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Syrie : Bachar Al-Assad condamné à mort par coutumace

Un tribunal syrien a condamné mardi le président déchu Bachar Al-Assad, son frère Maher et plusieurs autres ex-responsables à la peine de mort pour les crimes commis durant la guerre civile, dans de premiers ju...

Un tribunal syrien a condamné mardi le président déchu Bachar Al-Assad, son frère Maher et plusieurs autres ex-responsables à la peine de mort pour les crimes commis durant la guerre civile, dans de premiers jugements à l'endroit de membres de l'ancien pouvoir.

Les autorités de transition, qui ont renversé Bachar Al-Assad en décembre 2024 au terme de 13 ans d'une guerre civile meurtrière, se sont engagées à ce que justice soit faite pour les crimes commis sous son pouvoir.

Le procès de Bachar Al-Assad et d'autres responsables avait commencé en avril. Le président déchu, qui s'était enfui à Moscou en décembre 2024 quand les forces dirigées par les islamistes se rapprochaient de Damas, a été jugé en son absence.

Ce tribunal de Damas l'a reconnu coupable de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, dont assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans [...], torture ayant entraîné la mort et privation de liberté.

Il est donc condamné à mort, a déclaré le juge Fakhr Al-Din Al-Aryan.

Au milieu d'une foule devant un palais de justice, un homme en complet brandit deux photos encadrées.

Des Syriens brandissent les photos de leurs proches, tués pendant la guerre civile qui a ravagé le pays, alors qu’ils célèbrent devant le palais de justice à l’issue du procès, à Damas, le 11 août 2026.

Photo : Getty Images / Bakr Alkasem (AFP)

Des dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le palais de justice, portant des photos de leurs proches disparus ou emprisonnés sous l'ancien pouvoir, et ont laissé éclater leur joie à l'annonce du verdict.

Beaucoup étaient venues de Deraa, berceau du soulèvement, dont Ramzi Abou Naboud, qui tient un portrait de son frère Ahmed, tué pendant la répression d'un rassemblement dans sa ville en 2011.

Je remercie Dieu et la justice, aujourd'hui nous avons obtenu un jugement qui nous a réchauffé le cœur même s'il ne ressuscitera pas ceux qui ont été tués, témoigne-t-il auprès de l'AFP.

Un seul accusé présent

Depuis fin avril, le tribunal a entendu des témoins et s'est vu présenter des documents, des images et des informations classifiées, tandis que les déclarations du juge étaient parfois retransmises à la télévision.

En plus de l'ancien président, le tribunal a condamné à mort par contumace plusieurs anciens responsables militaires et des forces de sécurité, dont le frère de Bachar Al-Assad, Maher, qui dirigeait la 4e division d'élite de l'armée et qui a aussi fui le pays.

L'ancien ministre de la Défense Fahd Al-Freij et Louay Al-Ali, qui dirigeait les services de renseignement militaire dans la province de Deraa, berceau du soulèvement en 2011, figurent parmi eux.

Ils ont été notamment reconnus coupables de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, dont meurtre, torture ayant entraîné la mort et privation répétée de liberté.

Seul accusé à comparaître, Atef Najib a aussi été condamné à mort pour crimes contre l'humanité commis quand il était chef de la sécurité politique à Deraa, où les forces de sécurité avaient réprimé des manifestations pacifiques à balles réelles.

Atef Najib derrière des barreaux dans un palais de justice.

Atef Najib, ancien chef de la sécurité politique de la province de Deraa, dans le sud de la Syrie, lors de la première audience au palais de justice de Damas, le 26 avril 2026. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Bakr Alkasem (AFP)

Le tribunal a souligné qu'il avait nié les faits, ne montrant aucun remords. Sa condamnation est un jalon important dans le processus de mise en cause des responsables des crimes majeurs, a réagi la commission nationale syrienne pour la justice de transition.

Les personnes condamnées ont 30 jours pour faire appel, a indiqué le ministre de la Justice, Mazhar Al-Wais, à la télévision d'État.

L'organisation Human Rights Watch (HRW), présente à plusieurs audiences, a estimé que ces premières condamnations constituaient un test de la volonté des autorités syriennes de juger les abus commis sous le pouvoir de Bachar Al-Assad.

Le processus doit être à la hauteur des standards internationaux en termes de procès équitables, ce qui veut aussi dire abolir la peine de mort, a-t-elle aussi noté dans un communiqué.

15 ans de souffrance

Les effusions de joie à la sortie du palais de justice, diffusées sur les réseaux sociaux, reflètent 15 ans de souffrance, a écrit sur X Hiba Zayadin, spécialiste de la Syrie pour l'organisation.

La guerre civile syrienne a été déclenchée par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, dans le sillage des Printemps arabes, vagues de révoltes contre les pouvoirs en place à travers la région.

Plus d'un demi-million de personnes ont été tuées et des millions d'autres déplacées en Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont disparu, dont beaucoup victimes des exactions généralisées dans les geôles du pouvoir.

La chute de Bachar Al-Assad, qui avait succédé à son père Hafez en 2000, a mis fin à plus d'un demi-siècle de règne sans partage de son clan familial.

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