Steve Rouiller: «Ca ne ressemblait pas vraiment un derby»
Publié13. septembre 2026, 20:06FootballSteve Rouiller: «Ça ne ressemblait pas vraiment à un derby»Le match entre Lausanne et Servette (0-1) s'est disputé dans une ambiance presque confidentielle, très vite regr...
Publié13. septembre 2026, 20:06
FootballSteve Rouiller: «Ça ne ressemblait pas vraiment à un derby»
Le match entre Lausanne et Servette (0-1) s'est disputé dans une ambiance presque confidentielle, très vite regrettée par les acteurs des deux camps.


Tout est parti - semble-t-il - d'un car qui n'a pas pu tourner au bon endroit. Alors que seul un quart d'heure de protestation semblait au programme, c'est tout le derby lémanique de ce dimanche qui s'est déroulé dans une ambiance digne du Covid. Longtemps bloqués par les forces de l'ordre, alors qu'ils n'étaient qu'à une centaine de mètres de leur parcage, les fans genevois ne sont pas entrés dans la Tuilière. Déclenchant, en solidarité, le départ des ultras lausannois.
Dans ces conditions, le passage de témoin de la lanterne rouge de Genève à Lausanne a presque paru anecdotique. La partie a eu lieu normalement ou presque, enfin pour ceux qui ont choisi de mettre la télévision sans le son. Pour les autres, spectateurs, joueurs ou journalistes, une impression très bizarre qu'il manquait quelque chose d'indispensable. Pendant la pandémie, les TV avaient fini par ajouter un bruit artificiel de fans, c'est dire à quel point les supporters derrière les buts sont indispensables.
«Je trouve ça dommage. Après, je comprends leur combat» a expliqué au terme de la rencontre le défenseur lausannois Karim Sow. «Je ne fais pas partie d'un mouvement ultra, mais je peux comprendre. Malheureusement, ce n'est bénéfique pour personne. Je ne dis pas qu'on a perdu à cause de ça, mais ça nous aurait peut-être poussé un peu à la fin. C'est comme ça… C'est très bizarre. Pour moi, les derbies, c'est les meilleurs matches de la saison, surtout contre Servette.»

En prime, à la fin de la rencontre, le stoppeur s'est un peu chauffé avec ses fans. «C'est souvent des échanges un peu compliqués. Tout le monde est à chaud» a-t-il détaillé. «Au début, ça crie. Après, ça se calme un peu. Ils n'étaient pas contents de ce que nous proposions sur le terrain. Ils voulaient une réaction. Au début, j'ai cru qu'ils n'avaient pas chanté parce qu'on n'était pas bons. Je n'ai pas compris tout de suite que c'était pour le mouvement ultra. Finalement, le coach a dit que ce n'était pas contre nous, mais que c'était pour eux».
Steve Rouiller, défenseur central genevois, a aussi regretté: «Franchement, c'était spécial. Il n'y avait pas trop d'ambiance. Ce n'est pas évident, même pour les Lausannois, de trouver cette force supplémentaire. C'est clair que les Ultras nous aident. On sait qu'ils auraient aimé être avec nous ici, nous soutenir, nous épauler. Cette victoire on l'a dédiée à ceux qui n'ont pas pu venir. On a aussi tout donné pour prouver qu'on jouait un derby, même si ça ne ressemblait pas vraiment à un derby.»
Le seul moment de la partie où ça s'est presque enflammé? Quand le speaker local a cru bon de remercier les «vrais supporters» présents dans le stade. Franchement maladroit, dans un contexte inflammable qui n'avait pas besoin que quelqu'un jette de l'huile sur le feu. Les supporters genevois avaient été irréprochables, avant une arrivée ratée au stade qui n’est pas à imputer à leur passif. Les ultras lausannois et genevois ont fini quand même par prouver qu’un match sans eux, c’est particulièrement triste.


Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.
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