Sommes-nous tous concernés par le trouble du spectre de l’autisme ? Une psychiatre démonte les idées reçues
Difficultés dans les interactions sociales, hypersensibilité, besoin de routines… Certains traits associés à l’autisme peuvent sembler familiers à beaucoup d’entre nous. Sommes-nous pour autant tous un peu concernés par le trouble du spectre de l’autisme ? Invitée du RTL info 13H, la psychiatre Caroline Depuydt revient sur plusieurs idées reçues autour de l’autisme.
Publié le 28 septembre à 13h55
Ajoutez-nous à vos favoris Google Difficultés dans les interactions sociales, hypersensibilité, besoin de routines… Certains traits associés à l’autisme peuvent sembler familiers à beaucoup d’entre nous. Sommes-nous pour autant tous un peu concernés par le trouble du spectre de l’autisme ? Invitée du RTL info 13H, la psychiatre Caroline Depuydt revient sur plusieurs idées reçues autour de l’autisme.Trois lettres pour une réalité particulièrement large : TSA, pour troubles du spectre autistique. Derrière cette appellation se cachent en effet des profils très différents, rappelle la psychiatre Caroline Depuydt, invitée du RTL info 13H.
Le TSA est un trouble du neurodéveloppement, qui peut notamment entraîner des difficultés dans les interactions sociales et la communication, ainsi que des comportements répétitifs ou une certaine rigidité. Mais leur intensité et leur manifestation peuvent fortement varier d’une personne à l’autre.
« Il y a autant d’autismes que d’autistes »
C’est justement pour cette raison que l’on parle de « spectre ». Pour l’expliquer, Caroline Depuydt préfère l’image d’une table de mixage plutôt que celle d’une simple ligne allant d’un autisme « léger » à un autisme « sévère ». « Vous avez par exemple le langage, où vous avez quelqu’un qui n’a pas accès au langage et quelqu’un qui peut parler tout à fait normalement », explique-t-elle. Même chose pour les capacités intellectuelles, la sensorialité ou encore les interactions sociales.
Certaines personnes peuvent ainsi être hypersensibles à certains bruits ou vêtements, tandis que d’autres ressentiront moins fortement le froid, la faim ou la soif. « En fonction de ces curseurs, on aura des personnalités tout à fait différentes. »
Sommes-nous alors « un peu tous TSA » ?
Puisque certaines caractéristiques associées à l’autisme peuvent se retrouver chez de nombreuses personnes, une question revient régulièrement : sommes-nous finalement tous « un peu autistes » ? « Non pas du tout », répond la psychiatre. Avoir des difficultés à communiquer ou à interagir avec les autres ne suffit évidemment pas à poser un diagnostic. Celui-ci repose sur une évaluation approfondie, qui peut nécessiter « des dizaines d’heures » d’entretiens et différents outils d’évaluation.
Les représentations de l’autisme restent également marquées par « deux grands stéréotypes », rappelle la psychiatre. « D’un côté, la personne qui ne parle pas et présente des mouvements répétitifs. De l’autre, l’image popularisée notamment par le film Rain Man, celle d’une personne aux capacités intellectuelles très élevées mais rencontrant d’importantes difficultés sociales ». Deux stéréotypes qui sont bien présent sur le spectre, mais qui sont « les deux bouts » de ce dernier, explique la psychiatre.
Un « masque » qui peut devenir épuisant
Certains TSA peuvent d’ailleurs passer longtemps inaperçus. Dès l’enfance, certaines personnes apprennent à observer et reproduire les comportements attendus socialement afin de dissimuler leurs difficultés. « L’enfant se rend compte qu’il est différent des autres, qu’il n’a pas les mêmes façons de réagir, qu’il ne capte pas toujours bien les émotions chez l’autre ou qu’il ne sait pas bien exprimer les siennes », explique la psychiatre.
Il peut alors apprendre les réactions attendues plutôt que de les adopter spontanément : rire dans telle situation, exprimer de la tristesse dans une autre… Un phénomène appelé « masking » ou masquage. Mais cet effort permanent peut avoir un coût important. « Il ne se sent jamais tout à fait lui-même », souligne Caroline Depuydt. À terme, cette adaptation constante peut conduire à un important épuisement, parfois qualifié de « burn-out autistique ».
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