Sénatoriales 2026. Dans le Bas-Rhin, un duel à droite sur le thème de la sortie du Grand Est
En 2020, André Reichardt, alors sortant, avait construit une liste pour porter au Sénat le projet de sortie de l’Alsace du Grand Est, et ce en dépit de l’existence d’une liste LR/UDI. ...
En 2020, André Reichardt, alors sortant, avait construit une liste pour porter au Sénat le projet de sortie de l’Alsace du Grand Est, et ce en dépit de l’existence d’une liste LR/UDI.
Finalement, les deux listes avaient obtenu chacune deux sénateurs : André Reichardt et Laurence Muller Bronn d’un côté, Claude Kern (qui ne se représente pas) et Elsa Schalck de l’autre.
André Reichardt a démissionné il y a un an pour mettre le pied à l’étrier du 3e de sa liste, le conseiller d’Alsace LR de Sarre-Union Marc Séné. Mais cette fois, celui-ci a décidé, pour le scrutin du 27 septembre, de rejoindre la sénatrice LR sortante Elsa Schalck qui porte elle aussi le projet de soutenir au Sénat la sortie de l’Alsace du Grand Est.
Marc Séné confie en aparté qu’il ne voulait pas repartir avec Laurence Muller-Bronn en raison des positions controversées de la sortante sur les questions de santé. La sénatrice qui a rejoint le mouvement de David Lisnard Nouvelle Énergie (NE) et quitté les LR il y a un peu plus d’an, a en effet été à l’origine de plusieurs controverses en raison de colloques organisés au Sénat avec des associations ou personnalités décriées.
Faire avec les institutions en place
Laurence Muller Bronn de son côté dit défendre sa « liberté », rejette toute idée de « déviance » des personnes qu’elle invite et développe volontiers des accents victimaires. Soutenue par les autonomistes d’Unser Land, elle estime être la plus légitime pour porter le sujet de la sortie de l’Alsace du Grand est. « Je n’ai jamais été élue sur des listes Grand Est, je n’ai jamais fait partie d’un conseil régional Grand Est ».
Une référence à Elsa Schalck, qui a été vice-présidente de la région Grand Est et au maire de Molsheim, Laurent Furst, 4e de la liste, un membre de la majorité régionale qui vante le travail de la région en matière économique tout en expliquant que le retour à une région Alsace serait préférable mais qu’en attendant, il faut faire avec les institutions en place. « On peut soutenir le projet de réforme institutionnelle sans faire de procès en illégitimité aux uns et aux autres, c’est un combat qui doit être collectif », balaye Elsa Schalck.
Dans ce duel à droite, Laurence Muller Bronn, qui est conseillère d’Alsace du canton d’Erstein a le soutien d’André Reichardt et elle a été rejointe sur sa liste, entre autres, par son collègue, le conseiller d’Alsace et maire d’Eschau Yves Sublon, le journaliste « lanceur d’alerte » Eric Vial ainsi que par la maire de Lampertheim, Murielle Fabre, secrétaire générale de l’Association des maires de France (Amf) et l’une des porte-paroles nationales du mouvement Nouvelle Energie.
2849 grands électeurs à convaincre
Mais deux vice-présidentes de la Collectivité européenne d’Alsace ont préféré rejoindre Elsa Schalck : la maire de Batzendorf Isabelle Dollinger (UDI) et la maire de Lingolsheim Catherine Graef Eckert (app LR).
La sénatrice sortante enregistre également un soutien de poids, celui du président de la CEA Frédéric Bierry. Il explique que trois exigences guident son choix : « La solidité de l’équipe, la clarté de la vision et de sa ligne pour l’Alsace, et sa capacité d’influence au Sénat pour construire une majorité stable et faire aboutir le projet Alsace. L’équipe qui répond au mieux à ces trois exigences est celle conduite par Elsa Schalck ». Un désaveu pour Laurence Muller Bronn, membre de la majorité de Frédéric Bierry.
Ce duel à droite va s’intensifier lors de cette dernière semaine de campagne. Le président du Sénat Gérard Larcher viendra mercredi soutenir Elsa Schalck. De son côté, David Lisnard le président de Nouvelle Energie et de l’Amf viendra soutenir Laurence Muller-Bronn vendredi après-midi et tiendra dans la soirée à Benfeld, un meeting dans le cadre de sa campagne présidentielle.
En 2020, les deux listes de droite avaient emporté quatre des cinq fauteuils de sénateurs du Bas-Rhin. Il reste une semaine aux candidats des sept listes en présence pour faire campagne auprès des 2 849 grands électeurs du département.