Tadej Pogacar, immense favori d’une Vuelta historique qui s’élance ce samedi de Monaco
Après le Tour d’Italie en 1966 puis le Tour de France en 2009, la Principauté accueille ce samedi avec un contre-la-montre individuel le départ du Tour d’Espagne, devenant ainsi la première ville au monde à être le théâtre des lancements des trois Grands Tours cyclistes. Une édition 2026 où les Alpe
La boucle est bouclée. À partir d’aujourd’hui et pour l’éternité, Monaco peut se targuer d’être le premier lieu de l’Histoire à avoir accueilli le départ des trois Grands Tours du cyclisme. Le Giro fut le pionnier, en présence du prince Rainier III et de la princesse Grace.
Premier à s’élancer de la Principauté en 1966, un clin d’œil pour célébrer alors le centenaire de Monte-Carlo, le Giro avait sacré cette année-là Gianni Motta, rival le plus sérieux du début de carrière de la légende Eddy Merckx.
En 2009, c’était au tour de la Grande Boucle d’investir les rues du Rocher, déjà pour un contre-la-montre individuel, celui-ci de quinze kilomètres à l’occasion de la première étape d’un Tour de France remporté par Alberto Contador.
Sous les yeux de 80 000 spectateurs disséminés le long du tracé, le Suisse Fabian Cancellara s’était imposé alors que Lance Armstrong signait encore des autographes à l’arrivée, quatre ans avant d’avouer enfin au monde entier s’être dopé des années durant.
Cet été, le Tour d’Espagne est donc le petit dernier des trois « Grands » à compléter le puzzle de la Principauté.
L’évidence monégasque
Terre d’accueil d’une quarantaine de cyclistes professionnels, et même de coureurs désormais retraités comme Nairo Quintana ou Peter Sagan, il n’y a finalement pas de hasard à voir le Rocher devenir la place forte du cyclisme européen.
Un de ses autres résidents et quadruple vainqueur du Tour, Christopher Froome, reste d’ailleurs à ce jour le seul coureur à avoir réussi l’exploit que vise Tadej Pogacar : remporter la Grande Boucle puis la Vuelta le même été, depuis le changement des calendriers de course en 1995.
La superstar slovène, lui aussi habitant de Monaco - ça ne s’invente pas - se lance donc dans un pari pas si évident que ça en a l’air, en dépit de son immense talent. Et le plus grand cycliste actuel l’a souligné jeudi après la présentation des équipes devant le casino monégasque.
« Cela fait longtemps que j’ai envie de faire la Vuelta, on a commencé à en discuter en décembre. Il fallait bien une année où j’allais enchaîner Vuelta et Tour, c’était le bon moment. C’est une course où j’ai de bons souvenirs. »
Pour son premier grand Tour en 2019, il avait pris une 3e place déjà très prometteuse, avant de viser la victoire cette année, pour s’offrir le seul Grand Tour vacant à son énorme palmarès.
« J’aurai encore trois grands objectifs ensuite, je ne dois pas finir la Vuelta en étant détruit », a rappelé Pogacar qui doit encore s’aligner sur les Mondiaux, les Championnats d’Europe et le Tour de Lombardie d’ici la fin de saison.
Seixas n’est pas là
Raison pour laquelle les principaux noms du Tour de France, comme le Français Paul Seixas, résident niçois, ne se sont pas alignés sur ce Tour d’Espagne dont l’arrivée est prévue le 13 septembre prochain à Grenade, préférant se préparer pour la course des Championnats du Monde le 27 septembre à Montréal.
Avant cela, les 184 coureurs des 23 équipes engagées sur cette Vuelta auront grimpé environ 58 000 mètres de dénivelé, dont une partie à travers les Alpes-Maritimes et le Var.
Deux départements qui verront le peloton emprunter ses routes dimanche lors de la 2e étape, en remontant sur Grasse à partir de Villeneuve-Loubet après le départ de la Principauté. Puis il sillonnera tout le Haut-Var avant l’arrivée prévue à Manosque, dans les Alpes de Haute-Provence.
À l’instar du Tour de France femmes récemment, nul doute que l’émulation sera bien au rendez-vous au bord des routes azuréennes, même s’il faudra s’organiser en contrepartie pour éviter les secteurs bloqués par le passage des coureurs.