thejournalofsierraleonestudies.com

Surprises, ambiance de fête et finale inédite, l’épopée de la CAN féminine 2026

La quatorzième édition de la Coupe d'Afrique des Nations féminine touche à sa fin. Une nouvelle nation va inscrire son nom au palmarès. Avant la finale Cameroun-Malawi de dimanche, joueuses comme observateurs célèbrent déjà un tournoi réussi, lors duquel le football féminin africain a prouvé qu'il pouvait offrir un spectacle de haut niveau.

La quatorzième édition de la Coupe d'Afrique des Nations féminine touche à sa fin. Une nouvelle nation va inscrire son nom au palmarès. Avant la finale Cameroun-Malawi de dimanche, joueuses comme observateurs célèbrent déjà un tournoi réussi, lors duquel le football féminin africain a prouvé qu'il pouvait offrir un spectacle de haut niveau.

Publié le : 15/08/2026 - 08:13

4 min Temps de lecture

De notre correspondant à Casablanca,

19 912 spectateurs, un stade en ébullition, des sifflets assourdissants et des spectateurs qui se narguent avant de se féliciter les uns les autres… La demi-finale Maroc-Cameroun de la Coupe d'Afrique des Nations féminine a démontré la ferveur des Marocains, mais également des Camerounais – qui comptaient quelques centaines de représentants dans le stade – pour leur équipe féminine.

« Le niveau de jeu s'est définitivement amélioré »

« Les supporters marocains ont vraiment pris à cœur ce tournoi, et ont créé une très belle ambiance », note Mike Mubanga, journaliste zambien et spécialiste du football féminin. Un peu plus tôt, lors de la demi-finale opposant l'Algérie et le Malawi, Tabitha Chawinga, la capitaine malawite, exécutait une bicyclette pour inscrire son 3ᵉ but de la compétition. Un geste splendide, comme pour promouvoir encore davantage la compétition. « Si vous donnez aux filles les moyens d'exprimer leur talent, alors il y a de grandes chances que la compétition soit à la hauteur », expliquait le président de la fédération du Malawi, Fleetwood Haiya, à la sortie du match.

« Le niveau de jeu s'est définitivement amélioré. La compétition a été très soutenue sur le plan technique et tactique, on peut observer de très grands progrès dans le football féminin africain, même s'il y a encore beaucoup de travail à réaliser », ajoute Mike Mubanga.

Au-delà du plan sportif, les émotions ont été au rendez-vous. Certes, la plupart des rencontres se sont jouées devant des tribunes pratiquement vides, mais quand les travées étaient désertes, les joueuses elles-mêmes ont su créer des moments de joie uniques. Les Algériennes ont célébré à l'unisson la qualification à la Coupe du monde en zone mixte devant les caméras des journalistes. Les Malawites, debout sur les tables du vestiaire, ont chanté des chants traditionnels du pays, inondant les réseaux sociaux de leur joie communicative. Et enfin, les Camerounaises ont désormais habitué les supporters à défiler au garde-à-vous après chaque victoire : un rituel inspiré du Zangaléwa, un chant de marche militaire, qui leur vaut désormais le surnom de Combattantes.

Les surprises se sont multipliées pendant le tournoi

« Il y a de la joie de vivre, l'hommage à nos cultures, cette envie de jouer et de faire plaisir au public, l'ambiance y est ! », se réjouit Diabaté Nana, journaliste franco-malienne. Selim Kedif, supporter algérien, est venu directement de Gennevilliers pour l'occasion. « Je supporte l'équipe masculine depuis 31 ans », dit-il, son chapeau vert et blanc sur la tête, « je me suis dit que je devais aussi apporter mon soutien à cette équipe féminine ». Le Parisien a découvert l'équipe lors des phases qualificatives de la CAN à Oran. « À ce moment-là, j'ai vu une belle équipe, j'ai fait une promesse aux joueuses : je leur ai dit que j'allais suivre tous leurs matchs au Maroc ». Après le quart de finale gagné par les Algériennes contre la Côte d'Ivoire, les joueuses ont scandé son nom pour le remercier.

L'intérêt pour la compétition a aussi grandi à mesure que les surprises se sont multipliées. Le parcours inattendu du Malawi, porté par les performances spectaculaires des sœurs Chawinga, devenues les véritables stars du tournoi, a ajouté du sel au scénario de la compétition, qui aura connu la chute des Nigérianes, subitement tombées de leur piédestal. 

Initialement prévue au mois de mars, la compétition a été reportée au cœur de l'été en dernière minute, au moment des vives tensions entre la CAF et la Fédération royale marocaine de football, qui ont suivi la finale chaotique de la CAN masculine. Un report qui avait alors été perçu comme un manque de respect vis-à-vis du football féminin.

Mais avec un nouveau format de 12 à 16 équipes, des matchs à rebondissements et de grande qualité, des performances XXL comme celles de la gardienne camerounaise Michaely  Bihina, élue deux fois de suite joueuse du match en phase finale de la compétition, les joueuses africaines ont su, par elles-mêmes, donner ses titres de noblesse à la Coupe d'Afrique des Nations féminine.