« Submergée par l’émotion, j’ai pleuré toute la matinée lorsque je l’ai appris » : l’ex-maire du Muy Liliane Boyer élevée au rang de chevalier de la Légion d’honneur
Par décret présidentiel, Liliane Boyer, ancienne maire du Muy de 2008 à 2026, a été élevée au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Cette prestigieuse distinction, parue au Journal officiel dans le cadre de la promotion du 14 juillet 2026, vient couronner un parcours exceptionnel de 59 années d
« Submergée par l’émotion, j’ai pleuré toute la matinée lorsque je l’ai appris par téléphone », confie Liliane Boyer, la voix encore teintée de surprise.
Pour cette femme de 81 ans qui n’avait « rien demandé », l’annonce a eu l’effet d’un vertige.
La prestigieuse distinction est parue au Journal officiel dans le cadre de la promotion du 14 juillet 2026.
Ses premières pensées ont immédiatement volé vers ses proches : « Ma maman qui était Roquebrunoise, je pense avoir hérité de son goût du partage et de l’investissement pour les autres, mon mari, mes enfants et mes petits-enfants. »
Liliane Boyer a toujours tenu à protéger son équilibre personnel face aux exigences de l’engagement public.
« Je menais de front ma vie familiale et ma vie professionnelle sans que l’un empiète sur l’autre », explique-t-elle, soulignant n’avoir « jamais voulu sacrifier [ses] enfants », a qui elle a d’ailleurs demandé s’ils ne voyaient pas d’inconvénients à ce qu’elle se présente aux élections municipales, où elle a été élue en 2008.
Une vie dédiée au service public
Entrée à la mairie du Muy à seulement 22 ans comme sténo-dactylo, Liliane Boyer a gravi tous les échelons de la fonction publique territoriale, officiant également au Plan-de-la-Tour et à Trans-en-Provence, avant de tirer sa révérence professionnelle.
Sollicitée par des concitoyens, elle se lance en politique et est élue maire du Muy en 2008, un fauteuil qu’elle occupera durant 18 ans, jusqu’en 2026.
À ce mandat s’ajoutent les charges de vice-présidente de Dracénie Provence Verdon agglomération (la Communauté d’agglomération dracénoise à l’époque) et de présidente du Syndicat de l’eau du Var Est.
Une triple responsabilité assumée à un rythme effréné de « 10 heures par jour » pour « bien servir une commune passée de 8.000 à 10.000 habitants », qui l’a poussée à refuser d’autres mandats au Département pour « ne pas s’éparpiller », ni « perdre le contact avec les humains ».
Des mandats jalonnés de réalisations
Photo doc Camille Dodet
Sur le terrain, la concrétisation de certains « projets qui, au début, paraissaient irréalisables » est sa plus belle récompense.
Parmi ses fiertés : « La Maison de la jeunesse ; on a réhabilité toutes les écoles ; on est arrivé à réaliser plus de 300 logements sociaux pour tous », se félicite l’ancienne élue.
Mais l’épreuve qui l’a marquée au fer rouge reste les inondations catastrophiques de 2010. « J’avais une fracture à la jambe, mais je ne me suis pas arrêtée. Toute la nuit, nous avons accueilli les gens… Ensuite, nous avons aidé à la réalisation des dossiers pour que tous les sinistrés soient indemnisés », se remémore-t-elle avec intensité.
Des valeurs au service de l’intérêt général
Ses actions ont toujours été dictées par une boussole morale inflexible. « L’intérêt général, l’honnêteté, la liberté de penser, ne rien se faire imposer et l’humilité », ont été ses valeurs assure-t-elle.
Réfractaire aux mondanités et au culte du paraître, elle fustige un monde où « l’intérêt financier est passé devant les vraies valeurs ».
Et d’assumer sans détour son tempérament : « On ne m’a pas achetée ! Moi je suis une femme franche. Certains disaient que j’avais mauvais caractère, non, j’avais du caractère ! J’ai toujours dit ce que je pensais dans les moments où l’intérêt général était privilégié, pas pour les petits arrangements de cour d’école. »
En retrait de la vie politique
Désormais retirée de la vie politique, Liliane Boyer espère que les Muyois retiendront avant tout son « humanité ».
« Je me suis toujours occupée des gens, j’ai essayé de trouver des solutions pour tout le monde et j’ai défendu des causes jusque dans les ministères », résume-t-elle.
Et la magie opère toujours lors de ses promenades : « Quand je sors au Muy, des personnes de tous horizons viennent me saluer… Quelque part, ça me fait plaisir. Si l’image que je peux laisser c’est d’avoir été au service des autres, c’est bon. »
Et maintenant ? « J’aspire à une vie tranquille sans tapage et loin de la tambouille politique ! », assure celle qui a également été distinguée par la médaille du Souvenir français, puis en juillet 2025 par la prestigieuse Marianne d’Or et, plus récemment en février 2026, par la médaille du Sénat pour l’ensemble de son engagement.
Sans oublier les médailles du travail obtenues lors des différentes étapes de sa carrière !