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TÉMOIGNAGES - “C’est inimaginable”, racontent les évacués de l’incendie de Gironde - ICI

Plus de 220.000 personnes ont été évacuées à cause de l'incendie en Gironde, qui a ravagé 42.000 hectares depuis mercredi. Plusieurs habitants qui ont dû abandonner leur maison témoignent sur ICI. Parmi les vacanciers, nombreux sont aussi ceux qui ont vu partir en fumée des décennies de souvenirs.

Publié le lundi 27 juillet 2026 à 12h53

Plus de 220.000 personnes ont été évacuées à cause de l'incendie en Gironde, qui a ravagé 42.000 hectares depuis mercredi. Plusieurs habitants qui ont dû abandonner leur maison témoignent sur ICI. Parmi les vacanciers, nombreux sont aussi ceux qui ont vu partir en fumée des décennies de souvenirs.

"Ma famille est là depuis 1690 au Porge, donc c'est l'histoire entière d'une commune", raconte dans un sanglot Laure, évacuée à Lacanau, au micro d'ICI Gironde. Sa maison a été entièrement détruite, comme 20% des habitations de la commune de 3.500 habitants, selon le maire. C'est tout près, à Saumos, que l'incendie de Gironde s'est déclaré mercredi, provoquant l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce dimanche, la préfète de Gironde a prévenu qu'il n'y aurait "pas de retour" des évacués tant que le feu ne serait pas fixé.

"La maison n'est plus là"

"C'est horrible, tout a brûlé", se désole Laure. Son voisin lui a montré une photo du lieu où se trouvait sa maison. "C'était bizarre car sur la photo on ne voyait rien, car la maison n'était plus là. C'est inimaginable. On ne peut pas y revenir. Mais quand on va arriver, la réalité va nous sauter dessus, c'est ce que je redoute." L'habitante du Porge tente toutefois de relativiser : "Notre famille et nos amis sont en sécurité, il n'y a pas eu de blessés, c'est le principal. Porgeais un jour, porgeais toujours ! On va y arriver, on se remettra debout."

Le maire du Porge, Martial Zaninetti, décrit "un paysage catastrophique", "des ruines et de la fumée, quelque chose de complètement gris". Toutes les maisons en périphérie sont parties en fumée. "Quelques habitants" dont la maison est détruite "sont là pour aider", en plus "des bénévoles et du personnel" de la ville. "Ils sont effondrés, mais malgré tout, ils sont à la tâche."

"On est SDF"

Mathieu Plessis, justement, est revenu vendredi sur les lieux. "C'est de la désolation", souffle le quadragénaire, en découvrant les ruines encore fumantes de sa maison au Porge, "je vois la maison de mes ancêtres, ma grand-mère est née dans la maison, il n'y a plus rien." Fabricant de vélo électrique, il constate que son outil de travail est parti en fumée. "Là il y avait une grange, je suis mécanicien, il y avait un pont élévateur, il y avait tout mon atelier de mécanique, les voitures, il n'y a plus de voitures. On a sauvé le tracteur, c'est déjà pas mal", ironise-t-il. "D'un point de vue psychologique c'est compliqué, d'un point de vue financier on ne sait pas comment ça va se passer non plus, et en attendant on est SDF".

Situation encore plus difficile à vivre pour les personnes âgées

Parmi les évacués, il y a des personnes plus fragiles que d'autres. C'est le cas des personnes âgées. Certains résidents d'Ehpad "ont passé plus de 24h" au Parc des Expositions de Bordeaux, a affirmé ce dimanche sur franceinfo Alexandra Penin, présidente de la Fédération des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (FNADEPA) de Gironde. La situation devient difficile à vivre. "La chaleur est importante, il fait plus de 33 degrés, il n'y a pas de ventilateur", assure Alexandra Penin. "On a des résidents qui ne vont pas très bien ce soir". La coordination des évacuations est complexe et beaucoup de résidents "sont évacués très loin" de leur établissement.

Un sourire tout de même au coeur de la catastrophe : Perrine a été évacuée du Porge avec son petit chat de 4 mois. "Les animaux, on ne peut pas les laisser derrière", assure la jeune fille, qui trouve aussi "du réconfort" dans la présence de son animal.

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"La voiture était à l'arrêt, j'avais peur" : l'angoisse des vacanciers qui fuient la région

Parmi les "évadés du feu", il y a aussi des touristes venus passer leurs vacances dans le Sud-Ouest, qui ont dû quitter précipitamment les lieux. Yolande, une Nordiste de 70 ans, était dans un camping du Cap-Ferret avec ses petits-enfants de 12 ans, 10 ans et 6 ans. Ils ont fait partie des premiers à fuir les incendies : "L'alarme a retenti et les hélicoptères de la gendarmerie sont arrivés, là on a vu que c'était juste à côté". Elle se souvient des agents du camping qui "faisaient une grande croix sur les mobiles homes pour dire qu'il n'y avait plus personne". La petite famille a rapidement tenté de sortir du camping en empruntant la sortie principale. Mais il y avait trop de monde, "la voiture était à l'arrêt à l'intérieur du parc, j'avais peur". Ils ont finalement trouvé un autre chemin et pris la route du retour. Yolande se rappelle encore de ses petits-enfants, muets, dans la voiture sur le retour : "Ils étaient épuisés, on ne les entendait pas".

Certains vacanciers sont des habitués, comme Séverine, une habitante du Loiret, qui fréquente depuis plus de 40 ans le camping du Grand Crohot à Lège-Cap-Ferret. '"J'ai l'impression que ce sont 40 ans de souvenirs qui sont partis en fumée", témoigne-t-elle sur ICI Orléans, "dans ce camping, tout le monde se connait, on se retrouve tous les ans. Mes filles, elles y vont depuis qu'elles sont nées. Le fait de tout perdre, le lieu, les souvenirs, c'est terminé, ce ne sera plus pareil".

Les vacanciers partagent la détresse des habitants des zones sinistrées, comme ces Mosellans qui ont dû quitter leur camping du Grand Crohot, un site qu'ils connaissent depuis plus de 20 ans. "On connait bien les gérants qui ont repris le camping de la maman et du tonton. Ce sont des gens d'une quarantaine d'années, comme nous. On pense très fort à eux : nous, on retrouvera notre maison quand on rentrera. Mais eux, ce camping, c'est toute leur vie. On a le cœur lourd aujourd'hui." racontent-ils à ICI Lorraine.

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