“Si je retourne là-bas, mon père me tuera” : à Ceuta, le sort toujours incertain de centaines de femmes et d’enfants migrants qui ont fui la violence
À Ceuta, en Espagne, un terrain de foot sert de refuge à 300 femmes et enfants marocains qui ont fui la violence. Les associations et les autorités alertent sur les risques de trafic d'êtres humains et signalent des cas de viols.
l'essentiel À Ceuta, en Espagne, un terrain de foot sert de refuge à 300 femmes et enfants marocains qui ont fui la violence. Les associations et les autorités alertent sur les risques de trafic d'êtres humains et signalent des cas de viols.
Sur un terrain de foot du quartier de La Reina, en périphérie de Ceuta (Espagne), l'enclave située au nord du continent africain, un groupe de 300 femmes et enfants marocains a pris possession des lieux après une vague de nouvelles arrivées ces derniers jours. Ici, ils dorment à même le sol sous des couvertures partagées, selon l'agence de presse espagnole EFE citée par 20 minutos.
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C'est le cas de Wiam, 23 ans. Elle est arrivée à la nage depuis le Maroc voisin il y a quelques jours. La jeune femme l'assure, elle a fui le cauchemar de la violence. "Mon père voulait abuser de moi au Maroc et m'a menacée de mort si je rentrais. Je devais lui échapper et changer de vie", confie-t-elle à nos confrères espagnols.
Ce terrain de foot où Wiam s'est installée est un refuge provisoire où il n'y a que des femmes et des enfants. Il est géré par des voisins. "Nous avons commencé à constater des cas d'extrême vulnérabilité et de viols parmi les filles dormant dehors, alors nous avons décidé de leur offrir un abri et un refuge", explique à l'EFE Abdelah Mustafa, le président de l'association de quartier Sidi Embarek, à l'origine de cet espace.
Un risque de "trafic d'êtres humains" et de "réseaux d'exploitation"
Dans une des longues files d'attente mises en place par l'administration espagnole pour les demandes liées à l'immigration, Haia, 16 ans, marche difficilement. Elle a une jambe plâtrée et est arrivée seule à Ceuta. Elle vit désormais dans la rue mais elle ne souhaite pas retourner au Maroc, où son père la frappait : "Si je retourne là-bas, mon père me tuera", témoigne la jeune fille auprès de nos confrères de RTVE. Une autre jeune fille raconte avoir fui un mariage forcé.
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Ces témoignages sont nombreux et ne surprennent malheureusement pas Jennifer Zuppiroli, de l'association Save The Children, qui insiste sur la nécessité d'une prise en charge efficace pour protéger des personnes déjà lourdement fragilisées. "Il existe (pour ces femmes et ces enfants, ndlr) un risque de tomber dans des réseaux de trafic d'êtres humains ou des réseaux d'exploitation", estime-t-elle auprès de RTVE.
Six cas de viols sur mineures signalés
Toujours auprès de nos confrères espagnols, Enrique Roviralta, médecin du CHU de Ceuta, "constate également une augmentation des agressions sexuelles sur des mineures marocaines, des filles". Les autorités sanitaires espagnoles ont d'ores et déjà confirmé quatre cas de viols sur mineures, six ont été signalés.
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Environ 72 000 personnes sont entrées en force depuis le 30 juillet dernier à Ceuta. Parmi elles, environ 70 000 sont déjà retournés au Maroc voisin, selon les derniers chiffres du ministère espagnol de l'Intérieur. Ce sont, parmi celles qui restent, les personnes les plus vulnérables qui préoccupent désormais les autorités.