TÉMOIGNAGES - “Je ne veux pas vivre dans la peur” : des rassemblements en France après l’attentat dans les Yvelines - ICI
Des centaines de personnes se sont rassemblées lundi soir dans plusieurs villes en France, et notamment à Paris, Rouen, Strasbourg ou encore Montpellier, en hommage aux victimes de l'attentat raciste dans les Yvelines vendredi.
Publié le lundi 26 octobre 2026 à 21h40 Mis à jour le lundi 26 octobre 2026 à 23h10
Des centaines de personnes se sont rassemblées lundi soir dans plusieurs villes en France, et notamment à Paris, Rouen, Strasbourg ou encore Montpellier, en hommage aux victimes de l'attentat raciste dans les Yvelines vendredi.
Des centaines de personnes se sont rassemblées ce lundi soir notamment à Paris, Lyon, Marseille ou encore Tours, en hommage aux victimes de l'attentat raciste de Trappes (Yvelines) vendredi. Kévin T., 39 ans, auteur présumé des faits, a tué une personne, Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine africaine, et en a blessé cinq autres gravement vendredi dans les Yvelines.
À Paris, derrière des pancartes clamant "Non à la haine de l'autre, oui à la démocratie", plus d'un millier de personnes se sont rassemblées dans le nord de la capitale selon l'AFP, en présence notamment du candidat social-démocrate à l'élection présidentielle Raphaël Glucksmann et du premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.
"Il avait toute la vie devant lui"
Dans la foule du rassemblement rochelais, Morgane est venue rendre hommage à Pengo Bossio Wangi qu'elle a connu durant son enfance passée dans les Yvelines. "On était dans le même collège et on a grandi dans le même village", confie-t-elle à ICI La Rochelle. "On s'est perdu de vue, mais je me souviens de quelqu'un de très bien, de très souriant, qui avait toute la vie devant lui. C'est terrible, aujourd'hui on meurt parce qu'on est d'une certaine origine ou d'une certaine couleur de peau. Évidemment, les discours politiques de l'extrême droite alimentent la haine, et tout ça a un impact".
Malgré la pluie à Rouen, environ 150 personnes ont répondu présent pour dénoncer le racisme, selon ICI Normandie. "Cela m'a fait beaucoup de mal", témoigne sur ICI Normandie Rosa, une adolescente de 13 ans franco-guinéenne, particulièrement choquée par l'attentat raciste. "Je ne comprends pas comment des êtres humains peuvent faire ça à d'autres êtres humains", regrette-t-elle. "Je me dis que la petite fille qui a été blessée aurait pu être moi. Je trouve ça injuste et j'ai peur. Je n'ai pas envie de grandir dans cette France-là. Je ne veux pas vivre dans la peur". Mais ce rassemblement, selon elle, la rend fière : "Cela me donne de l'espoir d'avoir vu d'autres jeunes ici", confie-t-elle. "Il faut continuer à se battre tous ensemble."
"Ma fille a 10 ans, sa meilleure amie est noire et ça aurait pu être elle. Elle aurait pu recevoir cette balle", témoigne une manifestante à Strasbourg auprès d'ICI Alsace, où plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en début de soirée.
Dans la Drôme, plus de 800 personnes se sont rassemblées à Valence, comme à Crest, Die et Romans-sur-Isère, selon ICI Drôme Ardèche. "C'est important d'être là pour montrer qu'on est solidaires", a confié Charles au micro d'ICI. Martine, encore secouée par l'attentat, juge cela "complètement inhumain". "J'ai trouvé ça vraiment horrible que quelqu'un s'attaque à des personnes à cause de leur couleur de peau ou de leurs origines", explique-t-elle. "Ça veut dire qu'il y a des gens qui considèrent que les humains ne sont pas tous égaux."
"Le racisme n'est pas un fait divers"
À Tours, au moins 400 personnes se sont réunies sur le parvis de l'Hôtel de Ville, rapporte ICI Touraine. "Le racisme n'est pas un fait divers. Lorsqu'il y a un acte raciste, cela doit entrainer une mobilisation de la société", a insisté le président de SOS Racisme, Dominique Sopo. "Ce qui se passe est extrêmement grave, avec l'islamophobie qui se développe et l'extrême droite qui attise le feu", a abondé Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l'Homme (LDH), estimant par ailleurs que "le gouvernement ne calme pas le jeu".
"Il ne faut pas laisser la parole raciste libre, il faut qu'elle soit contestée partout", selon Jean-Claude Cluzel, membre du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), sur ICI Auxerre. À Amiens, 300 personnes se sont rassemblées devant la mairie, a constaté ICI Picardie, tandis que 250 personnes étaient rassemblées au Mans, selon ICI Maine.
À Laval, entre 200 et 300 personnes se sont réunies devant la mairie à l'appel d'associations, de syndicats et de partis politiques. "Ce qui est arrivé à Trappes peut arriver à Laval", s'est inquiété Lancinet Camara, président de l'association Accueil & Espoir 53, sur ICI Mayenne. "Le raciste ne se cache plus, il est à visage découvert, ne cache plus sa haine, dans les médias, dans les réseaux sociaux. Les Français qui sont pour l'égalité, la fraternité, la solidarité, doivent se donner la main pour barrer la route à l'extrême droite".
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