Témoignage. « Je pensais être trop vieille pour lui » : Marie s’apprête à épouser Guillaume, de 20 ans son cadet
À première vue, Marie et Guillaume n’avaient pas grand-chose d’un couple évident. Elle a 50 ans, lui 30 ans. Elle vit près de Feurs, dans la Loire, lui à Embrun, dans les Hautes-Alpes. Quatre cents kilomètres l...
À première vue, Marie et Guillaume n’avaient pas grand-chose d’un couple évident. Elle a 50 ans, lui 30 ans. Elle vit près de Feurs, dans la Loire, lui à Embrun, dans les Hautes-Alpes. Quatre cents kilomètres les séparent. Et lorsqu’ils se rencontrent, Marie est loin d’imaginer qu’un jour elle épousera cet homme bien plus jeune qu’elle. Tout commence pourtant autour d’une passion commune : les jeux. En 2023, un ami de Marie, Ludo, rencontré dans cet univers, lui propose de participer à un festival à Vichy. Petit à petit, ils construisent un groupe de passionnés. Deux ans plus tard, Guillaume entre à son tour dans ce cercle de joueurs. Il vient de se séparer et rejoint progressivement le groupe d’amis de Marie. Ils se croisent lors de festivals, partagent des parties, des événements, des moments entre copains.
À cette époque, Marie est en couple. Elle ne voit pas Guillaume autrement que comme un ami. « J’étais à mille lieues d’imaginer qu’il pouvait se passer quelque chose entre nous. Et puis il avait presque l’âge de mon fils ! », assure-t-elle. Pourtant, la vie va rebattre les cartes. Marie se sépare et traverse une période particulièrement difficile, marquée notamment par un accident et un cancer. Guillaume, qui a suivi ses épreuves de loin, reste dans son entourage. Un an après leur première rencontre, alors qu’elle est désormais célibataire, il fait le premier pas. Pourtant, à ce moment, Marie est pleine de doutes à propos de cette possible relation : « Je pensais être trop vieille pour lui, ne pas l’intéresser. » À l’écart d’âge s’ajoute une autre difficulté : la distance. Environ 400 kilomètres les séparent. Qu’importe, ils décident d’essayer pour ne pas avoir de regrets.
Pendant un an, leur relation se construit au rythme des retrouvailles. Ils se voient environ tous les 15 jours et compensent les kilomètres avec beaucoup d’appels et de messages. « On a vraiment appris à se connaître à distance. On dormait ensemble la nuit en visio, c’était quelque chose de très fort », se souvient Marie. Cette période, loin de fragiliser leur histoire, leur permet finalement de prendre le temps de se découvrir. Et chacun doit aussi apprendre à faire une place à l’autre dans une vie déjà bien installée.
« Il ne va pas gâcher sa vie »
Pour Guillaume, leurs 20 ans d’écart ne sont pas un sujet. Marie, elle, y pense beaucoup et l’empêche de se projeter dans un avenir avec lui. « J’avais des animaux, un magasin de jeux, je ne pouvais pas bouger. Je me suis dit : “Il ne va quand même pas me rejoindre, il ne va pas gâcher sa vie”. » Elle pense aussi au temps qui passe. « Je me disais aussi “quand j’aurai 70 ans, lui en aura 50, comme moi aujourd’hui, et il sera en forme. Mais est-ce que ce sera mon cas ?” », s’interroge-t-elle.
Mais Guillaume arrive à rassurer Marie et leur histoire a avancé à une vitesse qu’elle-même n’aurait probablement pas imaginé ces derniers mois. Les deux tourtereaux se sont pacsés en mars. Fin juin, Guillaume a quitté Embrun et est venu s’installer auprès de Marie, dans la Loire. Après des mois à compter les kilomètres et les jours avant de se retrouver, ils découvrent enfin la vie quotidienne à deux. « On travaille ensemble, on vit ensemble… Maintenant, on est tout le temps fourrés ensemble, on fait tout ensemble, on ne se quitte plus », raconte-t-elle.
Leur passion commune pour les jeux devient même le cœur de leur nouvelle vie. Marie avait déjà une boutique dédiée. Ensemble, ils ont développé une extension au magasin en créant un café-bar à jeux. Le couple partage désormais presque tout : le logement, le travail, les projets. Et bientôt, leur mariage, puisqu’ils se diront oui à la mi-septembre. Un virage à 360 degrés dans leur vie qui amuse Marie : « Je n’avais certainement pas prévu de terminer ma 50e année en épousant un homme de 20 ans mon cadet… surtout avec son manque évident de poils et de gras ! », plaisante-t-elle.
Ne pas tenir compte du regard des autres
L’écart d’âge n’est plus un sujet dans leur couple, même si les regards extérieurs peuvent parfois leur rappeler brutalement cette différence. Marie en a déjà fait l’expérience avec des connaissances qu’elle n’avait pas vues depuis longtemps. « Elles ont découvert Guillaume au magasin et disaient : “Ah, mais c’est ton fils, c’est ton grand ?” Ben non, c’est mon futur mari… » Les parents de Marie se montrent inquiets face à cette prochaine union. Sa mère notamment ne croit pas que leur couple puisse durer. Avec ses enfants, âgés de 26 et 24 ans, les discussions sont également compliquées.
Mais elle refuse de laisser les doutes et réflexions des autres décider de son histoire. Dans quelques jours, elle épousera Guillaume. Et son mariage aura une valeur particulière pour celui qui l’a rendu possible : Ludo, l’ami grâce auquel ils se sont rencontrés, sera son témoin. « C’était une évidence. Sans lui, cette rencontre n’aurait jamais pu avoir lieu ; »
Avec le recul, Marie ne voit plus les 20 ans d’écart comme un obstacle. Leur relation s’est construite autrement, avec ses propres règles, son propre rythme. « Les autres mettent des chiffres là où, nous, nous voyons simplement deux personnes qui se sont trouvées. Une relation n’a pas besoin de rentrer dans les bonnes cases pour être la bonne », résume-t-elle.