Social. Parcoursup : les quotas de boursiers ne sont pas toujours atteints, pointe une étude
La plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup accorde parfois « une priorité excessive à certains candidats » sans pour autant garantir que les taux minimaux de boursiers soient atteints dans chaq...
La plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup accorde parfois « une priorité excessive à certains candidats » sans pour autant garantir que les taux minimaux de boursiers soient atteints dans chaque formation, souligne une étude publiée ce jeudi, qui propose une modification du fonctionnement pour y remédier. Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne, la plateforme cristallise la colère : sa suppression fait partie des revendications. Le gouvernement doit proposer d'ici la fin du mois des ajustements.
« Le système actuel aide l'accès aux boursiers (à certaines formations), c'est indéniable », affirme Julien Combe, professeur au département d'économie de l’École polytechnique et coauteur avec Denis Sokolov, également chercheur au département d'économie de l’École polytechnique, d'une note de l'Institut des politiques publiques (IPP). « Ce que l'on montre, c'est qu'il pourrait être mieux "désigné" » pour que les quotas soient effectivement atteints parmi les admis dans chaque formation, ajoute-t-il.
« Priorité excessive »
Parcoursup, créée en 2018, qui centralise les offres de formation et les souhaits des bacheliers, met actuellement en œuvre les quotas de boursiers et de résidents en modifiant les classements des formations avant le début de la procédure d’admission. Les formations ont l'obligation de dire oui à un certain nombre de candidats boursiers ou résidents dans l'académie dont elles dépendent, mais n'ont pas l'obligation d'avoir effectivement dans leurs effectifs finaux ces quotas d'élèves, explique Julien Combe.
« Ce dispositif peut accorder une priorité excessive à certains candidats sans pour autant garantir l’atteinte des taux minimaux de boursiers et de résidents, même lorsque des candidats éligibles souhaitent intégrer les formations concernées », conclut l'IPP. Pour éviter ces deux effets, les auteurs proposent « d’appliquer les quotas au fil de la procédure d’admission, en ajustant les priorités en fonction des propositions et des réponses des candidats ».
Selon leurs simulations, sur les données de 2024, leur système « porterait le taux de réalisation des quotas de boursiers de 68 % à 88 %, augmenterait de près de 11 % le nombre de boursiers admis et éliminerait presque entièrement les dérogations injustifiées ». L'IPP a travaillé sur la campagne de 2024 : 886 000 candidats postulant sur plus de 523 000 places, dont 102 000 (19 %) ciblées pour les boursiers et plus de 178 000 (34 %) ciblées pour les candidats du secteur.
Depuis la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) de 2018, les taux minimum de boursiers s’appliquent à toutes les formations publiques, tandis que les taux minimum de résidents ne s’appliquent qu’aux formations publiques dites non sélectives, les licences générales par exemple.