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Service Citoyen : l’expérience fructueuse de Rosalie et Mirabed - RTBF Actus

Rosalie, elle, est diplômée depuis un an. Elle possède un bachelier en sciences humaines et sociales ainsi qu’un master en sciences de la population et du développement. Pendant huit mois, elle cherche du trava...

Rosalie, elle, est diplômée depuis un an. Elle possède un bachelier en sciences humaines et sociales ainsi qu’un master en sciences de la population et du développement. Pendant huit mois, elle cherche du travail, sans succès :

"C’était difficile mentalement. Se lever, postuler et ne recevoir aucune réponse… c’est très décourageant et ça a tendance à vous isoler."

Une période d’autant plus éprouvante qu’elle a traversé une dépression après le décès de sa mère. C’est via les réseaux sociaux qu’elle découvre le Service Citoyen. À 24 ans, elle décide de se lancer. Elle effectue une mission de six mois à la ferme urbaine et participative du Chant des Cailles, à Watermael-Boitsfort. Ses missions : le maraîchage et les animations pour enfants. Habituée aux études théoriques, elle découvre un travail concret, physique, en plein air.

"On pense souvent aux jeunes qui ont des difficultés d’orientation, mais c'est aussi utile pour ceux qui ont un diplôme et ne trouvent pas de travail", explique Rosalie.

Pour Mirabed, le Service Citoyen représente rapidement un tournant. "Quand j’ai décroché de l’école, c’était une nouvelle chance pour moi", déclare le jeune homme. Quand ses parents sont arrivés en Belgique, il s’est vite senti submergé par le poids des responsabilités malgré la joie immense de les retrouver après toutes ces années. "Si mes parents avaient des rendez-vous, je n’allais pas les laisser seuls alors qu’ils venaient d’arriver et qu’ils ne parlaient pas un mot de français", se souvient-il.

Un poids trop lourd pour un jeune homme de 17 ans, qui le mène, selon lui, au décrochage scolaire.

C'est à ce moment-là que le Service Citoyen lui a ouvert des portes. Comme tous les participants, il a bénéficié d’un accompagnement psycho-social personnalisé. "Le contact est super bien passé avec Monsieur Damien, mon assistant. Il s’est intéressé à moi et m'a orienté vers le service que je voulais", explique Mirabed.

C’est ainsi qu’il a obtenu une mission de 6 mois au Centre d’accueil Croix Rouge pour demandeurs d’asile de Belgrade à Namur. Une place de choix pour celui qui depuis toujours rêve de travailler dans le social et qui est lui-même passé par plusieurs de ces centres.

"Quand j’ai commencé à travailler dans le centre, c’était un de mes rêves qui se réalisait, je n’ai pas dormi de toute la nuit, j’étais tellement content", dit-il en souriant. "Je voulais aider les résidents, les orienter, les écouter. Je ne veux pas qu’ils se sentent seuls comme moi à mon arrivée en Belgique à 13 ans", précise Mirabed.

Le Service Citoyen se déroule sur quatre jours par semaine. Il s’agit d’un contrat de volontariat rémunéré à la hauteur de 12 euros 50 par jour. "On ne vit pas avec ça, même si ça aide à arrondir les fins de mois", commente Rosalie. Le cycle comprend des "temps collectifs" mensuels, des moments où plusieurs participant·es se rassemblent. Rosalie et Mirabed apprécient ces journées où ils rencontrent d’autres jeunes du Service Citoyens qui vivent des situations similaires.

Reprendre confiance en soi et ses capacités, se sentir utile, trouver sa voie... Si le Service Citoyen ne permet pas d’atteindre une indépendance financière, il peut permettre de se (re)mettre sur les rails. Mirabed a aujourd’hui obtenu un CDI comme accompagnateur social dans le centre où il a effectué sa mission. Rosalie, elle, poursuit son service et espère trouver un emploi prochainement.
Tous deux partagent un ressenti : il et elle estiment être sorti·es grandi·es de cette expérience.

Comme Rosalie et Mirabed, environ 900 jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles y prennent part chaque année.