Tarn. « L’heure est au recueillement » : pour les proches de Delphine Jubillar, la fin d’une longue attente
« L’heure est plus encore qu’avant au respect et au recueillement. » Me Laurent de Caunes n’en dira pas plus. Il y a quelques jours, l’avocat des deux frères et de la sœur de Delphine Aussaguel parlait d’un « e...
« L’heure est plus encore qu’avant au respect et au recueillement. » Me Laurent de Caunes n’en dira pas plus. Il y a quelques jours, l’avocat des deux frères et de la sœur de Delphine Aussaguel parlait d’un « espoir triste » pour ses clients, né des aveux de Cédric Jubillar. Ce jeudi, celui-ci a pris fin avec la découverte d’ossements près de Cagnac-les-Mines (Tarn), sur les indications qu’il a données. Un événement qui représente sans doute pour eux le tournant le plus important depuis la disparition de la jeune femme, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Informés, ils sont restés ce jeudi à l’écart, comme ils l’ont toujours fait depuis le début de l’affaire.
Si ces restes humains s’avèrent bel et bien être ceux de l’infirmière, âgée de 33 ans au moment de sa disparition, sa famille va pouvoir, enfin, lui donner une sépulture, cinq ans et huit mois après sa mort. Me Laurent Boguet, avocat des deux enfants du couple Jubillar, s’est « soulagé de pouvoir [leur] annoncer qu’on n’a pas grand-chose à leur rendre, mais c’est quand même très important ». « Ça leur permet d’organiser un travail de deuil, de prévoir une sépulture digne de ce nom à leur maman. » « Il faut attendre une identification formelle », rappelle toutefois Me de Caunes.
Cette absence de corps comme d’aveux, la cour d’assises du Tarn l’avait relevée, le 17 octobre dernier, au moment de condamner Cédric Jubillar à 30 ans de réclusion criminelle. « Il n’a donné aucune information sur l’endroit où se trouve le corps de son épouse, privant la famille de cette dernière d’un lieu de recueillement », avaient écrit les jurés dans leur verdict. Il y a quelques jours, c’est cette raison qui a été mise en avant par les nouveaux avocats de l’accusé pour expliquer son revirement, et ses aveux avant son procès en appel.
« Je suis convaincue que c’est Cédric Jubillar qui a tué Delphine »
Au cours du procès qui s’est tenu à Albi l’automne dernier, les trois membres de la fratrie de Delphine Aussaguel avaient pointé le comportement « violent » de Cédric Jubillar à l’encontre de son fils aîné, Louis, 11 ans. Envers son épouse, toutefois, aucun témoignage n’a jamais fait état de violences physiques, mais des pressions psychologiques ont été évoquées. « J’ai toujours fait tout ce que j’ai pu pour elle et mes enfants », avait déclaré Cédric Jubillar lors de son interrogatoire, tout en concédant qu’il n'était « pas le mari parfait », mais en assurant : « Je ne l’ai pas tuée, c’est une certitude. »
Pas de quoi convaincre, loin s’en faut, l’une des plus anciennes amies de Delphine Jubillar qui avait affiché à la barre sa « profonde certitude que Cédric a assassiné Delphine de ses mains ». « Elle n’imaginait pas la dangerosité de son mari qui l’épiait tous les jours », avait-elle précisé. Quant à la belle-soeur de la jeune femme, elle s’est montrée tout aussi catégorique. « Je suis convaincue que c’est Cédric Jubillar qui a tué Delphine », a-t-elle dit. « J’en suis sûre. »
Durant les quatre semaines d’audience, le plaquiste de 38 ans avait clamé son innocence, malgré de nombreux éléments à charge. Mais il était incapable d’expliquer sa disparition soudaine. « Elle est peut-être partie, on sait pas », avait-il lâché. « Ce qui est sûr, c’est que moi je lui ai rien fait à Delphine. » Un positionnement qui lui a valu cher, puisque les jurés en ont conclu que l’accusé « n’a pas pris la mesure de la gravité de ses actes, ni encore des raisons de son passage à l’acte. Il n’a exprimé aucun remords, restant autocentré sans aucune remise en question ».
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