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« Si c’était à refaire, j’en choisirais un autre » : ils regrettent un peu le prénom populaire de leur enfant

Life 19/09/2026 07:55 Alma, Gabriel, Louis… En choisissant le prénom de leur enfant, ils pensaient faire preuve de singularité. Jusqu’à ce qu’ils découvrent le top 10 des prénoms les plus ...

Life 19/09/2026 07:55

Alma, Gabriel, Louis… En choisissant le prénom de leur enfant, ils pensaient faire preuve de singularité. Jusqu’à ce qu’ils découvrent le top 10 des prénoms les plus en vogue.

Parfois vrai coup de cœur, parfois issu d’un compromis, un prénom n’est jamais le fruit du hasard. Pour les parents qui le choisissent, il reflète à la fois leur culture, leur origine, leur histoire commune, leurs goûts.

Caia Image / Getty Images/Collection Mix: Sub

Parfois vrai coup de cœur, parfois issu d’un compromis, un prénom n’est jamais le fruit du hasard. Pour les parents qui le choisissent, il reflète à la fois leur culture, leur origine, leur histoire commune, leurs goûts.

EN BREF
Des parents regrettent d’avoir choisi des prénoms populaires comme Alma et Gabriel pour leur enfant.
La popularité soudaine de certains prénoms a surpris, causant parfois des désagréments, comme la nécessité d’ajouter des initiales pour différencier les enfants.
D’autres, malgré la tendance, restent satisfaits de leur choix, soulignant l’importance de suivre son instinct.

L’IA au HuffPost.

« Je crois qu’on a pris conscience de la popularité du prénom Alma quand notre fille est arrivée à la crèche, un peu après le Covid. Je me souviens quand on était au parc, on entendait crier autour de nous “Alma”, mais ce n’était jamais pour elle. »

Parfois vrai coup de cœur, parfois issu d’un compromis, un prénom n’est jamais le fruit du hasard. Pour les parents qui le choisissent, il reflète à la fois leur culture, leur origine, leur histoire commune, leurs goûts.

C’est ainsi qu’Arnaud et Elsa ont fini par se mettre d’accord sur le prénom Alma. « Mon père est d’origine portugaise et ne parle pas bien français, on voulait donc trouver un prénom qui serait facile à prononcer pour lui », nous explique Elsa. « Alma est arrivé presque par hasard et il nous a plu à tous les deux », abonde son compagnon.

Une « blessure personnelle »

Au moment de la grossesse d’Elsa, en 2019, ce doux prénom d’origine latine est encore confidentiel. C’est du moins ce que pensent les jeunes parents. Ce qu’ils ne savent encore, c’est qu’il combine plusieurs critères hautement désirables - deux syllabes, une sonorité moderne - qui vont rapidement le rendre incontournable.

Longtemps absent du classement établi par l’Insee des 50 prénoms les plus donnés, il finit par y débouler en 2022 à la 16e place. En 2025, 2 500 petites Alma ont vu le jour, ce qui en fait le 4e prénom le plus donné dans l’Hexagone pour cette année.

Pour les jeunes parents, cette popularité soudaine a été difficile à vivre, d’autant qu’à Paris, la ville où ils résident, Alma caracole à la première place du top des prénoms féminins. Par la force des choses, leur fille côtoie donc régulièrement d’autres petites Alma, notamment à l’école. « Heureusement, elle est la seule dans sa classe cette année, mais en maternelle, elles étaient deux et honnêtement, ça m’a saoulée », lâche Elsa. Le problème, ajoute la quadragénaire, c’est que les initiales de son nom de famille ont été accolées à son prénom pour qu’on puisse la distinguer de l’autre petite fille aussi prénommée Alma. « Résultat, à la fin de l’année scolaire, quand on lui demandait comment elle s’appelait, elle répondait “Alma B.”. »

Elsa et Arnaud ne sont pas les seuls à regretter la popularité du prénom sur lequel ils ont jeté leur dévolu. François avoue même qu’il s’agit d’une « blessure personnelle » d’avoir abdiqué et laissé sa compagne d’alors choisir le prénom Gabriel pour son fils.

