Société. En Allemagne, des détecteurs automatiques de téléphone au volant près de la frontière française
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En Allemagne, des détecteurs automatiques de téléphone au volant près de la frontière …
Le Land de Rhénanie-Palatinat a mis en service sur ses autoroutes des détecteurs automatiques de téléphone au volant. Le Bade-Wurtemberg, bien plus proche du Territoire de Belfort, envisage de faire de même.
Philippe Piot -
Aujourd’hui à 18:19 | mis à jour aujourd’hui à 18:26
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L’exécutif Verts-CDU, qui a pris la tête du Land du Bade-Wurtemberg en mars dernier en Allemagne, a inscrit dans son contrat de coalition d’examiner la possibilité d’introduire sur les routes des “handyblitzer”, aussi appelées “monocams”, des caméras spécifiquement chargées de repérer les conducteurs utilisant leur téléphone portable au volant. Le Bade-Wurtemberg est le Land situé de l’autre côté du Rhin lorsqu’on entre en Allemagne en venant d’Alsace ou de la région de Belfort.
Le système, qui a été développé aux Pays-Bas par le service innovation de la police néerlandaise, s’appuie largement sur l’intelligence artificielle pour repérer, dans le flux de circulation, l’utilisation d’un téléphone au volant. Les caméras sont installées, avec une vue plongeante, sur des ponts, des portiques de panneaux indicateurs ou toute construction surélevée. Un algorithme analyse les photos. Si le système détecte ce qui ressemble à une infraction, la photo est transmise à un policier, qui est seul habilité à relever l’infraction.
En application près du Luxembourg
Le système, dont le développement a débuté en 2017, a été déployé aux Pays-Bas à partir de 2021. En Allemagne, le Land de Rhénanie-Palatinat (dont la partie sud est proche de Strasbourg), a testé ce système pendant 90 jours avec une seule caméra en 2022 : 1 200 infractions ont été relevées, c’est-à-dire plus de 13 infractions par jour et par appareil. Les monocams sont déployées en Rhénanie-Palatinat depuis avril 2025.
Le caractère opérationnel de la technologie n’a posé aucun problème. Il n’en a pas été de même des implications juridiques. La caméra, qui ressemble à un radar classique, filme et contrôle de manière systématique tous les véhicules qui passent devant elle. Il a fallu créer une loi spéciale pour collecter et traiter les images. Le texte adopté par le Parlement de Rhénanie-Palatinat précise également qu’en l’absence d’infraction, les données doivent être effacées rapidement.
10 % des accidents mortels
Michael Ebling, ministre de l’Intérieur de Rhénanie-Palatinat, a souligné lors de la mise en place de la première caméra, sur un pont de l’autoroute 60 près de Mayence, qu’il était très difficile pour la police de prouver ce type d’infractions en étant positionné au bord de la route. Pourtant, « à 100 km/h, regarder son téléphone pendant seulement une seconde signifie parcourir environ 30 mètres en conduisant à l’aveugle, cela peut être mortel. La distraction au volant est l’un des dangers les plus sous-estimés dans la circulation routière », indique-t-il.
Les caméras utilisées sont mobiles, et peuvent changer de pont.
Soulignant que la distraction au volant est la cause d’environ 10 % des accidents mortels, le Bade-Wurtemberg vient de lancer une étude qui portera sur la base légale nécessaire pour adopter ces caméras, la compatibilité avec le droit à la protection des données personnelles et le retour d’expérience de la Rhénanie-Palatinat. Il n’a pas prévu, pour le moment, de faire de test.