Saône-et-Loire : carburants et feux d’artifice interdits ce week-end dans dix communes - Lyon Capitale
Station-service de Louhans, en Saône-et-Loire Après les violences du week-end dernier à Chalon et Mâcon, la préfecture interdit carburant en jerrican et artifices dans dix villes du départe...

Station-service de Louhans, en Saône-et-Loire
Après les violences du week-end dernier à Chalon et Mâcon, la préfecture interdit carburant en jerrican et artifices dans dix villes du département jusqu’à lundi matin.
Craignant de nouvelles violences urbaines en marge de manifestations non déclarées prévues samedi et dimanche, la préfecture de Saône-et-Loire restreint la vente de carburant au détail et interdit les artifices, de vendredi 18 heures à lundi 7 heures.
Les arrêtés sont publiés sur une plateforme de secours, le site de la préfecture étant indisponible à cause d’une faille informatique.
Le préfet de Saône-et-Loire, Dominique Dufour, a pris jeudi 22 octobre deux arrêtés préventifs avant le week-end des 24 et 25 octobre. Ils s’appliquent à Autun, Blanzy, Chalon-sur-Saône, Digoin, Le Creusot, Louhans, Mâcon, Montceau-les-Mines, Paray-le-Monial et Torcy, du vendredi 23 octobre à 18 heures au lundi 26 octobre à 7 heures.
Un précédent week-end marqué par des violences
La préfecture s’appuie sur des appels à manifester, relayés sur les réseaux sociaux sans déclaration préalable. Des appels similaires avaient circulé le week-end précédent. En marge des manifestations des 17 et 18 octobre, Chalon-sur-Saône et Mâcon ont connu des épisodes de violences urbaines.
Selon les arrêtés, les forces de l’ordre ont essuyé de nombreux jets de projectiles et de mortiers d’artifice. Un bâtiment public, plusieurs véhicules et de nombreux conteneurs à ordures ont été incendiés dans plusieurs villes du département. Les services de l’État jugent "très élevé" le risque que ces violences se reproduisent samedi 24 octobre. Ils soulignent aussi que les forces de sécurité seront fortement mobilisées dans un contexte de menace terroriste, particulièrement élevée et de plusieurs mouvements sociaux simultanés.
Pas de carburant en jerrican
Le premier arrêté interdit la vente au détail de combustibles domestiques, dont le gaz inflammable et de produits pétroliers dans tout récipient transportable. Il interdit aussi leur transport par des particuliers. Faire le plein de son véhicule reste possible mais remplir un bidon ne l’est plus. Deux catégories échappent à l’interdiction : les exploitants agricoles en activité, qui ont besoin de carburant pour leurs travaux, les salariés et entrepreneurs qui présentent une carte professionnelle et utilisent du carburant pour leurs machines ou outils. En cas d’urgence, une dérogation peut être accordée après autorisation de la police ou de la gendarmerie. Les gérants de stations-service, y compris celles équipées d’automates, doivent faire respecter la mesure et afficher l’arrêté à chaque pompe.
Feux d’artifice et pétards proscrits
Le second arrêté interdit, sur la même période, l’achat la vente la détention et le transport des artifices de catégories F2 et F3 : pétards à mèche, batteries, combinaisons pétards aériens et à composition, flash fusées et chandelles romaines. L’interdiction couvre aussi les artifices F4 et les articles pyrotechniques P1 et P2. Leur utilisation sur la voie publique, ou en direction de l’espace public, est également prohibée. La préfecture rappelle que ces engins servent à allumer des incendies de mobilier urbain de véhicules ou de bâtiments.
Elle avance trois autres raisons : l’afflux de blessés pourrait surcharger des hôpitaux, déjà sous tension, les détonations peuvent provoquer des alertes inutiles et mobiliser les forces de l’ordre pour rien, elles pourraient masquer des coups de feu lors d’une attaque réelle. Seuls restent autorisés les professionnels qui justifient d’un spectacle pyrotechnique, et pour les catégories F2, F3, P1 et P2, les personnes dont le feu d’artifice a été déclaré et autorisé par le maire.
Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par le Code pénal.
Une faille informatique perturbe la publication
Ces arrêtés entrent en vigueur dès leur publication au recueil des actes administratifs. Mais le site internet de la préfecture ne permet plus de les publier. Dans un communiqué publié jeudi 22 octobre, la préfecture explique que le ministère de l’Intérieur a mis en maintenance préventive l’ensemble de ses sites exposés à la demande de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). En cause : une vulnérabilité critique signalée la veille par l’éditeur d’un composant logiciel très répandu dans le monde. A la demande de l'Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information (ANSSI), explique la préfecture, le ministère de l'intérieur a procédé à la mise en maintenance préventive de l'ensemble de ses sites Internet exposés à une vulnérabilité critique de sécurité, annoncée hier par l'éditeur d'un composant logiciel générique, largement utilisé à travers le monde. Le site de la préfecture de Saône-et-Loire ne permet donc pas à ce jour de publier les actes réglementaires."
En attendant le rétablissement du site, les arrêtés sont consultables sur la suite numérique de l’État à l’adresse suivante : https://fichiers.numerique.gouv.fr/explorer/items/5c8d2bc4-bfd7-4eab-acf0-fecdcb26995b. Les deux arrêtés peuvent être contestés dans un délai de deux mois devant le tribunal administratif de Dijon.