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Sébastien Lecornu dévoile ses pistes pour le budget et “propose un effort de 54 milliards d’euros”

Le Premier ministre a détaillé, jeudi, dans une longue interview au Figaro, ses pistes pour le dernier budget de l'ère Macron. Il souhaite geler le point d'indice des fonctionnaires et les aides au logement, revoir l'allocation de rentrée et mettre en place un délai de carence pour les étrangers.

Le Premier ministre a détaillé, jeudi, dans une longue interview au Figaro, ses pistes pour le dernier budget de l'ère Macron. Il souhaite geler le point d'indice des fonctionnaires et les aides au logement, revoir l'allocation de rentrée et mettre en place un délai de carence pour les étrangers.

Par Alexis Morel Publié le vendredi 18 septembre 2026 à 07:05

"Je propose un effort budgétaire de 54 milliards d'euros." Sébastien Lecornu abat ses cartes pour le dernier budget de l'ère Macron. Le Premier ministre "propose", puisque ce sont bien les parlementaires qui débattront des mesures à l'automne prochain, mais la copie d'origine, elle, sera rédigée par le gouvernement.

Les détails sont donnés par le chef du gouvernement dans une longue interviewOuverture dans un nouvel onglet accordée au Figaro, jeudi 17 septembre. Il n'y aura pas de hausse d'impôts, dit-il, mais des pistes d'économie potentiellement inflammables dans un contexte social déjà tendu.

Gel du point d'indice des fonctionnaires

À commencer par celle qui concerne les fonctionnaires : le point d'indice gelé pour une année supplémentaire. Le Premier ministre le propose à dix jours d'une mobilisation intersyndicale dans la fonction publique, au risque d'attiser la colère, d'autant que dans certains ministères, une vraie cure d'amaigrissement se profile. Il recommande, par exemple, une baisse de 2,5 milliards d'euros pour le seul ministère du Travail.

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Parmi les mesures sensibles, il y a aussi ce gel envisagé des aides au logement qui pourraient ne pas suivre l'inflation, l'allocation de rentrées scolaires qu'il faudrait "recentrer", selon Sébastien Lecornu, ou encore ce délai de carence qui pourrait être imposé aux étrangers pour toucher certaines prestations. Les arrêts maladie, déjà dans le viseur cette année, le resteront très clairement l'année prochaine, avec un nouveau coup de frein envisagé.

"Un Premier ministre qui s'obstine à faire peser l'effort sur les plus fragiles"

Le coup de rabot annoncé pour les APL fait bondir Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité. "C'est-à-dire qu'on a là un Premier ministre qui s'obstine, pour réduire le déficit budgétaire, ce qui est une nécessité absolue, à faire peser l'effort sur les plus fragiles, alors que la précarité et la pauvreté en France atteignent des sommets depuis 30 ans et qui stigmatise des étrangers", assène Pascal Brice. "Depuis 2017, ce pays connaît un marasme du logement social et là, le gouvernement s'entête à nouveau à geler les allocations logement, ce qui va peser encore sur les ménages les plus fragiles et sur les bailleurs sociaux", poursuit-il.

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"Quant au délai de carence pour les personnes étrangères, qui va croire une seconde qu'on fera là des économies qui sont à la hauteur de ce que ce pays a besoin pour son budget ?" lance le président de la Fédération des acteurs de la solidarité. "La réalité, c'est que monsieur le Premier ministre continue à livrer les étrangers en pâture à l'opinion publique et à l'extrême droite pour donner à croire qu'il serait responsable des difficultés économiques et sociales de ce pays, donc il y a vraiment quelque chose là qui est tout à fait concernant."

Les syndicats sont déjà vent debout contre ces mesures, notamment sur le point d'indice des fonctionnaires. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, promet une "journée noire" le 29 septembre, jour de grève dans la fonction publique.

Pas de décision sur les retraites

Il y a donc toutes ces propositions qui crispent, mais qui pour l'instant, à elles seules, ne suffisent pas à atteindre l'objectif de réduction du déficit. Il reste encore beaucoup d'inconnues, notamment sur le sort des retraités que le Premier ministre tente de rassurer. L'effort qu'on leur demandera sera finalement inférieur aux 6 milliards d'euros annoncés jusque-là, mais Sébastien Lecornu n tranche pas sur une désindexation des retraites ou une réduction de l'abattement. Il évoque toutefois un possible gel des pensions les plus élevées et promet que les retraités modestes seront protégés.

Plus globalement, le détail des coupes attendra, notamment pour les nombreux opérateurs et agences publiques qui verront leur enveloppe diminuer. Enfin, certaines économies relèvent pour l'instant du pari, comme ce milliard d'euros que le chef du gouvernement compte récupérer en luttant mieux contre la fraude.

Quant à la méthode, Sébastien Lecornu assure qu'il ne recourra pas au 49.3, ni aux ordonnances pour faire passer le budget, "à condition qu'il n'y ait pas d'obstruction parlementaire", dit-il, en visant nommément La France insoumise qui promet déjà la censure.