Souci du détail, communication honnête, la barre des 60 matchs en vue : quelle a été l’année 1 de Vincent Euvrard au Standard ?
Le décor n'a pas changé, mais le temps a passé. Il y a un an, quasiment jour pour jour, le 31 août précisément, Vincent Euvrard dirigeait le Standard, pour la première fois, lors d'un match à OH Louvain.Quarant...
Le décor n'a pas changé, mais le temps a passé. Il y a un an, quasiment jour pour jour, le 31 août précisément, Vincent Euvrard dirigeait le Standard, pour la première fois, lors d'un match à OH Louvain.
Quarante matchs plus tard (16 victoires, 14 défaites et 10 partages), le technicien rouche revient à Den Dreef, qu'il a connu dans une autre vie – il a entraîné OHL entre 2019 et 2020 −, avec d'autres intentions et une meilleure connaissance de l'environnement dans lequel il évolue avec un certain bonheur.
À Louvain, il y a un an, il avait perdu son premier match (1-0) et il avait bien préparé sa conférence de presse d'après-match, qui faisait office de présentation, puisqu'il arrivait en remplacement de Mircea Rednic, licencié quelques jours plus tôt.
Des airs de Michel Preud'homme première version
Il s'était présenté avec une série de chiffres (à améliorer) qui résumait assez bien son approche. Adepte des data, méticuleux, Euvrard (44 ans) est un cartésien, qui lit ce qui s'écrit sur son équipe. Il a pu rappeler, aux plus anciens du club, le souvenir de Michel Preud'homme, dans sa première version au Standard, pour son souci du détail et son sens de l'analyse.
Au Standard, Vincent Euvrard n'a pas l'impression d'aller à la guerre avec un pistolet à eau : "Mais il faudra surperformer pour atteindre le top 5"Contrairement à Preud'homme, et à d'autres techniciens avant lui, Euvrard n'a pas un tempérament volcanique en bord de terrain. Il est plus mesuré, critique rarement l'arbitrage mais tout le monde au club le décrit comme un passionné.
S'il n'a pas le tempérament d'un Preud'homme ou d'autres techniciens "volcaniques" comme Guy Luzon, Ricardo Sa Pinto ou Ronny Deila, il a conscience de l'endroit où il est. Il assume sa personnalité, ne compte pas se prendre pour quelqu'un d'autre. Mais il a bien intégré les qualificatifs passion et ferveur, deux des trois mots définissant le club.
Un discours construit et honnête, parfois trop
Euvrard partage aussi, avec ses prédécesseurs "bouillants", le point commun d'avoir atteint la barre des 40 matchs dirigés, ce qui n'est pas tout à fait courant dans le contexte instable du Standard.
Ils sont huit entraîneurs, sur dix-huit, à présenter un bilan de 40 matchs au moins lors des quinze dernières années. Mais seuls trois entraîneurs ont atteint la barre des 60 rencontres, toutes compétitions confondues, ce qui peut être un objectif réaliste pour Euvrard, qui imiterait ainsi Leko (62), Luzon (72) et Preud'homme (88).
23 joueurs, plus de qualité et un banc qui doit être décisif : le noyau du Standard est plus riche et doit faire la différenceIl s'inscrirait, surtout, dans une forme de continuité, avec une direction qui apprécie son travail et son discours vers l'extérieur, jamais polémique. Quand il prend la parole, Euvrard développe plutôt un discours construit, honnête, parfois trop pour un milieu où le mensonge peut être considéré comme une qualité.
guillementJ'espère que j'ai évolué quand même.
Dans l'intimité du vestiaire, il peut hausser le ton, évidemment, et recadrer les éléments qui franchissent sa ligne jaune. Mais s'il peut être critique dans ses analyses publiques, il n'"affiche" pas un joueur publiquement, ou rarement.
Sur le plan du jeu, il a fait évoluer son équipe pour la rendre plus offensive, et plus joueuse. Il a pu lui être reproché, la saison passée, des choix plus frileux, et l'idée a pu faire un peu son chemin lors des deux premières journées. Il s'en défend, avec des arguments, et rarement en s'énervant.
Interrogé jeudi sur ce premier anniversaire et le regard qu'il pose sur son évolution, Euvrard esquivait quelque peu, se contentant de dire : "J'espère que j'ai évolué quand même. Le Standard et moi avons évolué cette année." Relancé sur ses progrès, il bottait une dernière fois en touche : "Je n'aime pas trop parler de moi. Je préfère parler du club et on voit clairement la différence entre le onze qui a débuté à Louvain il y a un an et le onze d'aujourd'hui."
Dans les noms (8 des 20 joueurs ne sont plus là) et dans les intentions, le temps a en effet fait son œuvre.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.