Social. « Le gouvernement doit arrêter de mépriser la jeunesse » : la mobilisation lycéenne partie pour durer
La colère des lycéens ne faiblit pas. Plusieurs milliers d’entre eux se sont mobilisés vendredi, perturbant 735 établissements, selon les chiffres du ministère de l’Éducation qui avait en outre fermé par antici...
La colère des lycéens ne faiblit pas. Plusieurs milliers d’entre eux se sont mobilisés vendredi, perturbant 735 établissements, selon les chiffres du ministère de l’Éducation qui avait en outre fermé par anticipation près de 400 lycées.
Pour tenter de faire retomber la pression, le ministre Édouard Geffray a rencontré dans la journée des associations lycéennes, syndicats de l’éducation et parents d’élèves. Sans succès. « Cet échange a permis de rappeler qu’on ne pourra pas sortir de cette crise sans réponse politique nationale », a assuré Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées.
« Nous demandons une hausse des moyens pour l’éducation »
« L’une des difficultés de ce mouvement, c’est qu’il n’y a pas de revendication nationale. Tout est parti de revendications locales », semblait regretter dans la matinée, Edouard Geffray. « Il connaît très bien nos revendications, il essaye juste de gagner du temps et espère noyer le poisson », balaye Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante qui milite aux côtés des organisations lycéennes. « Nous demandons une hausse des moyens alloués à l’Éducation nationale et à l’Enseignement supérieur. Des moyens humains : professeurs, psychologues scolaires, assistants d’éducation mais aussi des moyens matériels. Voyez comme certains établissements sont vétustes ! », nous énumère-t-elle.
Comme d’autres associations, dont les syndicats lycéens, l’Union étudiante demande par ailleurs la suppression des plateformes Parcoursup et Mon master qui sont « des mesures de tri social et raciste ». « Si le gouvernement veut sortir de cette crise, il doit arrêter de mépriser la jeunesse et accéder à nos revendications », ajoute l'organisation. En réponse à la mobilisation, le ministre de l’Éducation avait annoncé mercredi la création… d’une plateforme de concertation. Vendredi, Edouard Geffray a annoncé le lancement prochain d'un « plan d'action » pour « accélérer le remplacement » des professeurs notamment dans les classes de première et terminale. « Dès le début de la semaine prochaine, nous allons lancer un plan d'action avec l'ensemble des recteurs de manière à ce que les remplacements puissent être sensiblement accélérés et qu'ils soient évidemment priorisés sur les classes à examen », a-t-il indiqué.
« La violence n’est pas notre stratégie »
« On veut pouvoir étudier dignement. On a quatre toilettes valables pour plus de 1 000 élèves. Il manque des profs. On nous met la pression pour le bac mais on ne peut pas apprendre correctement », pouvait-on entendre à Dardilly, en région lyonnaise, parmi de jeunes manifestantes. Des revendications pacifiques émaillées de débordements. Plusieurs policiers et bâtiments ont été la cible de violences et dégradations. « La colère est légitime, mais la violence n’est pas notre stratégie », se désolidarise la porte-parole de l’Union étudiante, qui tempère, « on nous baratine en boucle avec des poubelles et des bus qui brûlent, en attendant, de notre côté ce sont des étudiants qui sont éborgnés, des lycéens qui sont étranglés et hospitalisés ».
Si le week-end devrait donner lieu à une accalmie, les organisations lycéennes et étudiantes appellent d’ores et déjà à une reprise dès la semaine prochaine et espèrent une large mobilisation dans la rue, le mardi 6 octobre. La CGT et Solidaires se joindront au mouvement, la CFDT a de son côté déclaré « soutenir » la mobilisation.
Craignant une convergence des luttes et la propagation du mouvement aux universités, dont certaines sont déjà mobilisées, le gouvernement marche sur des œufs. Preuve en est, son rétropédalage express, jeudi, en renonçant aux frais d’inscription en BTS ou classe prépa alors même que cette mesure inflammable avait été inscrite dans le budget 2027 présenté le matin même.
Vendredi, le ministère de l’Enseignement supérieur a annulé, à une trentaine de minutes de sa tenue, la présentation de son budget 2027. In extremis. De source proche du dossier, cette temporisation a permis au gouvernement de gommer d’éventuels autres irritants.