Tabassés et dépouillés : le trajet Bolt tourne au guet-apens pour deux touristes chinois dans ce quartier de Nice
Il reconnaît avoir conduit les victimes jusqu’au lieu du guet-apens, mais assure qu’il ignorait ce qui allait se passer. À 19 ans, le prévenu a été condamné à 18 mois de prison avec maintien en détention.
Il est 4 heures du matin, le 28 février 2026, lorsqu’une jeune femme née en 1991 commande un chauffeur Bolt boulevard Carabacel, à Nice.
À 4 h 12, le véhicule arrive.
Ce n’est pas celui annoncé sur l’application et le chauffeur est accompagné d’un homme.
Malgré tout, la touriste chinoise, qui est accompagnée d’un ami, finit par monter avec celui-ci.
Tous deux étaient bien loin d’imaginer ce qui allait leur arriver.
Direction : quartier des Moulins
Le chauffeur emprunte la voie Mathis, mais au lieu de prendre la direction de l’aéroport, le véhicule bifurque et stop sur une « placette » du quartier défavorablement connu, des Moulins.
Deux hommes vêtus de noir et cagoulés surgissent. L’un est armé d’une matraque. Les coups pleuvent. À la tête pour la passagère, au visage et au corps pour son ami. Celui-ci sort 500 euros en espèces pensant pouvoir s’en tirer sans davantage de dommages.
Mais ce que les agresseurs convoitent, ce sont leurs bagages qui se trouvent dans le coffre. Les touristes résistent et une seconde altercation éclate, jusqu’à ce que les malfaiteurs, ainsi que le passager, prennent la fuite à la vue d’un résident.
Les caméras de vidéosurveillance permettent aux enquêteurs de reconstituer le trajet du véhicule. Son propriétaire est identifié et convoqué. Il s’agit d’Amine Ben Aicha.
Face aux policiers, celui-ci rejette en bloc les soupçons qui pèsent contre lui, jusqu’à sa simple présence alors qu’il avait formellement été identifié par l’une des victimes.
Revirement face aux juges
À l’audience, le président Christian Legay cherche à comprendre son rôle.
Le jeune homme ne nie plus : « J’assure mon implication sur ces faits. J’ai accompagné ces deux personnes sur les lieux. » Mais il conteste avoir voulu participer au vol.
Selon lui, ses « mauvaises fréquentations » l’ont entraîné. On lui aurait seulement parlé d’ouvrir le coffre pour prendre les valises.
« J’étais impressionné, je n’ai pas pu dire non », explique-t-il. Avant d’ajouter : « Je suis dégoûté, je ne pensais pas qu’il allait y avoir autant de violence. »
Lorsqu’il est question de l’homme qui aurait organisé l’agression, le passager mystère, le prévenu se ferme : « Je ne peux pas parler de ce monsieur. J’ai peur des représailles pour ma famille et moi. »
Un fort passage à vide
Condamné à Grasse en mai pour trafic de stupéfiants et également mis en examen dans une autre affaire de proxénétisme, le jeune de 19 ans, accumule depuis peu les déboires judiciaires.
Lui qui, jusqu’à sa majorité, n’avait jamais fait parler de lui.
Le parquet requiert deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention. En défense, Me Alexandra Badea reconnaît « la gravité du choix » de son client, tout en demandant au tribunal de revoir le quantum de la peine, faisant valoir la reconnaissance des faits et une certaine prise de conscience.
Le tribunal a condamné Amine Ben Aicha à 18 mois d’emprisonnement avec maintien en détention.