Strasbourg. La cérémonie de rentrée de l’université brièvement chahutée par des étudiants militants
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Quelques étudiants du collectif Le poing levé, rattaché à l’organisation Révolution permanente, ont fait irruption ce jeudi 10 septembre dans l’amphithéâtre Cavaillès, où se tenait la cérémonie de rentrée de l’université de Strasbourg, lors de laquelle la présidente Frédérique Berrod et la maire de Strasbourg Catherine Trautmann se sont tour à tour exprimées.
Hélène David -
Aujourd’hui à 13:17 | mis à jour aujourd’hui à 13:27
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Devant un amphithéâtre bondé de personnels, de représentants des établissements associés et des composantes de l’université, de personnalités et élus locaux, la présidente de l’université de Strasbourg Frédérique Berrod, donnait ce jeudi officiellement le coup d’envoi de la rentrée. L’occasion, avec moult références littéraires, d’évoquer le rayonnement, l’ambition, la responsabilité sociale de l’institution strasbourgeoise, sans omettre « les difficultés majeures, budgétaires, les enjeux géopolitiques et les pressions doctrinaires » qui pèsent sur elle. « L’ouverture au monde est bien un combat », a-t-elle notamment martelé, rappelant la mobilisation en faveur des étudiants, personnels et chercheurs réfugiés ou empêchés et la présence de quelque 22 % d’étudiants étrangers.
Les étudiants ont été escortés vers la sortie par des agents de sécurité. Photo Jean-Marc Loos
Des droits d’inscription multipliés par 16
C’est à l’issue de ce discours applaudi qu’une poignée d’étudiants membres du collectif Le poing levé, rattaché à l’organisation Révolution permanente, ont interpellé l’assemblée sur la question, très controversée, des droits d’inscriptions différenciés, auxquels sont soumis les étudiants extracommunautaires. Un récent décret, dit Baptiste, prévoit à terme une réduction drastique des exonérations. Teneure du propos d’une étudiante militante en sociologie malgré les tentatives d’interruption des agents de sécurité : « Madame Berrod, vous parlez d’attractivité pour les étudiants et chercheurs étrangers, mais vous appliquez la réforme raciste “Bienvenue en France” qui multiplie par 16 les droits d’inscriptions des étudiants extracommunautaires. Le pire, c’est que vous osez dire à nos camarades gabonais, congolais, nigérians, d’aller quémander des bourses à la Fondation de l’université. »
Escortés vers la sortie
Interrogée la semaine dernière sur cette question, la présidente indiquait que la politique d’exonération de l’université demeurait, pour l’heure, inchangée. Quelque 300 étudiants seraient selon elle concernés par des droits différenciés et des possibilités supplémentaires d’exonération seraient utilisées « sur examen individuel des dossiers ».
La scène a duré quelques minutes, sans réaction dans l’assistance. Les étudiants ont été escortés vers la sortie par des agents de sécurité. Et la cérémonie a repris aussitôt avec le discours de la maire de Strasbourg Catherine Trautmann. Laquelle a rappelé que l’université était « une part de Strasbourg », « un investissement », un « espace de liberté à sauvegarder ».