Soleil, mer, bois, déchets… Ces communes misent sur leur énergie locale
Soleil, mer, bois, déchet... faisons le tour de ces communes qui utilisent leurs atouts locaux pour produire de l’énergie et se chauffer.Direction Melgven, 3 400 habitants dans le Finistère. Au lieu-dit Kerligo...
Soleil, mer, bois, déchet... faisons le tour de ces communes qui utilisent leurs atouts locaux pour produire de l’énergie et se chauffer.
Direction Melgven, 3 400 habitants dans le Finistère. Au lieu-dit Kerligoar, la commune va accueillir sur un terrain inutilisé depuis près de cinquante ans un projet privé de parc photovoltaïque.
D’ici fin mars 2027, 1 530 panneaux photovoltaïques d’environ 2 m² doivent y être installés, en lien avec la mairie, écrit Ouest-France.Ouverture dans un nouvel onglet Ils produiront à terme l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 271 foyers, hors eau chaude.
L’idée est simple et c’est précisément ce que font de plus en plus de territoires : s’appuyer sur leurs ressources locales pour produire de l’énergie autrement. A Melgven, c’est du foncier disponible et du soleil.
Ailleurs, c’est la mer : à Cannes, dans les Alpes-Maritimes, une centrale de thalassothermie est en cours de construction.
Prévue pour l’automne 2027, elle sera entièrement souterraine. C’est une première en France, selon TF1 !Ouverture dans un nouvel onglet
Le principe : récupérer les calories de l’eau de mer grâce à des pompes à chaleur. Cette énergie sert ensuite, via un réseau, à chauffer l’hiver et rafraîchir l’été plusieurs dizaines de bâtiments du centre-ville. Parmi eux, le célèbre palais des festivals, un collège, 17 hôtels, mais aussi des résidences, avec la promesse de réduire de 15% la facture des abonnés.
Plus au nord, dans la Creuse, la station thermale d’Évaux-les-Bains se chauffe avec les calories de ses eaux après leur utilisation par les curistes.
À Paris, le fleuve sera mis à contribution. Le nouveau réseau doit progressivement combiner géothermie avec chaleur de la Seine, mais aussi avec celle dégagée par le métro.
D’autres misent sur leurs déchets
À Villefranche-sur-Saône, les déchets de quelque 260 communes sont incinérés. Ils fournissent 75 % de l’énergie utilisée pour chauffer l’eau du réseau urbain, complétés notamment par du bois.
Et puis il y a ceux qui sont dans les territoires forestiers : à Vesoul en Haute-Saône, lit-on dansOuverture dans un nouvel onglet L’Est républicain,Ouverture dans un nouvel onglet une nouvelle chaufferie bois inaugurée le 10 octobre alimente 1 000 logements sociaux, trois lycées, un collège et une piscine.
Parfois, ces projets locaux ne font pas l’unanimité
Et ce pour des raisons différentes. Dans le cadre de panneaux solaires ou d’éoliennes, des opposants dénoncent parfois l’emprise au sol et les conséquences sur le paysage ou la biodiversité.
Pour les chaufferies, les inquiétudes tournent autour du bruit, de la circulation des camions ou encore des particules fines.
La géothermie, qui alimente déjà de nombreux réseaux, notamment dans le Bassin parisien, suscite des réticences à cause des risques sismiques liés à certains forages profonds.
Derrière tous ces projets, il y a un objectif très actuel : réduire à terme la facture en dépendant moins du gaz et du fioul importés
L’énergie pèse autour de 5 % des dépenses de fonctionnement des communes et intercommunalités.
Derrière beaucoup de ces projets locaux, il y a une volonté de gagner en autonomie. À Varzy, 1 000 habitants dans la Nièvre, le maireOuverture dans un nouvel onglet assume un enjeu très fort : “On joue sur la souveraineté française”, dit-il à propos de son réseau de chaleur alimenté par le bois de la forêt locale.
Reste que toutes les communes n’ont pas les mêmes ressources : la mer sur le littoral, le bois dans les territoires forestiers, les déchets dans les villes, la chaleur sous nos pieds ailleurs. En matière d’énergie, la transition devient une affaire de géographie locale.