Sécheresse, canicule, incendies, élevages… Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau réclame des “mesures urgentes” et demande au gouvernement de chiffrer son plan d’aide
Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a déclaré ce lundi 10 août vouloir "interpeller le gouvernement" sur la sécheresse qui frappe le monde agricole actuellement. Il demande à ce que la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, "chiffre" et "date" précisément le plan d'aide qu'elle a annoncé la...
Sécheresse, canicule, incendies, élevages... Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau réclame des "mesures urgentes" et demande au gouvernement de chiffrer son plan d'aide
Publié aujourd'hui à 20h27
Lire dans l'appLe président de la FNSEA Arnaud Rousseau a déclaré ce lundi 10 août vouloir "interpeller le gouvernement" sur la sécheresse qui frappe le monde agricole actuellement. Il demande à ce que la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, "chiffre" et "date" précisément le plan d'aide qu'elle a annoncé la semaine dernière.
Des précisions. C'est ce que demande le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, au gouvernement.
Au lendemain d'une visite auprès de viticulteurs du Var, le président du syndicat agricole majoritaire a rencontré des éleveurs dans une exploitation de vaches laitières à Frontin, dans l'Aveyron
"Mon objectif est évidemment d'interpeller le gouvernement", a déclaré le président de la FNSEA Arnaud Rousseau devant quelques dizaines d'agriculteurs du département
Il réclame des "mesures urgentes" face à "l'urgence climatique", alors que la ministre de l'Agriculture a annoncé mercredi dernier un "plan global d'accompagnement canicule - sécheresse - incendies".
"La question que chacun se pose, c'est de quoi va être doté ce plan, que va-t-il cibler en particulier et surtout dans quels délais va-t-il se mettre en place ?", s'est-il interrogé. "Un plan d'aide qui n'est ni daté ni chiffré ne correspond pas à un plan d'aide", a-t-il encore souligné.
Un manque de fourrage pour nourrir les animaux
Dans l'Aveyron, comme dans toute la France, les éleveurs manquent de fourrage pour nourrir les animaux à cause de la sécheresse.
"J'ai indiqué qu'il y avait plusieurs milliards d'euros de pertes et concernant l'élevage, en termes de fourrage, on parle de plus d'un milliard d'euros et donc ce sujet évidemment nécessite que rapidement, il puisse faire l'objet de discussions avec les pouvoirs publics", a estimé Arnaud Rousseau.
Ces problématiques "conduisent les éleveurs à s'interroger sur l'avenir de leurs troupeaux", a encore souligné le président de la FNSEA.
"Chacun, quels que soient son territoire et sa production, est confronté à une problématique ayant trait à cette sécheresse absolument terrible qu'on vit depuis fin mai et qui ne s'achève pas", a-t-il rappelé.
"L'adversité est telle qu'on ne peut pas résister seuls et qu'on a besoin de la solidarité nationale".
Il a rappelé que durant la grande sécheresse de 1976, "l'armée était intervenue pour transporter des fourrages". "Est-ce qu'on doit faire la même chose ? Demain, assurer des transports massifs pourrait nécessiter de mobiliser l'armée", a-t-il proposé, parmi les solutions possibles.
Les éleveurs dans l'attente
Samuel Maymard, l'éleveur chez qui se tenait la rencontre, "attend les effets" des annonces de la ministre. Pour celui qui est aussi secrétaire général de la FDSEA en Aveyron, l'eau "va bientôt être une bataille". "Il faut qu'on puisse stocker de l'eau en prévision", estime-t-il, Annie Genevard ayant listé sa gestion parmi les sujets du plan. Alors que chacune de ses 55 vaches boit 150 litres d'eau par jour, provenant du réseau collectif, pourquoi ne pas organiser des retenues d'eau en hiver quand certains cours débordent, propose-t-il.
Pour Bertrand Bonnefous, éleveur de brebis près de Millau, la difficulté est le manque de "visibilité". Comme ses confrères, il pioche dans les réserves de fourrage prévues pour l'hiver. Il faut maintenant "préparer le coup d'après" selon lui, pour ne plus que les éleveurs se retrouvent confrontés à un dilemme : "Ou on achète à bouffer" pour les animaux, "ou on vend les bêtes". "Reste à savoir si le moral de ceux qui tiennent ces entreprises agricoles suivra".
Confirmant à l'AFP que le Premier ministre Sébastien Lecornu le recevrait début septembre, Arnaud Rousseau a précisé que la rencontre porterait sur "le contexte climatique extrêmement difficile et les sujets plus internationaux, notamment la négociation européenne sur la prochaine politique agricole commune" (PAC), prévue pour 2027.