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TÉMOIGNAGES. “Poutine est fou, comme Hitler” : quand les anciens combattants du Gers redoutent que l’histoire se répète

Lors d'une cérémonie à Pavie (Gers), les anciens combattants d'Algérie ont rendu hommage aux 88 victimes gersoises du conflit nord-africain ce lundi 21 septembre. Alors que les tensions entre l'Europe et la Russie s'intensifient, certains de ces vétérans expriment leurs inquiétudes face à la possibilité d'un nouveau conflit, évoquant des souvenirs douloureux et un avenir incertain.

l'essentiel Lors d'une cérémonie à Pavie (Gers), les anciens combattants d'Algérie ont rendu hommage aux 88 victimes gersoises du conflit nord-africain ce lundi 21 septembre. Alors que les tensions entre l'Europe et la Russie s'intensifient, certains de ces vétérans expriment leurs inquiétudes face à la possibilité d'un nouveau conflit, évoquant des souvenirs douloureux et un avenir incertain.

L’hommage des anciens combattants et victimes civiles d’Afrique du Nord s’achève devant le mémorial de Pavie. Les drapeaux se sont inclinés pour les 88 victimes gersoises, tombées lors du conflit entre 1954 et 1962. La cérémonie terminée, on discute entre porte-drapeaux en attendant de partir pour le pot servi à la salle des fêtes de la commune. Quel regard portent ces anciens combattants sur un conflit en gestation, celui qui oppose déjà à bas bruit la Russie à l’Europe, quand ce n’est pas à la France directement ? Entre souvenirs douloureux et refus d’y songer, les réactions sont contrastées.

"Des malheureux des deux côtés"

Beaucoup n’ont pas le cœur à répondre. Ils éludent poliment et s’éloignent, la tête basse. « Je n’ai pas envie de parler de tout ça… » L’un de ces silencieux admet qu’il ne veut pas voir la tension actuelle dégénérer en conflit ouvert. « On a tous l’âge d’avoir des petits-enfants, ici. Imaginez qu’ils subissent tout ça un jour, comme nous, non, c’est pas possible. »

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« La guerre, ça fait que des malheureux, et des deux côtés, confie Jean-Claude Hygonnenq, la mine soucieuse. Ce matin, j’ai entendu qu’il y avait 140 conflits dans le monde, en ce moment. Je ne sais pas si les gens n’ont pas appris… » Les tensions avec la Russie lui paraissent très inquiétantes. « Pour l’instant, ça s’arrête là, mais bon, est-ce que ça ne va pas s’amplifier ? Moi qui ai combattu, ça me gêne beaucoup qu’il y ait encore des conflits avec tout ce qu’on a connu. Mais qu’y faire ? À notre niveau, on ne peut rien dire. »

Beaucoup d'anciens combattants ne veulent pas raviver le souvenir douloureux de la guerre.
Beaucoup d'anciens combattants ne veulent pas raviver le souvenir douloureux de la guerre. DDM - MC

"Qui a la solution ?"

Plus loin, M. Colomes roule son drapeau tout en quittant le mémorial, direction la salle des fêtes de Pavie. L’ancien combattant fait un peu la grimace quand on lui parle des menées dans la Russie sur le sol européen, et de son ingérence dans les affaires françaises. « Je peux vous dire : Chacun se démerde comme il peut, plaisante cet ancien de la guerre d’Algérie. On peut sûrement faire quelque chose. Il faut les arrêter, mais qui a la solution ? »

Près de lui, André Bagean secoue la tête. Droit comme un i à 89 ans, l’ancien combattant rumine. « Il n’y a qu’à éliminer Poutine et puis ça s’arrête », lâche le retraité, le visage impassible.

"Ce Poutine est fou, il est comme Hitler…"

Né en 1937, il garde vivace le souvenir d’une autre guerre que celle d’Algérie, où il a pourtant combattu pendant 30 mois. « En 1937-1938, ça a commencé comme ça, puis en 1939, c’est parti. Regardez les hausses de prix qu’il y a sur le manger, sur le carburant, sur tout ! »

Plutôt pessimiste, André observe une mécanique toute semblable à ses yeux entre deux moments de l’Histoire. « Ça commence par là, à l’Est. Et après ça va progresser ailleurs et ça va repartir comme à l’époque. Les nations n’arrivent pas à s’accorder. Malheureusement pour les jeunes, je ne vois pas comment on pourra y échapper. Ce Poutine est fou, il est comme Hitler… »

Michel est plus jeune, mais son analyse n’est guère différente. « Je ne sais ce qu’il faut dire aux gens pour qu’ils comprennent. Les Russes, moi, j’ai rien contre eux, vous savez. Je crois qu’ils ne savent rien de ce qui se passe vraiment chez eux. On leur a toujours menti. Mais est-ce que ça les empêchera d’aller plus loin ? Je ne suis pas sûr. On dirait que la guerre, ça ne veut plus rien dire pour personne. »