thejournalofsierraleonestudies.com

Sanvignes-les-Mines. Cet éleveur est obligé de puiser de plus en plus tôt l’eau dont il a besoin pour abreuver ses vaches

Accueil Economie ...

Emmanuel Pichard est agriculteur et élu à la mairie de Sanvignes. Il élève des bovins et cultive des céréales. Chaque année, il s’approvisionne en eau au lac des Fouthiaux à Sanvignes-les-Mines. Seulement, il a besoin de cette ressource de plus en plus tôt du fait des fortes chaleurs.

Méline Grespan -

Aujourd’hui à 07:00 | mis à jour aujourd’hui à 07:34

100 à 120 litres : c’est la quantité d’eau bue par une vache chaque jour par forte chaleur.

Avec les canicules à répétition, Emmanuel Pichard a besoin de puiser ailleurs que dans les ressources de son terrain, qui s’assèchent plus rapidement que prévu du fait des canicules. D’autant qu’il a plusieurs dizaines de bêtes à abreuver.

Lundi matin à 7 heures, comme plusieurs autres agriculteurs du coin, Emmanuel est venu remplir sa tonne à eau. Il y a plus de vingt ans, en 2003, année où l’Hexagone avait connu une canicule meurtrière , la commune de Sanvignes-les-Mines, en lien avec la Communauté urbaine Creusot Montceau (CUCM), autorisait pour la première fois les agriculteurs à s’approvisionner en eau dans le lac des Fouthiaux.

Du travail imprévu

En 2019, Emmanuel Pichard et sa tonne à eau apparaissaient déjà dans les colonnes du Journal de Saône-et-Loire. Seulement voilà, le reportage avait été mené au mois de septembre. Depuis, l’éleveur a besoin d’eau de plus en plus tôt dans l’année. En général, sa source personnelle « suffit jusqu’après les moissons ». Comprenez mi-juillet. Cette année, il s’est rendu au lac pour la première fois mi-mai.

Cette eau sert exclusivement à abreuver les bêtes, elle est indispensable mais représente « du travail imprévu en plus ». Mais ce n’est pas ce qui cause le plus de soucis à Emmanuel. Ce qui l’inquiète, c’est cette sécheresse qui touche la zone. « Les nuits sont fraîches mais sans pluie, ça n’annonce rien de bon. Dans les environs, les rivières sont à sec depuis un moment » explique-t-il. « Nos cultures de printemps, comme le maïs, ne sont pas en bon état », déplore l’agriculteur. Si habituellement le maïs est récolté en septembre, certains sont déjà en train de le cueillir, même s’il est « cuit et haut comme ça » raconte-t-il en plaçant sa main à hauteur de genou.

S’adapter

Difficile d’anticiper les fortes chaleurs. Pourtant, il faut bien faire avec. « J’essaie de faire attention à semer des céréales à la pousse précoce pour que la floraison tombe avant les grosses chaleurs, mais c’est difficile », commente-t-il.

« C’est une année compliquée », souffle l’éleveur, bras croisés et le regard tourné vers la pompe à eau pas encore allumée. Quand elle sera mise en marche, il suffira de trois minutes pour que la cuve d’une tonne se remplisse d’eau. Ils sont à peu près six agriculteurs à s’approvisionner au lac. Une source d’eau naturelle logée dans une ancienne carrière de la mine dont le niveau ne risque donc pas de baisser de sitôt.

Il est toujours possible de demander à s’approvisionner en eau au lac des Fouthiaux en passant par la mairie de Sanvignes.

▶   10 à 15 % de chiffre d’affaires en moins

Le cours de la viande, qui était plutôt bon jusqu’à maintenant, est « reparti à la baisse », comme les céréales qui ne valaient déjà pas très cher. À ça s’ajoute la hausse du prix du pétrole, que l’augmentation des frais de livraison par les agriculteurs ne suffit plus à combler. Ultimement, les augmentations sont vouées à « se voir dans les rayons ». Il faut aussi nourrir les bêtes, une charge de travail plus lourde que les autres années : « Si je dois les nourrir jusqu’en avril prochain, ça va devenir compliqué, j’ai un stock limité. »

En attendant, comparé à l’année dernière, Emmanuel estime que son chiffre d’affaires va chuter de 10 à 15 %, même s’il ne connaît pas encore le taux exact.

Articles les plus lusÉconomie