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Société. Plongeons sauvages : un nouvel accident, quand le grand frisson prend le pas sur le risque

Les images sont saisissantes, spectaculaires. Perchés sur une falaise à plusieurs mètres de haut, adolescents et jeunes adultes en recherche du grand frisson s’élancent, sautent, les plus téméraires tentent par...

Les images sont saisissantes, spectaculaires. Perchés sur une falaise à plusieurs mètres de haut, adolescents et jeunes adultes en recherche du grand frisson s’élancent, sautent, les plus téméraires tentent parfois une cabriole, avant d’atterrir dans l’eau, sous les yeux amusés de leurs amis. À Marseille, c’est grâce à – ou à cause de – l’une de ces nombreuses vidéos partagées sur Instagram que Romain, touriste suisse de 18 ans, a commencé à sauter, « pour les caméras », explique-t-il.

Depuis les rochers de la corniche Kennedy, en centre-ville de la cité phocéenne, des tas de jeunes s’essaient au grand saut, chaque été, dès que la météo le permet. En recherche d’« adrénaline », quitte parfois « à se faire peur », confient-ils.

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Un adolescent entre la vie et la mort

Si la pratique, dans sa forme professionnelle, est encadrée – elle dispose même de sa compétition officielle chaque année, avec le Red Bull Cliff Diving –, les risques encourus par les plongeurs amateurs inquiètent les pouvoirs publics et donnent du travail aux secouristes. À Marseille, le mois d’août est particulièrement accidenté : deux jeunes ont été blessés dimanche 9 août, dont l’un grièvement, après avoir violemment percuté le fond, en sautant depuis les rochers de la plage des Catalans. Quelques jours plus tard, un homme de 30 ans a été transporté à l’hôpital après un plongeon de quinze mètres de haut. Lundi encore, les marins-pompiers ont réanimé un adolescent de 15 ans, victime d’un arrêt cardio-respiratoire après un nouvel accident. Repêché, il se trouve toujours entre la vie et la mort.

Pour tenter d’enrayer la spirale, la mairie de Marseille a mis en place, dès 2006, un arrêté – toujours en vigueur – interdisant les plongeons de plus de trois mètres. Mais le risque d’amende encouru, entre 38 et 150 euros, ne semble pas effrayer les plongeurs, toujours plus nombreux à s’essayer du haut des falaises.

Pour dissuader, verbaliser ou secourir ces amateurs de grand frisson, la municipalité a également formé, en 2023, une brigade maritime municipale. Quarante agents sont formés pour patrouiller le long des 57 kilomètres de façade maritime que compte Marseille, avec une vigilance accrue le long de la corniche Kennedy. « C’est très haut et ça peut être très dangereux au moment de l’atterrissage », souligne Céline Lefléfian, directrice de la police municipale. En période estivale, les effectifs de la brigade sont épaulés par une équipe de médiateurs, venus « décourager les jeunes avant qu’ils ne sautent », affirme l’un d’entre eux.

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Parmi les autres outils de dissuasion, certains adolescents ont récemment été convoqués en mairie devant élus, policiers municipaux, délégués du procureur et services administratifs. L’un d’entre eux, Samy, 14 ans, a écopé d’un rappel à la loi après avoir visionné le témoignage d’un influenceur racontant être passé proche de l’amputation après un plongeon mal maîtrisé. « C’est vrai qu’on n’a pas envie de finir comme ça », concède le jeune homme.

De nombreuses municipalités cherchent la parade

En France, de nombreuses villes tentent, elles aussi, de mettre fin à cette pratique grisante. C’est notamment le cas de Floirac (Lot), où les sauts et plongeons depuis la falaise au-dessus de la Dordogne sont « formellement interdits », ou au Pont du Gard, qui enjambe le Gardon, depuis lequel un saut coûte 100 € aux contrevenants. Même interdiction au Pont du Diable, près de Montpellier, ce qui n’a pas empêché un jeune homme de 22 ans de sauter dimanche dans l’Hérault. Après une chute de 21 mètres de hauteur, il a été gravement blessé à la colonne vertébrale, deux ans jour pour jour après le plongeon mortel d’un autre baigneur.

Début août, alors que déjà plus de 200 noyades estivales avaient été recensées dans toute la France, un décret a renforcé les sanctions en cas de baignades hors des zones autorisées ou sous drapeau rouge. Le montant de cette amende passe de 38 euros maximum à 68 euros et peut être dressée directement par procès-verbal électronique.