Sortie ciné. La Dernière patiente : Anouk Grinberg en femme médecin pour un éloge de la sororité
La Dernière patiente, en salles ce mercredi, est la première réalisation de fiction de son auteur Rémi Bassaler, le portrait croisé de deux femmes, pour un éloge de la sororité, lesté par un glissement curieux vers le fait divers.
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La Dernière patiente : Anouk Grinberg en femme médecin pour un éloge de la sororité
La Dernière patiente, en salles ce mercredi, est la première réalisation de fiction de son auteur Rémi Bassaler, le portrait croisé de deux femmes, pour un éloge de la sororité, lesté par un glissement curieux vers le fait divers.
Nathalie Chifflet -
Aujourd’hui à 08:15
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Il arrive souvent, dans un premier film, de vouloir faire le plein, par peur du vide. Dans La Dernière patiente, Rémi Bassaler, avec sa coscénariste Marion Defer, n’a pas lésiné, intriquant tout un tas de thèmes sociaux, plus ou moins connexes. Il est tout à la fois question de la démolition d’une tour dans le grand ensemble de banlieue du Haut-du-Lièvre à Nancy, des déserts médicaux dans les quartiers sensibles, de l’hôpital en crise et en désordre de bataille, d’un accès compliqué aux soins, de la fin d’une carrière sacrifiée aux autres, du devoir et de la morale, de l’emprise et des violences psychologiques dans le couple, de la revanche des femmes, d’une sororité qui s’épaule jusqu’à reproduire elle-même de la violence.
C’est l’histoire d’une femme médecin sur le point de partir à la retraite (Anouk Grinberg, cheveux gris, regard dur fatigué, asthme de fumeuse), qui a fermé son cabinet médical dans une tour en train d’être vidée de ses habitants car bientôt démolie, qui fait la rencontre fortuite d’une jeune femme enceinte paumée (Luàna Bajrami, tout en ambivalence) et sans suivi médical, tandis que le père de l’enfant à naître exerce sur elle son emprise toxique (Félix Lefebvre, dans un contre-emploi à sa douceur naturelle).
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Le récit avec sa juxtaposition de thèmes en 80 minutes est forcé à l’empilement, au risque de manquer de soin et de profondeur dans l’écriture des personnages et des situations, bousculées de surcroît par une temporalité accélérée. Et dans cette histoire ramassée sur 24 heures, le thriller précipité de la fin donne une dérangeante tournure au propos. Faut-il en conclure que la violence faite aux femmes n’ouvre qu’à la violence, réciproque et revancharde ?
La Dernière patiente de Rémi Bassaler, en salles dès ce mercredi 2 septembre. Durée : 1 h 20.