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Des règles adaptées à chaque âge : le MMA reste très encadré chez les jeunes
Avec l’explosion de la pratique du MMA se pose la question de la sécurité des plus jeunes. Mais les règles sont adaptées et l'apprentissage est progressif.
Bolat Kutlu -
Aujourd’hui à 06:45 | mis à jour aujourd’hui à 06:53
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Techniques interdites, règles adaptées et apprentissage progressif : les mineurs évoluent dans un cadre bien différent de celui des professionnels, éloigné des images spectaculaires qui circulent sur les réseaux sociaux.
À regarder les KO de l’UFC, difficile d’imaginer la même discipline pratiquée par un enfant. C’est pourtant l’un des nouveaux enjeux du MMA français. Au 22 mai, 3 612 des 12 318 licenciés avaient moins de 18 ans.
La compétition fédérale débute à 12 ans et les règles évoluent avec l’âge. Jusqu’à 17 ans inclus, aucune frappe à la tête n’est autorisée. Coups de genou et de coude sont également interdits, comme certaines projections et soumissions. Les U14 et U16 ne peuvent pas frapper au sol ; chez les U18, seuls les coups de poing fermés au corps y sont permis. La durée des combats et le niveau technique minimal requis sont eux aussi adaptés à chaque catégorie.
« Ils sont trop jeunes »
Dans les clubs, l’apprentissage peut être encore plus progressif. À la Team Ezbiri, à Villeurbanne (près de Lyon), Fouad Ezbiri a choisi de ne pas enseigner le MMA aux 7-14 ans. Il leur fait d’abord pratiquer la boxe avant d’introduire d’autres arts martiaux à l’adolescence. « Ils sont trop jeunes », estime l’entraîneur. Dans sa salle, il insiste surtout sur le contrôle de l’intensité et le respect du partenaire. « Ici, nous, on n’est pas des adversaires », répète l’ancien champion de kick-boxing, qui demande notamment de ralentir lorsque le partenaire fatigue.
Avec l’explosion de la pratique se pose aussi la question de l’encadrement. Dans une discipline encore jeune, la formation des entraîneurs devient un enjeu central. « Pour être coach, il faut quand même avoir une pédagogie », souligne-t-il. Au 22 mai, la FMMAF recensait 1 736 brevets fédéraux d’encadrement de premier et deuxième niveaux actifs. Depuis 2024, la majorité des BF2 sont délivrés par sa propre filière de formation, alors qu’ils étaient auparavant surtout obtenus par équivalence par des entraîneurs venus d’autres disciplines.
Le risque de blessures n’est évidemment pas nul, mais les données disponibles concernent surtout les adultes et la compétition, ce qui rend difficile toute évaluation précise chez les jeunes pratiquant sous les règles françaises.
Le paradoxe des écrans
Reste un paradoxe : celui des écrans. À la télévision française, les combats de MMA sont classés « déconseillés aux moins de 16 ans » et diffusés après 22 h 30 sur les services gratuits. Sur les réseaux sociaux, où circulent largement KO et extraits de combats, la protection est plus difficile à garantir. Une interdiction générale d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans devait entrer en vigueur le 1er septembre 2026, mais la mesure a été censurée le 14 août par le Conseil constitutionnel et ne figure pas dans la loi finalement promulguée.
La protection reste ainsi plus simple dans la salle que sur le téléphone : un jeune auquel le règlement interdit de frapper son adversaire à la tête peut retrouver quelques instants plus tard les KO des professionnels sur les réseaux sociaux.
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