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Témoignage. « Je suis trop mal dans ma peau » : Anne-Laure regrette l’échec de sa chirurgie réparatrice

Anne-Laure pensait en avoir enfin fini avec ce combat qu’elle mène depuis toute petite : celui contre l’obésité. En décembre 2014, à 25 ans, elle réalise une sleeve puis, un an après, en décembre 2015, un by-pa...

Anne-Laure pensait en avoir enfin fini avec ce combat qu’elle mène depuis toute petite : celui contre l’obésité. En décembre 2014, à 25 ans, elle réalise une sleeve puis, un an après, en décembre 2015, un by-pass, deux interventions dans lesquelles l’estomac est fortement réduit, pour permettre une perte de poids importante. Une opération lourde qui transforme sa vie et son quotidien. Anne-Laure perd beaucoup de poids, plusieurs dizaines de kilos. Même si l’objectif de poids est atteint, cette chirurgie bariatrique a affecté son corps et son moral. Elle enchaîne les complications à la suite de ces opérations ainsi que des bouleversements dans sa vie personnelle, ce qui rend cette période très difficile à traverser.

Comme souvent après un amaigrissement massif, Anne-Laure se retrouve avec un excès de peau et de graisse important. Pour retrouver de la confiance en soi et une image positive de son corps, elle décide de passer par une abdominoplastie, qui est une chirurgie réparatrice régulièrement réalisée après ces opérations. Elle a dû toutefois attendre plusieurs années pour pouvoir bénéficier de cette chirurgie, à cause des complications à la suite des opérations précédentes. Habitant à Beaune (Côte-d'Or), elle est opérée au CHU de Dijon en juin 2023. « La chirurgienne m’explique qu’en une seule opération, elle devrait m’enlever tout le surplus. J’avais vu des photos et des vidéos, des avant/après, le résultat était bluffant », se souvient-elle. À 34 ans, un peu moins de 10 ans après les premières interventions, elle touche son rêve du bout des doigts pour se sentir enfin bien dans son corps. « L’opération s’est très bien passée et le personnel hospitalier était aux petits soins. Au début, le résultat était vraiment bien », raconte-t-elle.

Mais au bout de quelques semaines, son corps se transforme de nouveau, la peau ne se tend pas comme elle devrait. « La chirurgienne n’avait pas enlevé tout l’excès de peau et de graisse. Mon ventre n’est pas resté plat et le résultat n’était pas du tout celui qui était attendu et que j’espérais. J’étais très déçue », poursuit-elle. À la déception de l’opération s’ajoute celle du suivi médical par sa chirurgienne. « Je ne sais pas si l’opération a été ratée ou si elle était trop ambitieuse, mais le dialogue avec elle était bloqué, je ne me sentais pas écoutée, pas comprise, on ne m’apportait pas de solution. La confiance dans la relation patient/médecin était rompue », lâche-t-elle.

Une seconde opération à 18 000 euros

Anne-Laure consulte alors d’autres spécialistes, à Dijon, à Lyon et à Paris et enchaîne les examens. Le verdict tombe : il lui reste encore environ 2,5 kilos de peau et cinq litres de graisse (soit environ quatre kilos) à enlever avant de retrouver un corps correspondant à sa perte de poids. Anne-Laure envisage alors une nouvelle opération, mais si la première a été prise en charge dans le cadre de son parcours contre l’obésité, une seconde opération ne l’est pas. « Je vais devoir passer par une reprise de mon abdominoplastie, un bodylift du dos pour enlever la peau et la graisse qu’il y a en trop en haut du dos et un lifting de ma poitrine. Selon les devis, je vais devoir débourser entre 10 000 et 18 000 euros », détaille-t-elle. Une somme considérable, d’autant que depuis ces opérations, le corps d’Anne-Laure n’a pas réussi à récupérer et elle a été reconnue comme travailleuse handicapée et ne peut plus travailler normalement. Pourtant, elle sait qu’elle ne pourra pas passer à côté de cette nouvelle opération. « Je n’ai pas le choix, je suis trop mal dans ma peau. Mon combat contre l’obésité n’est pas terminé », souffle-t-elle.

Avec le recul, elle ne regrette pas sa perte de poids, mais elle regrette les complications et le manque de suivi psychologique. « Les séquelles sur mon mental et mon physique sont lourdes. Ça m’a coûté mon couple. Il ne faut pas croire que c’est la solution de facilité, surtout quand on est obèse depuis toute petite. Quand on a tout tenté, qu’on se fait insulter depuis petite, je devais faire quelque chose. Ce que je regrette, c’est la chirurgie réparatrice qui a été ratée. Quand on regarde mon corps aujourd’hui, c’est choquant. Ce n’est pas normal », déplore la Bourguignonne. Elle espère pouvoir effectuer cette dernière chirurgie réparatrice en 2027 ou en 2028, en attendant que son corps soit prêt et qu’elle puisse la financer. Elle devra dépasser son appréhension pour retourner au bloc opératoire. « J’espère un jour enfin me trouver jolie et apprécier mon corps », souffle Anne-Laure.