dans la zone d'observation des satellites russes. Un responsable occidental de la défense, cité par The Telegraph, estime que les frappes iraniennes sont devenues nettement plus précises depuis l'échec du cessez-le-feu avec les États-Unis plus tôt ce mois-ci, ce qui viendrait corroborer les affirmations du président ukrainien.
Des affirmations qui sont intervenues au lendemain de garanties fournies par Donald Trump sur le fait que la Russie et la Chine ne fourniraient pas d’armes à l’Iran. Sur son réseau Truth Social, le président américain a même assuré que Vladimir Poutine et Xi Jinping s'y seraient engagés personnellement. "Par conséquent, les deux pays dont on parle souvent au sujet de leur rôle vis-à-vis de l'Iran ne sont, à mon sens, pas impliqués dans cette affaire", a même osé le président américain.
Un message adressé à Donald Trump
Or depuis longtemps, l'Iran fournit à la Russie des drones Shahed utilisés dans la guerre contre l'Ukraine. Désormais, la Russie les équiperait de puissants moteurs à réaction avant de les renvoyer en Iran, où ils seraient destinés à être employés dans le conflit opposant Téhéran aux États-Unis. En mettant en lumière la coopération entre Moscou et Téhéran, Volodymyr Zelensky espère bien convaincre Donald Trump - et plus largement les plus réticents au sein du camp Maga - d'adopter une position plus ferme à l'égard de Vladimir Poutine.
Quelques signes semblent laisser penser que la stratégie fonctionne. A commencer par les propos tenus par l'influenceuse américaine Laura Loomer, figure médiatique proche du mouvement Maga, lors de sa rencontre avec le président ukrainien la semaine dernière à Kiev. Rappelant avoir cru que "l'armée ukrainienne n'était qu'une bande de nazis", elle a "admis être tombée dans la propagande russe". Avant d'aller encore plus loin lorsqu'elle a accusé publiquement la Russie de financer l'Iran et de lui fournir... des explosifs utilisés contre des militaires américains. Le vent serait-il en train de tourner en faveur de l'Ukraine chez les Maga ?