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TÉMOIGNAGE. “On paie des charges pour un service fantôme” : au 6e étage d’un HLM, le calvaire d’une retraitée piégée par un ascenseur en panne

Cinq pannes en six mois, des chutes dans les escaliers et des semaines d'abandon... À Albi, Claudine, 76 ans, vit un calvaire quotidien au 6e étage d'un HLM dont l'ascenseur est tout le temps hors service. Avec sa santé fragile, chaque déplacement devient une prise de risque physique. Face à la résignation du bailleur social et aux délais d'attente interminables, la septuagénaire ne peut plus compter que sur l'entraide du voisinage. Plongée dans un scandale du

l'essentiel Cinq pannes en six mois, des chutes dans les escaliers et des semaines d'abandon... À Albi, Claudine, 76 ans, vit un calvaire quotidien au 6e étage d'un HLM dont l'ascenseur est tout le temps hors service. Avec sa santé fragile, chaque déplacement devient une prise de risque physique. Face à la résignation du bailleur social et aux délais d'attente interminables, la septuagénaire ne peut plus compter que sur l'entraide du voisinage. Plongée dans un scandale du quotidien.

Le bouton d’appel reste désespérément éteint. Pour Claudine, 76 ans, ces quelques centimètres de plastique inerte scellent le début d'une nouvelle peine ferme à domicile. C'est une mauvaise surprise devenue banale pour les résidents. Ce 23 juillet est un jour comme les autres, Claudine rentre dans son immeuble de Cantepau, à Albi. Lorsqu'elle appuie sur le bouton d'appel de l'ascenseur, rien ne se passe. Pas de son. Pas de lumière. Rien. Elle reste désespérée devant un scénario qu'elle connaît déjà trop bien : l'ascenseur est en panne. Un vrai problème pour cette retraitée qui habite au 6e étage.

"À force, ça devient usant. On paie des charges pour un service qui n'est pas de qualité", s'agace-t-elle. D'après Tarn Habitat, en charge de la gestion de l'immeuble, une surtension aurait fait griller la carte électronique de l'appareil. Dès la panne constatée, la retraitée ne se prive pas de contacter le prestataire ascensoriste.

5 pannes en 6 mois

"Au départ, on m'a annoncé qu'il serait réparé sous une semaine, puis deux de plus, pour au final m'annoncer la date du 31 août." Un délai inimaginable pour la résidente. "À mon âge, je ne peux pas grimper six étages tous les jours. Alors, comment je fais ?", s'exclame-t-elle.

Tarn Habitat affirme que les retards de livraisons, fréquents en période estivale, sont responsables de cette attente, même en ayant commandé la pièce défectueuse dès la notification du problème.

Une explication que Claudine peine à comprendre. Et pour cause, ce n'est pas la première fois qu'elle connaît cette situation. À force, elle a même commencé à tenir un journal de bord répertoriant toutes les défaillances de l'unique ascenseur de l'immeuble. "Cette année, il a été en panne, le 31 janvier, le 7 et le 16 février, une fois en avril et ce 23 juillet", énumère-t-elle.

Pourtant, elle affirme que l'appareil a déjà été remplacé une fois. Mais le problème perdure. Pour cette panne prolongée, Claudine ne peut pas se permettre de mettre sa vie sur pause un mois entier : il y a les courses, les visites médicales... les allers-retours sont inévitables. Avec ses soucis de santé, la tâche se transforme en parcours du combattant.

"Je ne sais pas ce que je ferais sans eux"

"Dès que je monte, j'ai du mal à respirer et je peine à tenir sur mes genoux", explique-t-elle. Elle chute plusieurs fois dans les escaliers, mais s'en sort sans blessures graves. Lorsqu'elle part faire ses courses, prévoir pour la semaine ne suffit plus. "Il faut que je fasse des stocks pour éviter au maximum d'y retourner."

Heureusement, elle peut compter sur ses voisins du premier étage qui se portent volontaires pour lui amener ses achats jusque devant sa porte. "Ils sont vraiment gentils, ça me laisse le temps de monter à mon rythme. Je ne sais pas ce que je ferais sans eux", raconte la retraitée.

Impossible pour Tarn Habitat de réussir à expliquer ces pannes à répétition. Le bailleur social affirme avertir ses résidents lorsque des défaillances de longue durée surviennent, comme celle-ci, grâce à des affichages et des SMS envoyés dès qu'elle est notifiée. Mais aucun dédommagement n'est prévu. Après avoir contacté l'entreprise, La Dépêche du Midi a appris la réhabilitation du monte-charge ce mercredi 19 août.