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“Ted Lasso”, sur Apple TV+ : la saison 4 ne serait rien sans ces cinq femmes

La plus drôle et tendre des séries sur le foot revient sur Apple TV+ pour une nouvelle saison, dominée par les femmes… Cette fois-ci, une équipe féminine entre en jeu. Un shoot grisant d’héroïnes.

La plus drôle et tendre des séries sur le foot revient sur Apple TV+ pour une nouvelle saison, dominée par les femmes… Cette fois-ci, une équipe féminine entre en jeu. Un shoot grisant d’héroïnes.

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Alice Chilton (Tanya Reynolds) dans la saison 4.

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Alice Chilton (Tanya Reynolds) dans la saison 4. Photo Colin Hutton/Apple TV

Par Marion Michel, Marjolaine Jarry

Publié le 08 août 2026 à 06h55

Ils s’étaient auto-baptisés les « méchants ». On aura l’indulgence de ne pas rappeler la fin de l’histoire, mais les Bleus auraient été bien inspirés de prendre pour modèles les footeux de Ted Lasso, ces « gentils » qui ont prouvé, au long de trois saisons, que le collectif, l’échange et la (vraie) bienveillance, ça paye au score.

De retour pour un nouveau chapitre, la création de Jason Sudeikis (alias coach Lasso) en compagnonnage avec le scénariste Bill Lawrence (chantre de la gentillesse déclinée sur tous les tons, de Scrubs à Shrinking) garde son credo, tout en renouvelant son casting : notre incorrigible optimiste d’entraîneur se charge désormais de l’équipe féminine de Richmond. On le sait bien : Ted Lasso est, depuis ses débuts, une série féministe. Ou comment narrer les aventures d’une bande de garçons en crampons, tout en installant aux postes clefs un duo de femmes puissantes : Rebecca, présidente du club, et Keeley, responsable des relations publiques.

Découvrir la note et la critique

“Ted Lasso” saison 4 : notre coach préféré est de retour et ça fait du bien au moral !

Avec l’arrivée des joueuses, la donne numérique s’inverse et les représentations se diversifient. À l’heure où les genres déterminent plus que jamais la polarisation idéologique de nos sociétés, on se prend même à rêver d’un monde où masculin et féminin pourraient se conjuguer au pluriel, sans qu’aucun ne l’emporte. Car, au pays de Ted Lasso, les hommes verbalisent leurs émotions et les femmes tapent dans le ballon. En ces temps plutôt flippants, cela mérite bien une ola.

Rebecca : la capitaine qui mouille le maillot

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Rebecca Walton (Hannah Waddingham).

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Rebecca Walton (Hannah Waddingham). Photo Colin Hutton/Apple TV

Elle est la « boss ass bitch » de l’équipe (on se garde de traduire), c’est ainsi qu’elle signe ses mails. Rebecca Welton, la présidente de l’AFC Richmond, tient de l’extraordinaire : la quarantaine passée, une carrure monumentale, un regard qui vous glace le sang, une élégance impériale et… une psychologie bien plus complexe qu’il n’y paraît. D’abord guidée (aveuglée) par la vengeance, elle engage Ted, novice dans l’art du soccer, avec l’espoir qu’il coule le club cher à son ex-mari, le détestable Rupert Mannion. Elle revient à l’empathie grâce à sa nouvelle meilleure amie, Keeley Jones, ose une aventure avec un joueur d’au moins dix ans son cadet et finit même par aimer le football (!). Incarnée corps et voix par la flamboyante Hannah Waddingham — il n’y a qu’une pro de Broadway comme elle pour chanter « Libérée, délivrée » ainsi —, Rebecca Welton, ex-femme blessée, s’émancipe d’épisode en épisode. Cette saison manque de la faire tomber de son piédestal quand la jeune coach Chilton lui reproche son manque de conscience féministe. Ni une ni deux, la boomeuse se plonge dans la biblio de bell hooks…

Keeley : la WAG devenue numéro 10

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Keeley Jones (Juno Temple).

