Surcompensation, record en vue et souvenir de sa première grande victoire à San Sebastian : pourquoi Remco Evenepoel est le grand favori de la Clasica
"Il faut rester calme, hein !" C'est par cette petite phrase que Remco Evenepoel avait salué ses proches qui l'attendaient, en pleine nuit, au cœur de l'été 2019, à son retour de la Clasica San Sebastian. Une p...
"Il faut rester calme, hein !" C'est par cette petite phrase que Remco Evenepoel avait salué ses proches qui l'attendaient, en pleine nuit, au cœur de l'été 2019, à son retour de la Clasica San Sebastian. Une phrase lancée avec le sourire par celui dont l'énorme ambition n'était, déjà lors de sa première saison chez les pros, plus à démontrer.
"Forcément, je me rappelle de cette journée, se souvient son papa, que nous avons rencontré cette semaine. Son succès à la Clasica, cette année-là, avait tout simplement été le premier grand succès de sa carrière. Oui, il nous avait surpris. Mais bon, déjà chez les juniors, il ne faisait que nous surprendre et cela a continué chez les pros…"
Du haut de ses 19 ans, le jeune Remco ne s'était pas présenté au départ de la classique basque avec le statut d'homme protégé. Il était là en soutien de Julian Alaphilippe, qui venait de terminer cinquième du Tour de France, et d'Enric Mas. "Remco a eu un problème de dérailleur et, quand il est revenu dans le groupe des favoris, il en avait profité pour prendre des bidons pour Enric Mas, encore présent à l'avant, ajoute Patrick Evenepoel. Et puis, entre deux bosses, il a anticipé."
Parti à l'avant avec Tom Skujins, il parvient ensuite à lâcher le coureur letton dans la difficile montée de Murgil Tontorra. Une fois seul en tête, celui qui allait dans la foulée devenir champion d'Europe du contre-la-montre s'est lancé dans un chrono. Avec un de ses raids solitaires et victorieux dont il a le secret.
Remco Evenepoel connaît ses équipiers pour la Clasica San SebastianCette course a une place particulière dans le cœur de Remco Evenepoel comme il s'agit de sa première grande victoire. Mais aussi parce qu'il en est le corecordman avec l'Espagnol Marino Lejarreta, avec trois succès, puisqu'il s'y était imposé aussi en 2022 et 2023. Faisant à chaque fois mentir les statistiques : ceux qui sortent du Tour de France (ce n'était pas le cas de Remco, qui n'a découvert la Grande Boucle qu'en 2024) s'imposent plus souvent. Plus jeune vainqueur de la classique basque, il peut donc en devenir aussi l'unique recordman en cas de quatrième victoire ce samedi.
Bien sorti du Tour de France, avec une montée en puissance au fil des semaines, le triple champion du monde du chrono a visiblement bien récupéré. "Il n'est pas fatigué", a précisé son papa, qui était avec lui, en début de semaine, sur les critériums d'Alost et de Roulers qu'il a remportés.
Avec le Tour de France dans les jambes, on peut avoir l'impression de disposer d'une sixième vitesse…
Le sélectionneur national Serge Pauwels estime lui aussi que Remco Evenepoel, qui sera un de ses leaders au championnat du monde, pourra profiter de sa forme du Tour de France ce samedi. "La surcompensation peut jouer un rôle, a-t-il commenté dans le Nieuwsblad. C'est un phénomène parfois bizarre. Je me souviens qu'en 2016, dans la foulée du Tour de France, j'étais vraiment fatigué. Mais le jour de la Clasica, j'avais beaucoup de puissance dans les jambes. Remco est donc pour moi le grand favori. Surtout qu'avec les critériums, il a moins roulé cette semaine, ce qui lui a permis de faire de la place pour la récupération, mais à Alost et à Roulers, il a aussi pu maintenir l'intensité." Qui sera inévitablement nécessaire, ce samedi, dans les petits cols du Pays basque, comme le Jaizkibel, Eirlaitz et Murgil Tontorra, dont le sommet culmine à huit bornes de l'arrivée à San Sebastian.
Evenepoel, Pogacar, van der Poel… quel programme pour les stars du Tour de France ?Être bien sur la Clasica San Sebastian moins d'une semaine après la fin du Tour de France n'est jamais une garantie. "De nombreux facteurs entrent en jeu", ajoute Serge Pauwels. Cela passe ou cela casse. Il faut aussi la motivation, qui permet de passer outre d'éventuelles mauvaises sensations en début de course. Mais sur ce point-là, les supporters du Belge peuvent être rassurés : il est toujours motivé ! Et quand ça passe, avec le Tour de France dans les jambes, on peut avoir l'impression de disposer d'une sixième vitesse…"
Il disposera d'une solide armada autour de lui puisque Red Bull-BORA-hansgrohe a notamment envoyé à ses côtés Giulio Pellizarri, Daniel Felipe Martinez mais aussi Maxim Van Gils.
Grâce à son tour de France 5 étoiles, Remco Evenepoel remonte à la 2e place du classement UCIPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.