En 2014, année de sa naissance, il truste déjà la 2e place du classement, et occupe même depuis 2021 la première place du podium. Ce que n’ignoraient pas les futurs parents. « Nous savions effectivement que ce prénom était beaucoup donné dès le départ, ce qui agissait comme un repoussoir pour moi. J’ai cherché d’autres prénoms masculins jusqu’aux derniers jours pour éviter Gabriel… En vain. Ni la mère, ni moi n’arrivions à nous entendre sur un choix commun », soupire François, qui est, depuis, régulièrement confronté à la grande popularité de Gabriel. « Mon fils a toujours eu dans son école, au cours de sport, des garçons portant le même prénom », relate-t-il.

La déception de faire « comme tout le monde »

Aussi tendance soit-il chez les jeunes parents, le prénom Gabriel reste en réalité bien moins donné aujourd’hui que d’autres prénoms stars de l’époque, comme Jean et Marie. Selon les données de l’Insee, 4 625 petits Gabriel sont nés en 2025, contre… Plus de 53 000 Jean et 31 000 Marie en 1946. Pour une raison simple : ces 40 dernières années, le nombre de prénoms a explosé. Les 643 900 bébés nés en France en 2025 portent ainsi 65 940 prénoms différents, contre 8 000 après-guerre. « C’est une fausse impression qu’il y a beaucoup de petits Gabriel qui naissent chaque année, confirmait récemment au HuffPost Baptiste Coulmont, professeur de sociologie à l’École normale supérieure Paris-Saclay et auteur de Sociologie des prénoms (3e éd., La Découverte, 2022). Même avec près de 50 000 naissances enregistrées ces dix dernières années, leur proportion est infime. »

Pour Elsa, le plus difficile à vivre est la sensation que le choix du prénom Alma lui a été « volé ». « Quand on choisit un prénom original et que finalement, tout le monde le porte, c’est dur. Ce qui me perturbe le plus, c’est de me dire que j’ai dû, inconsciemment, être sensible aux mêmes critères qui ont influencé d’autres parents. » De quoi lui faire regretter ce choix ? « Si c’était à refaire, je choisirais un autre prénom », souffle-t-elle. « Si j’avais su qu’Alma finirait dans le top 10, j’aurais poussé la réflexion plus loin », abonde Arnaud.

François, de son côté, aurait préféré choisir un prénom « qui a plus de sens » pour lui. « Principalement car je ne voulais pas “faire comme tout le monde” et me retrouver avec un enfant qui porte un prénom particulièrement commun. »

Assumer, plutôt que regretter

Mais il arrive aussi parfois que les parents soient fiers du prénom en vogue qu’ils ont choisi. C’est le cas de Charles-Marie et Alisson, qui sont heureux d’avoir suivi leur instinct en prénommant leur premier né Louis. « Nous avons gardé le cap et aujourd’hui, nous n’avons aucun regret, assure Charles-Marie. Le prénom lui va à ravir et nous n’avons aucune frustration d’entendre d’autres enfants appelés avec le même prénom. » D’ailleurs, ajoute-t-il, lui et son épouse sont régulièrement complimentés sur leur choix. « Nous sommes persuadés qu’il ne faut pas hésiter une seconde à donner un prénom classique et populaire si on en a l’envie. »

D’autant que les premiers concernés ne partagent pas toujours la déception de leurs parents. Comme le fils de François, Gabriel, qui fait peu de cas de porter le prénom le plus donné depuis des années. « Quand je lui ai demandé si ça l’embêtait de croiser d’autres Gabriel, il m’a répondu. “C’est pas grave. Il y en a même un qui est mon copain !” » De quoi atténuer un peu les regrets.