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Keeley Jones (Juno Temple). Photo Colin Hutton/Apple TV+/Ruby's Tuna/Universal Tele/Doozer/Warner Bros. Tele

Quand la moutarde vous monte au nez, répétez ceci tel un mantra : « Joue-la comme Keeley Jones. » C’est simple, voici la bonté faite femme. Sans arrière-pensée, Keeley Jones voit le meilleur en chacun de nous. Le transcende. Et désarme les tensions d’une simple attention, ce qui est tout à fait… désarmant, justement. Quand on fait sa rencontre, la starlette méchée jouée par Juno Temple a tout de la bonne WAG (acronyme de « wives and girlfriends », utilisé outre-Manche pour désigner les compagnes des athlètes), mannequin « célèbre pour être presque célèbre », à la fois supportrice et agente de son footballeur de boyfriend, ce bellâtre de Jamie Tartt. Mais la poupée a de l’esprit et sait y faire. Sa rencontre avec la patronne de l’AFC Richmond est un coup de cœur, transformée en amitié fusionnelle et en aventure professionnelle. Portée par le soutien indéfectible de Rebecca, Keeley s’épanouit en gérant l’image du club et fédère l’équipe, jusqu’à devenir la doublure du coach Lasso, qui parfois perd la main… Ce duo de femmes-là, coéquipières et amies, ne tombe jamais dans le piège scénaristique de la jalousie ou de la chamaillerie. C’est l’une des plus grandes réjouissances de la série.

L’ex : le tacle fondateur par lequel tout commence

Michelle Lasso (Andrea Anders).

Michelle Lasso (Andrea Anders). Photo Colin Hutton/Apple TV

On la connaît à peine, mais si Ted a quitté son Missouri et les terrains de foot US pour devenir coach de soccer dans le quartier londonien de Richmond, c’est à cause de Michelle (Andrea Anders), son épouse, qui souhaitait prendre du recul… Perdu dans ce maelstrom sentimental, l’époux dévoué a tenté d’aller voir ailleurs s’il y était. Elle a demandé le divorce, il est rentré, en fin de saison 3, à Kansas City. Cette fois, c’est elle qui accepte de le suivre en Angleterre, avec leur fils, Henry, dont ils se partagent la garde. Gageons qu’elle sera, une fois encore, la faiseuse de matchs.

La psy : la pause fraîcheur qui retourne le match

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Sharon Fieldstone (Sarah Niles).

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Sharon Fieldstone (Sarah Niles). Photo Colin Hutton/Apple TV

« La vérité vous libérera, mais d’abord, elle vous mettra en colère. » Il faut attendre l’entrée en jeu de la psychothérapeute Sharon Fieldstone (Sarah Niles), en début de saison 2, pour que Ted perde son inamovible sourire. Ouf, ce type est humain. Leur rencontre (amenée à se prolonger dans cette nouvelle saison) lui offre une chance de mettre sur la table le traumatisme d’enfance qui le hante. Exigeante et réconfortante, Sharon l’encourage à la seule confrontation qui peut changer les choses sur le terrain : celle avec soi-même…

L’entraîneuse et son équipe : les nouvelles venues qui égalisent

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Alice Chilton (Tanya Reynolds).

Ted Lasso (Jason Sudeikis) et Alice Chilton (Tanya Reynolds). Photo Colin Hutton/Apple TV

Elle tire la tronche et on la comprend. En cette saison 4, la coach Chilton (Tanya Reynolds), qui s’occupait jusque-là des footballeuses, voit Ted débouler pour prendre le poste auquel elle aurait aimé pouvoir prétendre. Son amertume et sa lucidité offrent l’occasion de porter un autre regard sur Ted, lequel a accepté la place qu’on lui offrait sans se questionner outre-mesure sur les ambitions de Chilton… S’il réussit à la convaincre de devenir son assistante sur le gazon, on attend avec impatience de suivre la trajectoire de celle-ci (au-delà des quatre premiers épisodes envoyés à la presse). En attendant, on savoure la mise en place des personnalités dont ils ont la garde partagée : la gardienne de but dure à cuire, les sœurs jumelles qui se bastonnent, les attaquantes qui méprisent les défenseuses… En présence d’un ballon, les femmes seraient-elles des hommes comme les autres ?

Ted Lasso, saison 4 en dix épisodes. Sur Apple TV+.

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