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Star des prénoms en 1928, avec 7 603 naissances, ce prénom de papy n’a été donné qu’environ 15 fois en 2025

Publié le 03/10/26 à 20:30Par Abigail KeyeAutrefois donné par milliers, ce vieux prénom ne compte plus que quelques naissances chaque année. Raymond a longtemps fait partie de ces prénoms que l’on entendait rég...

Publié le 03/10/26 à 20:30Par Abigail Keye

Autrefois donné par milliers, ce vieux prénom ne compte plus que quelques naissances chaque année.

Raymond a longtemps fait partie de ces prénoms que l’on entendait régulièrement dans les familles françaises. Très présent au début du 20e siècle, notamment pendant la période de l’entre-deux-guerres, il évoque aujourd’hui une génération bien précise et possède cette petite touche rétro qui le rapproche des prénoms de nos grands-pères.

Pourtant, les chiffres racontent une histoire assez spectaculaire. En 1928, Raymond enregistrait 7 603 naissances, ce qui en faisait alors un prénom particulièrement courant. Près d’un siècle plus tard, le contraste est saisissant : en 2025, seulement une quinzaine de petits garçons ont reçu ce prénom. Entre ces deux périodes, Raymond a connu une longue descente, jusqu’à devenir extrêmement discret dans les maternités.

Raymond, un ancien prénom germanique associé à la protection

Raymond vient du germanique Raginmund, un prénom composé de deux éléments. Le premier, ragin ou rad, renvoie au conseil, à la décision ou au jugement, tandis que mund évoque la protection. On peut donc interpréter Raymond comme « protecteur avisé », « conseiller protecteur » ou encore « celui qui protège par son conseil ». Une signification qui donne finalement au vieux prénom une dimension plutôt rassurante.

Au fil des siècles, plusieurs formes apparentées ont circulé en Europe, parmi lesquelles Raimond, Raimbaud, Aymon ou Ramon. Raymond s’est ensuite bien installé dans la tradition française, jusqu’à devenir un prénom très courant au début du 20e siècle. Son apogée se situe clairement entre 1915 et 1935, avec un sommet atteint en 1928.

Cette année-là, environ 7 600 garçons ont reçu le prénom, soit 7 603 naissances selon les données de l’Insee. Après les années 1930, la tendance s’est progressivement inversée : Raymond reste encore bien présent entre 1930 et 1950, puis devient de plus en plus rare au fil des décennies. Dans les années 1960 à 1980, il perd franchement du terrain, avant de devenir quasiment absent des statistiques dans les années 1990 et 2000.

De plus de 7 000 naissances à une quinzaine aujourd’hui

Le parcours de Raymond est assez représentatif de ces prénoms qui ont accompagné toute une génération avant de disparaître presque complètement des choix des jeunes parents. En quelques décennies, on passe ainsi d’un prénom donné par milliers à un prénom que l’on croise désormais très rarement chez les nouveau-nés.

Les données récentes confirment cette grande discrétion. En 2025, Raymond a été donné à environ 15 garçons en France. Les données de l’Insee sont désormais arrondies au multiple de cinq, tandis que les effectifs inférieurs à trois ne sont pas diffusés. On est donc très loin du niveau observé en 1928, même si le prénom n’a pas totalement disparu.

Cette trajectoire explique aussi pourquoi Raymond porte aujourd’hui une image très marquée. Pour beaucoup, il renvoie spontanément aux grands-pères, aux arrière-grands-pères et aux générations de l’entre-deux-guerres. Après avoir connu une progression au début des années 1900, un immense succès autour de 1928, puis un déclin continu jusqu’à devenir confidentiel, Raymond fait désormais partie de ces vieux prénoms que l’on retrouve surtout dans les arbres généalogiques et les souvenirs de famille.