Seneffe : Les citoyens veulent nettoyer le vieux canal alors que l’administration wallonne traine
Pour un collectif citoyen, il y a urgence pour sauver la faune de ce site qui fait partie du patrimoine local. La commune fait ce qu'elle peut pour jouer les intermédiaires avec la Région wallonne.
"Nous voulons aider pour le nettoyage ! " Le message lancé lundi soir au conseil communal de Seneffe par Marianne Hanique était clair. À l'origine d'une pétition qui a recueilli pas moins de 1.166 signatures, la citoyenne souhaite désormais passer à l'action pour sauver le vieux canal Seneffe-Ronquières, aujourd'hui recouvert d'un dense tapis végétal.
Le problème est visible : la végétation empêche la lumière de pénétrer dans l'eau et complique la respiration des poissons. Pour Marianne Hanique et le collectif citoyen qui s'est constitué autour de cette problématique, il n'est plus question d'attendre indéfiniment.
"Nous souhaitons retrouver l'équilibre entre la végétation, la faune et l'eau dans ce canal qui fait partie de notre patrimoine local", a-t-elle expliqué. Le collectif propose notamment de réunir la commune, la Région wallonne, le Département de la Nature et des Forêts (DNF) et le Contrat de rivière Senne afin d'encadrer une intervention de bénévoles qui pourraient retirer une partie de cette végétation.
"Le rien faire faute de budget ne doit pas être la seule réponse", estime Marianne Hanique, qui souhaite également qu'une analyse de la qualité de l'eau soit réalisée afin de comprendre les causes de cette végétalisation. "Il faut agir sur les causes et pas uniquement sur les conséquences."
La commune n'est pas restée inactive
Face à cette impatience citoyenne, l'échevin Eric Delannoy a rappelé que le vieux canal ne relève pas directement de la commune. Le site, malgré son intérêt naturel et historique, est géré par le Service public de Wallonie, les Voies hydrauliques ayant confié sa gestion au DNF.
La commune affirme toutefois avoir multiplié les démarches. Les premiers contacts avec le DNF remontent à 2010. En 2013, des opérations d'élagage, de fauchage et de nettoyage avaient notamment été menées. Des interpellations ont ensuite été adressées aux autorités compétentes en 2013, 2015, 2018 et 2025.
Une réunion de concertation s'est encore tenue en avril 2026 afin de déterminer les actions prioritaires. Une nouvelle réunion prévue lundi a cependant été déprogrammée.
Seneffe : Un poteau de bus installé… devant une porte à la rue WautersPendant ce temps, les citoyens constatent que le canal, lui, continue de se végétaliser et d'être pollué par des déchets.
La commune assure néanmoins un entretien régulier des lieux, notamment via le ramassage des déchets. Les équipes du CPAS interviennent également une dizaine de jours par an pour l'entretien des écluses.
Une barge ? Impossible
La piste d'une barge, comme cela se fait sur le canal du Centre, a également été étudiée. Mais le vieux canal n'est plus navigable et sa configuration ne permettrait pas facilement ce type d'intervention. Le coût serait estimé à 3.000 euros par passage mensuel par bief. Il y en a quinze.
Pour Eric Delannoy, une simple opération citoyenne ne pourrait donc pas régler le problème. Une analyse technique du site est indispensable. L'échevin rappelle également que plusieurs opérations de nettoyage avaient été organisées avec BeWapp depuis 2016, avant que le projet ne soit abandonné en 2025 faute de participation citoyenne suffisante.
Citoyens au taquet
Mais voilà précisément ce que les citoyens veulent aujourd'hui changer.
"Je sais que vous faites de votre mieux, mais nous voulons aider au nettoyage du vieux canal", insiste Marianne Hanique. Elle aurait d'ailleurs volontiers participé à l'opération de nettoyage en paddle organisée cette année si elle en avait été informée. Son idée : retirer la végétation présente sur l'eau et la valoriser ensuite en biomasse.

L'échevin Nicolas Dujardin assure que cette opération citoyenne pourrait être renouvelée, même si elle ne peut pas être ouverte à tout le monde pour des raisons d'encadrement et de sécurité.
La bourgmestre Bénédicte Poll a finalement proposé de poursuivre les échanges avec le collectif.
Le paradoxe est désormais évident : alors que les citoyens se disent prêts à retrousser leurs manches bénévolement, les démarches administratives, elles, prennent leur temps. Reste à savoir si cette mobilisation permettra enfin d'accélérer le nettoyage d'un vieux canal dont la végétation, elle, n'attend personne pour progresser.
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