Stellantis songe à fermer et vendre son usine de Brampton
La présidente nationale du syndicat Unifor, Lana Payne, a révélé en conférence de presse vendredi que Stellantis discuterait d'une éventuelle fermeture et de la possible vente de son usine d’assemblage d’automo...
La présidente nationale du syndicat Unifor, Lana Payne, a révélé en conférence de presse vendredi que Stellantis discuterait d'une éventuelle fermeture et de la possible vente de son usine d’assemblage d’automobiles de Brampton à une entreprise tierce, qui n’a pas encore été identifiée.
Dire que nous sommes déçus est insuffisant. C’est un coup au ventre pour notre syndicat et nos membres, les travailleurs qui ont tout donné pour cette usine, a-t-elle déclaré.
Elle précise qu’un avis de fermeture officiel n’a pas encore été présenté au syndicat et que leur convention collective leur garantit un préavis d’au moins un an le cas échéant.
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Stellantis n’a pas identifié l’entreprise avec laquelle elle serait en discussion. Nous nous préparons à entamer le processus de négociation collective et n’avons rien à annoncer pour le moment. Notre priorité demeure de trouver une solution de fabrication durable pour l’usine de montage de Brampton, affirme la directrice des communications de Stellantis, LouAnn Gosselin, par courriel.
Nous allons utiliser l’opportunité des négociations contractuelles avec Stellantis pour discuter [d’une éventuelle fermeture], car ce n’est pas acceptable du tout pour notre syndicat ou ses membres, assure Mme Payne.
Les conventions collectives des syndiqués arrivent à échéance le 20 septembre. Unifor a déjà ratifié une entente-cadre avec Ford en juillet et négocie actuellement avec General Motors.
La guerre tarifaire en cause
L’usine de Brampton est à l’arrêt depuis la pause de sa modernisation en février 2025. Stellantis a ensuite révélé en octobre que la Jeep Compass, qui devait y être assemblée, serait plutôt construite en Illinois.
Ces dernières années ont été une période difficile pour nos membres, avec une incertitude sans précédent pour eux, leurs familles et des milliers de travailleurs dans la chaîne d’approvisionnement locale et dans la communauté de Brampton, selon Mme Payne.

La présidente nationale du syndicat Unifor, Lana Payne, maintient que l’usine de montage de Brampton constitue un moteur économique crucial pour la communauté de Brampton et qu’il est impossible de remplacer les emplois syndiqués bien rémunérés qu’offre l’industrie automobile. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Elle met directement en cause la guerre commerciale menée par l’administration Trump, particulièrement les surtaxes douanières sur les automobiles et les efforts pour rapatrier l’assemblage des véhicules aux États-Unis.
L’ironie, c’est qu’en ce moment, personne n’assemble [la Jeep Compass] qui avait été promise [aux travailleurs de l’usine de Brampton], ce qui aurait permis d’employer des milliers de travailleurs au Canada et aux États-Unis. [...] C’est un scénario perdant-perdant pour les travailleurs des deux côtés de la frontière.
Elle presse le gouvernement fédéral de soutenir l’industrie manufacturière et automobile au Canada et de ne pas faire de concessions dans les négociations commerciales toujours en cours.
La Ville de Brampton affirme par voie de communiqué se tenir avec Unifor et les travailleurs de l’usine de montage. En l’absence de confirmation de Stellantis ou du gouvernement fédéral, le maire Brown ne va pas spéculer sur les rapports concernant l’avenir de l’usine d’assemblage de Brampton. La Ville garde espoir qu’une solution puisse être trouvée qui protège la production automobile à Brampton et permette aux travailleurs de retourner à l’usine dès que possible.
Le gouvernement du Canada tente de protéger les travailleurs de l'usine d'assemblage de Stellantis à Brampton et d’en maintenir les opérations au Canada, affirme par courriel Riyahd Nazerally, porte-parole d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Le gouvernement s'engage activement auprès de l'entreprise, d'Unifor et de la province de l'Ontario en vue de garantir la production, de protéger les emplois et d'assurer des investissements à long terme au Canada.